L’immigration est-elle une plaie économique ?

22 October 2013 — 24 Comments

Comme la question de l’immigration est sur le devant de la scène depuis quelques jours, je publie ce billet que j’ai réécrit une dizaine de fois, sans en être jamais satisfait, et que je rechigne à publier car je m’y censure largement, et volontairement. Non que je craigne les conséquences pour moi-même (quoique) de ce que je pourrais écrire, mais simplement parce que je crois que certains aspects du débat deviennent dangereux pour tout le monde lorsqu’ils entrent dans la sphère politique.

Pour conserver un regard froid sur le sujet, je me limiterai à son aspect financier. L’immigration coûte-t-elle de l’argent aux contribuables, ou au contraire en rapporte-t-elle ? Ce problème étant politiquement très clivant, il entraîne des débats récurrents et des études contradictoires reposant pour la plupart sur des sophismes. Les statistiques internationales compilées par l’OCDE dans son dernier rapport sur le sujet permettent de faire le point sur la question.

Le sophisme de la comptabilité instantanée

Il est d’abord nécessaire de dénoncer les raisonnements et études sophistiques portant sur le sujet.

La manipulation la plus fréquente opérée par les économistes et comptables cherchant à montrer les bienfaits de l’immigration consiste à identifier les ménages immigrés et à faire la différence entre les prestations qu’ils reçoivent et les cotisations qu’ils versent. Si ce solde est négatif, l’immigration rapporterait davantage qu’elle ne coûte.

A ce jeu, il est facile de calculer que l’immigration rapporte de l’argent. Il suffit de constater que la part des immigrés dans les actifs est plus importante que dans les retraités. A l’évidence un immigré de trente ans ne coûte rien au système des retraites, et peu à l’assurance maladie… aujourd’hui. Si on appliquait cette méthode à la finance, on aboutirait à la conclusion qu’il faut toujours s’endetter davantage, vu que le différemment du remboursement aboutit à simplement l’ignorer dans une analyse « en instantané ».

Par cette stratégie, Xavier Chojnicki (Lille 2) trouve que les cotisations nettes des prestations d’un immigré étaient de 2 250€ en moyenne (2011). Cette « étude » est régulièrement citée dans la presse ou sur les plateaux télé pour justifier que l’immigration représenterait un gain pour la collectivité. Pourtant, une fois l’ensemble du cycle de vie pris en compte, le même auteur aboutit à une perte de 8 700€ par immigré. Olivier Monso (2008) dans une analyse comprenant aussi l’ensemble du cycle de vie aboutissait à une contribution négative semblable de 7 400€.

Seul le raisonnement intégrant l’ensemble du cycle de vie est économiquement valide, mais le raisonnement en comptabilité instantanée a au moins le mérite d’apporter une nuance utile dans l’appréciation des comptes actuels de l’Etat. L’immigration, causera peut-être d’importants déficits futurs, mais d’après les chiffres de X. Chojnicki, elle n’est pas responsable des déficits actuels, au contraire…

Il est aussi notable que, même en admettant ces chiffres négatifs, les ordres de grandeurs restent relativement faibles. Un million d’immigrés représenterait un coût, sur l’ensemble de leur vie, d’environ 7 à 9 milliards d’euros, c’est-à-dire équivalent à seulement deux années de subventions à l’audiovisuel d’Etat.

Pour l’OCDE, l’immigration serait déjà un coût

Cependant, même en adoptant la démarche de la comptabilité instantanée, l’OCDE conclut quant à elle que l’immigration représente déjà un coût pour la France, en désaccord avec les chiffres de l’étude de Chojnicki. D’après l’OCDE, les ménages immigrés auraient déjà en France une contribution fiscale nette négative de 1 450€, contrairement à la plupart des autres économies développées. Cette particularité de la France vient du fait que l’immigration française est en moyenne plus ancienne que dans les autres pays. Une plus grande proportion de ces ménages se trouve donc dans les tranches d’âge coûteuses.

Le décalage temporel au cœur du problème

Comme je l’ai expliqué, le défaut central de l’analyse comptable « naïve » (instantanée) de l’immigration est qu’elle semble ignorer que les cotisations actuelles des immigrés – qu’elle comptabilise – crée des créances futures (retraites, maladies…) – qu’elle ne comptabilise pas.

Pour corriger en partie ce biais, on peut en particulier exclure de l’analyse le système de retraites (cotisations et pensions), qui y est particulièrement sensible. Dans ce cas, les chiffres de l’OCDE montrent que les ménages immigrés reçoivent légèrement plus de prestations que les ménages natifs, et surtout payent nettement moins de cotisations. En tout, le solde des prestations et des cotisations (hors retraite) est de 4 000€ plus favorable pour le ménage étranger que pour le ménage natif. En faisant l’hypothèse grossière qu’un ménage natif a un solde moyen [prestations-cotisations] égal à zéro (équilibre financier parmi les natifs), cela signifie qu’un ménage immigré coûte en moyenne 4 000€ par an (hors retraites) à la collectivité.

