Sondage des météorologues américains et manipulation de la presse académique

13 janvier 2014 — 13 Commentaires

Note : je publie ici ce billet refusé par Contrepoints dont la rédaction pense que je ferais un procès d’intention injustifié. Je précise que l’article original de Contrepoints a cependant été sensiblement modifié dans le bon sens suite à  mon email à la rédaction : la version non modifiée est reproduite en bas de ce billet.

Mercredi 8 janvier, Contrepoints a publié un long article sur les dix informations climatiques de 2013 qui seraient injustement restées discrètes car contraires à l’idéologie dominante sur le réchauffement (lien).

Sur la base d’un sondage des membres de l’American Meteorological Society (AMS), l’article prétend que « la moitié des météorologues américains ne croient pas que l’homme soit le principal responsable du réchauffement climatique ».

Le sondage indique en effet que seulement 52% des personnes sondées déclarent que le réchauffement climatique existe et qu’il est causé majoritairement par l’activité humaine. Pour autant, cela ne signifie pas, comme l’article le prétend, que « 48% pensent le contraire ».

En effet, si on considère que le contraire rassemble les opinions selon lesquelles « le réchauffement climatique n’a pas lieu » et « le réchauffement climatique est causée principalement par des causes naturelles », le même sondage n’aboutit qu’à 9% !

L’ensemble des autres répondants choisissent des réponses intermédiaires :

  • « causes naturelles et humaines d’égales importance » récolte 10%,
  • 20% pensent que les observations scientifiques sont insuffisantes pour conclure,
  • et 11% croient que les observations sont insuffisantes mais que l’homme est au moins partiellement responsable.

On aboutit à 52+10+11=73% des sondés qui, à des degrés d’importance et de certitude divers, déclarent croire que l’homme cause le réchauffement climatique.

L’article de Contrepoints laisse croire que la question du sondage était binaire pour induire que le rapport de force entre les défenseurs du réchauffement anthropique et ses opposants est de 52/48 là où le vrai ratio est 73/11, laissant 16% des sondés agnostiques.

Certes, un ratio de 73/11 reste un ratio insuffisant pour établir qu’une théorie soit un consensus scientifique. Mais alors, pourquoi manipuler le lecteur pour lui faire croire que c’est 50/50 ?

Par ailleurs, le sondage est détaillé par catégorie de répondant, et cela ne va pas vraiment dans le sens de l’exagération faîte des résultats par l’article de Contrepoints. 1821 personnes ont répondu au sondage. Autant dire que ce n’est pas vraiment un sondage élitiste, là où la production scientifique est élitiste par nature.

Parmi les climatologues interrogés et publiant principalement sur la question, 78% défendent la thèse du réchauffement anthropique, et seulement 2% celle du réchauffement naturel. 10% pensent que les deux causes sont d’égale importance. 5% croient l’homme responsable mais pensent que la recherche est encore insuffisante pour conclure. On est alors davantage dans un ratio 93/3.

Les météorologues publiant sur les questions climatiques sont plus partagés mais restent très largement orientés vers la théorie anthropique : le rapport de force est dans leur cas de 79/7.

Bref, l’essentiel du résultat agrégé décrit par l’article de Contrepoints est tiré par des météorologues ne produisant pas de recherche. Si on veut s’en tenir à ce type d’arguments, peut-être devrait-on sonder les professeurs de Sciences Economiques des lycées pour savoir ce qu’ils pensent du marché libre ?

Le sondage a le mérite de montrer que le consensus scientifique est moins grand que ce que la presse mainstream le laisse entendre. On pourrait se limiter à dénoncer ce biais. Au lieu de quoi, on a préféré recourir à l’exacte même manipulation, mais en sens inverse, et dans un degré d’exagération encore plus grand. Les adversaires de la thèse anthropique auraient-t-ils les penchants manipulateurs qu’ils prétendent dénoncer ?

Je n’ai pas vérifié les 9 autres informations, mais j’y encourage quiconque en a le temps.

sondage climat

Référence : Steinhouse N., Mailbach E., Cobb S., Ban R., Bleistein A., Croft P. Bierly E., Seitter K., Rasmussen G., Leiserowitz A., " Meteorologists’ views about global warming: A survey of American Meteorological Society professional members ", Bulletin of the American Meteorological Society 2013

___________________________________________________________________________________

Original (version en cache de google) de la partie de l’article de Contrepoints

3. La moitié des météorologues américains ne croient pas que l’homme soit le principal responsable du réchauffement climatique

Près de la moitié des météorologues et des spécialistes en sciences atmosphériques ne croient pas que les activités humaines soient le principal facteur dans le réchauffement climatique, selon un sondage réalisé par l’American Meteorological Society (AMS).

Le sondage auprès des membres de l’AMS a constaté qu’alors que 52 pour cent des membres de la Société météorologique américaine croient qu’on assistait à un changement climatique et qu’il était surtout dû aux activités humaines, 48 pour cent des membres pensent le contraire.

En outre, l’enquête a révélé que les scientifiques qui professaient des opinions politiques « progressistes » étaient beaucoup plus susceptibles de croire en la théorie du réchauffement climatique d’origine humaine que ceux qui ne professaient pas ces opinions politiques.

13 responses to Sondage des météorologues américains et manipulation de la presse académique

  1. 

    Techniquement, les sondages publiés qui NE sont PAS de la pure manipulation de l’opinion sont bien rares. La "science climatique" est bien la seule qui se défend à coup de sondages d’adhésion des "vrais" scientifiques (préalablement triés sur le volet …), il est de bonne guerre qu’elle se prenne des retours de bâton. Une vrai science, ça se défend à partir des résultats concret des ingénieurs qui l’utilisent, et ça évolue en fonction des observations. Là : rien.
    Au demeurant, d’un point de vue strictement formel, la formulation « 48% pensent le contraire » est parfaitement correcte. Plus correcte que votre calcul partant d’une redéfinition du "contraire", tour de passe-passe qui vous permet d’exclure du "contraire" TOUTES les têtes de gondole du scepticisme climatique (car toutes reconnaissent explicitement, et l’existence du réchauffement, et l’influence de l’homme via le CO2 et autres actions sur la température)

    • 

      Le contraire de 1, ce n’est pas 0 2 ou 3, c’est seulement -1.

      Si je retiens votre définition du contraire, j’aurais pu écrire : "5% des météorologues pensent que le réchauffement est principalement de cause naturelle, et 95% pensent le contraire".

      Le reste ne m’intéresse pas : je ne prétends pas défendre la thèse du réchauffement anthropique ou la science qui l’entoure.

      • 

        Le contraire de 1 ? Je connais l’opposé (-1), l’inverse (1), le complémentaire à 1, 3 ou 4 (respectivement 0, 2, 3)… Comme quoi …
        Et en logique formelle le contraire de p & q (il a un réchauffement , ET il est principalement d’origine humaine) c’est bien ~p OU ~q (il y a donc bien, du point de vue de la logique formelle, 48 % des sondés qui pensent "le contraire" de la thèse p & q) et non pas ~p & ~q (ce qui au demeurant serait absurde : s’il n’y a pas de réchauffement, se poser la question de son origine, bof bof, hein …) .
        Retenez la définition du "contraire" que vous voulez, pourvu, au moins, que les gens qui font profession explicite d’une thèse ne se retrouve pas dans le paquet de ceux qui pensent … le contraire. Or, encore une fois, la plupart des leaders sceptiques sont très clairement sur la position des « causes naturelles et humaines d’égales importance » (si inclus dans les "causes humaines" le fait de prendre des mesures sur des tarmacs d’aéroport, de baisser rétrospectivement les températures passées, et autres manipulations genre "cross de hockey" … ) ou des "11% croient que les observations sont insuffisantes mais que l’homme est au moins partiellement responsable" (formulation qui inclut notamment la construction de villes, fait indéniable, qui augmente notoirement les températures)

        • 

          Ce que je ne comprends pas dans votre commentaire c’est que je n’ai rien à faire de ce que disent les sceptiques en général. Vous m’opposez des gens que je ne critique pas.

          Je ne trouve pas utile d’ergoter sur la définition de "contraire", il me semble évident que la présentation du sondage est biaisée par omission (du caractère non binaire des réponses, et de la classification qualitative des répondants).

          En l’occurrence, il est évident que présenter un papier scientifique en sens inverse de ce que dit le papier nécessite, au minimum, de signaler l’avis des auteurs, qui font des regroupement plus proches des miens :

          Our findings regarding the degree of consensus about human-caused climate change among the most expert meteorologists are similar to those of Doran and Zimmerman (2009): 93% of actively publishing climate scientists indicated they are convinced that humans have contributed to global warming. Our findings also revealed that majorities of experts view human activity as the primary cause of recent climate change: 78% of climate experts actively publishing on climate change, 73% of all people actively publishing on climate change, and 62% of active publishers who mostly do not publish on climate change. These results, together with those of other similar studies, suggest high levels of expert consensus about human-caused climate change (Farnsworth & Lichter 2012, Bray 2010).

          • 

            si vous ne comprenez pas je recommence :
            les positions des "sceptiques" sont très diverses, mais les principaux sont d’accord avec l’idée que l’homme a un effet sur le climat y compris via le CO2 dont ils reconnaissent l’effet thermique. Ça ne vous donne pas le droit de les enrôler dans vos 73 % qui "déclarent croire que l’homme cause le réchauffement climatique", et c’est pourtant ce que vous faites.
            Et le fait que les auteurs du sondage fasse la même manipulation n’est pas un exemple à suivre (Comme Doran et Zimmerman : la plupart des sceptiques sont aussi dans les 93 % "d’accord" …) ; a contrario, il est parfaitement légitime de retourner leurs observations (même biaisées) contre eux. Cela dit, je suis d’accord avec vous, il n’aurait pas fait de mal de citer les auteurs de ce sondage tordu, qui "méritent" largement qu’on se foutent de leur gueule tant pour l’idée du sondage que pour ses résultats et que pour leurs conclusions .

            J’ajouterais que le plus notable dans ce sondage, c’est que de fait il n’y pas de variation notable de la température depuis plus de 15 ans, ce qui en bon anglais se traduit par "GW is not happening" ("présent progressif" : on parle ce ce qui se passe MAINTENANT, pas de ce qui se passait il y a 20 ans, ni de ce qui se passera peut-être demain), ou, si on veut parler strictement de ce qui se passe aujourd’hui même dont on aura bientôt les mesures mais on ne les a pas encore, "don’t know if GW is happening". Or seuls 4+7% donnent ces deux réponses. Comme les 89% autres sont des pros, ni ignorant ni débiles qui savent tous pertinemment que la bonne réponse "vulgaire" est "GW is not happening", si ils répondent autre chose c’est qu’il réinterprètent la question pour répondre autre chose, ce qui est un grand classique des sondages mal fait (et, en politique, des referendum perdus …).
            J’ai l’impression que pour beaucoup de pros, le GW est devenu un mécanisme (une théorie) qui n’a plus qu’un distant rapport avec un phénomène (mesurable) de GW, et qui de ce fait existe (réellement !) indépendamment de toute évolution des températures. C’est là, pour moi, le principal intérêt de ce sondage.

  2. 

    Très bonne mise au point. Je suis déçu mais pas surpris que Contrepoints l’ai refusée. Cela fait un certain temps malheureusement que, sur ce sujet, l’idéologie a changé de camp…
    Au début des années 2000, ceux qui dénonçaient le réchauffement climatique regroupaient tout ce qu’Internet compte d’altermondialistes, anticapitalistes, apôtres de la décroissance et politiciens mal rasés en manque de cheval de bataille mais très peu de scientifiques sur lesquels appuyer leurs théories.
    Au fil des années, un très large consensus scientifique (>95%) a commencé à se dessiner pour accréditer le phénomème du réchauffement climatique, et un moins large consensus, mais consensus tout de même, soutient aujourd’hui que l’homme est un des facteurs de ce réchauffement.
    A partir de là, tout ceux qui ne supportaient pas que les scientifiques aillent dans le sens de la sainte alliance hippie ont décidé de contre-attaquer comme ils pouvaient. On a eu le droit à la crosse de hockey sous toutes les coutures, au piratage des emails internes d’un groupe de météorologues et aux scientifiques "subventionnés" pour prouver le contraire de leurs confrères (avec parfois un effet boomerang, cf l’affaire Richard Muller mandaté par les frères Koch).
    Aux Etats-Unis, les "sceptiques" sont toujours position de force chez les Républicains (~9 des 10 candidats à la primaire 2012 niaient la notion de réchauffement climatique) et en France, les libéraux forment sur ce sujet une alliance de circonstance assez mal inspirée avec la foule sans cesse croissante des idiots à qui on ne la fait pas.

    • 

      Je ne sais pas qui dénonçait le RCA au début des années 2000, et il y a certainement de l’idéologie dans tous les camps, libéraux inclus. Ce qui est sûr, cependant, c’est qu’il n’y a pas eu de "piratage des emails internes d’un groupe de météorologues" : d’une part, la police a enquêté et n’a trouver aucune trace d’un piratage — dont au demeurant on vois mal comment le "pirate" aurait su quoi "pirater", et pourquoi il se serait contenter de ça au lieu d’un piratage plus ambitieux ou plus lucratif –. D’autre part, au terme de la loi anglaise il s’agit de données publiques : parler de piratage à leur égard c’est aussi con que parler de piratage pour la publication du récent rapport de la cour des comptes. Le plus probable, c’est que quelqu’un du groupe a fuité le truc (quand à savoir si c’est par idéalisme, ou par dépit, frustration ou vengeance, ou un truc encore plus tordu du genre " je veut ta place par n’importe quel moyen" …).
      Idem, il n’y a guère que greenpeace & Co pour insister lourdement sur les trois cacahouètes soit disant versés par des pétroliers : en réalité le ratio de financement dépasse les mille pour un contre les sceptiques.

      • 

        Vous avez raison sur un point : il s’agissait de fuites et non de piratage à proprement parler. J’ai parlé de piratage car l’objet de la controverse n’était pas les données ou les conclusions du rapport (publiques), mais les emails internes à ce groupe de chercheurs qui avaient été exploités par les sceptiques pour discréditer leurs travaux. Il avaient sortis de leur contexte des passages (notamment des échanges sur la nécessité d’exclure un certain nombre de données inconsistantes ou de procéder à du lissage statistique) pour dire: "vous voyez, ils falsifient les résultats et vous mentent". Cela n’a rien à voir de près ou de loin avec la publication d’un rapport de la Cour des Comptes.
        Enfin, pour la question du financement, je faisais uniquement référence à la "recherche" dont le seul objet est la promotion d’intérêts politiques ou économiques, autrement dit dont les conclusions sont généralement connues d’avance par opposition à la recherche qui tend à l’avancement de la science (nb: inutile de me traiter de naïf, j’assume). Le ratio de financement des pro vs anti est très différent selon que l’on retient la 1ere ou la 2eme acception.

        • 

          Il est vrai que l’exploitation des fuites a été excessive (propos sortis du contexte, etc.), néanmoins il y avait bien des choses scandaleuses dans les échanges, notamment la volonté farouche d’empêcher toute publication opposée même scientifiquement irréprochable, par tous moyens et trafic d’influence.
          On s’en fout complétement de savoir qui finance, et si les chercheurs font, ou pas, de "de la "recherche" dont le seul objet est la promotion d’intérêts politiques ou économiques" : ce n’est pas ce qui fait que les résultats sont scientifiques ou pas, bon ou pas. Il se trouve juste que les gens qui insistent lourdement sur une source de financement soi-disant impure sont justement ceux qui disposent de la plus grosse force de frappe financière douteuse, et de loin, et qu’il y en a même un qui est carrément employé d’une entreprise gazière, ce qui est assez ironique.

  3. 

    Oui, c’est un travers sur Contrepoints hélas. Étant pourtant sceptique moi-même, la rédaction devrait être attentive sur les articles publiés sur ce sujet sous peine de tomber dans les même travers que ce qu’elle veut dénoncer.

    J’espère cependant toujours voir vos articles sur ce média. Votre contribution sur Contrepoints embellit vraiment la qualité déjà très bonne de ce site d’information.
    Merci

  4. 
    Robert Marchenoir 20 janvier 2014 à 19 h 58 min

    C’est quand même curieux, cette réaction de Contrepoints. Voilà une réaction à un article qui est parfaitement banale, qui relève du débat normal, qui tombe même sous le sens, pourrait-on dire. Et pourtant, des "libéraux" la refusent, au nom de je ne sais quel "procès d’intention". Et de la part d’un contributeur régulier, en plus…

    Libéraux, ou dogmatiques ?

    Pour ma part, je suis libéral, et banni de Contrepoints. J’ai écrit courtoisement à la rédaction pour demander confirmation du caractère indésirable de mes commentaires. Pas de réponse. Je suppose que les vertus du marché sont à géométrie variable : l’écoute du client, c’est bon pour les autres…

    A noter que je suis également conservateur, et banni de Fdesouche.

    Curieusement, je ne suis banni d’aucun site étranger. Quand l’un de mes commentaires est, par exception, jugé indésirable sur tel blog libéral hébergé par un média suisse, la question de son effacement remonte jusqu’au médiateur du groupe de presse lui-même, et je reçois un mot d’explications détaillé (pour ne pas dire d’excuses) de l’auteur du blog…

    C’est la différence entre le libéralisme théorique, le libéralisme dogmatique à la française, et le libéralisme réel, le libéralisme vécu et appliqué au quotidien.

    • 

      Je ne ferais pas de conjecture sur la décision de Contrepoints. Refuser un article n’est pas la même chose que censurer un commentaire. C’est à la rédaction de Contrepoints d’exercer son libre arbitre.

      Parfois je censure des commentaires sur ce blog, bien que jamais sur des critères idéologiques : en général soi que le commentaire constitue essentiellement une attaque ad hominem, ou bien que l’auteur répète ad nauseam inlassablement la même chose. Et je mets beaucoup de latin dans mes critères de censure…

  5. 

    Je suis stupéfait de voir que la moitié des météorologues américains ne croient pas que l’homme soit le principal responsable du réchauffement climatique !!! Alors que juste une peu de bon sens, nous montre tout les jours le contraire … Même s’il n’est peut être pas totalement responsable, il est clair que notre rôle a un impact fort sur ce changement de climat.

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