Si on prend l’ensemble du cycle de vie en compte, et qu’on fait une analyse rétrospective des contributions fiscales et des services reçus, le solde devient logiquement particulièrement sensible à l’âge d’arrivée dans le pays. D’après les économistes de l’OCDE, pour les ménages dont le chef de famille a moins de 40 ans l’année de son arrivée, ce solde est positif et devient négatif quand il a plus de 40 ans à son arrivée.

Mais à nouveau, il convient d’être prudent dans l’analyse. Ce solde est la différence au cours de la vie entre l’ensemble des contributions fiscales et des prestations reçues à titre individuel (prestations sociales, aides, dépenses d’éducation) mais ne prend pas en compte les dépenses collectives (routes, défense, justice, police, et tous les dépenses de l’étatisme contemporain).

Réintégrer ces dépenses dans l’analyse serait extrêmement compliqué, et pas toujours justifié pour les dépenses qui ne sont pas proportionnelles à la taille de la population (par exemple le traitement de la dette). Cependant l’OCDE offre de comparer les natifs aux immigrés, ce qui permet de se faire une idée de la correction éventuelle à apporter.

Ainsi, d’après l’OCDE, un ménage immigré paierait, entre 25 ans (âge du chef de famille) et la fin de sa vie, 60 000€ de plus en impôts et cotisations qu’il ne recevra au titre des prestations individuelles. Mais ce chiffre est de 140 000€ pour un natif ! Une manière d’interpréter cette valeur, est que lorsqu’un ménage natif dont le chef de famille a 25 ans quitte la France et est remplacé par un homologue immigré, l’Etat devrait provisionner 80 000€ de pertes nettes. Et bien davantage si on suppose que le français moyen n’est pas représentatif du français qui décide d’émigrer.

La cavalerie comme solution

Comme je l’ai expliqué, si la France est déjà dans le rouge selon l’OCDE, c’est à cause de l’ancienneté moyenne de son immigration. D’après les chiffres de l’OCDE, si elle avait accueilli davantage d’immigrés sa situation budgétaire de long terme serait davantage dégradée, mais sa situation budgétaire présente serait peut-être meilleure, car l’immigré moyen serait plus jeune.

Et sur ce point, l’étude de Xavier Chojnicki dérape totalement en proposant de résoudre le problème par une cavalerie (définition). Imaginons qu’un immigré rapporte 10€ en période 1 et coûte 20€ en période 2. En moyenne la perte est de 10€ par immigré sur le cycle de vie. Cependant, si à chaque période vous doublez le nombre de nouveaux immigrés, le coût total de l’immigration ne se manifestera jamais. En effet, en période 2, votre vieil immigré coûte 20€, mais deux jeunes immigrés vous rapportent 10€ chacun, soit 20€ en tout. Le solde est donc nul. En période 3, vous aurez 2 vieux immigrés, coûtant 40€, et 4 jeunes immigrés cotisants 40€. Solde nul à nouveau, et ainsi de suite…

Ce qui permet à X. Chojnicki d’affirmer à la fois que la moyenne est négative et que le total est quant à lui positif : « Pour autant, l’impact global de l’immigration sur les finances publiques est légèrement positif dans le long terme du fait de l’apport perpétuel d’individus d’âge actif… ». En même temps, on ne peut pas lui en vouloir, toute la Sécurité Sociale fonctionne en cavalerie, ignorant qu’il s’agit d’un mécanisme mathématiquement divergent et donc insoutenable.

Les natifs enfants d’immigrés

Pour être exhaustif, Chojnicki, pour rééquilibrer vers le positif son calcul d’une contribution moyenne négative de 8 700€ sur l’ensemble d’une vie, n’utilise pas seulement la cavalerie mais ajoute aussi la contribution des enfants d’immigrés. Et ce bien qu’il n’apporte aucune donnée sur le sujet.

Il est évident que les secondes générations et les suivantes ne devraient pas être négligées dans les études du coût ou des bénéfices de l’immigration, qui se limitent en général aux « immigrés », c’est-à-dire aux premières générations.

Or les quelques données disponibles sur les « secondes générations » appellent le plus grand pessimisme. D’après Y. Algan (Sciences Po), C. Dustmann (University College London), A. Glitz (Barcelona GSE) et A. Manning (London School of Economics), les secondes générations dont les parents étaient issus du tiers monde sont en France bien plus mal loties que leurs parents (Algan et al., 2010). Les secondes générations du Maghreb auraient un taux d’emploi de 56,3% chez les hommes (vs. 66,3% pour les enfants de natifs) et 47,7% chez les femmes (vs. 58,9%). Ces taux seraient de 32,9% et 21,2% pour les fils et filles d’immigrés du reste de l’Afrique.

Au contraire, les enfants d’immigrés d’Europe du Sud affichent des taux d’emplois non seulement supérieurs à ceux de leurs parents, mais aussi supérieurs aux enfants de natifs : 71,5% pour les fils, 66,7% pour les filles.

L’étude d’Algan et al. est une comparaison entre pays européens, qui tend au regard des performances du Royaume-Uni et de l’Allemagne, à attribuer les échecs de nos secondes générations au moins autant à la France qu’aux immigrés. Au Royaume-Uni, les fils d’immigrés d’Afrique Noire ont un taux d’emploi de 60,6% contre 32,9% en France.

L’hétérogénéité de l’immigration

A l’évidence, l’analyse de l’immigration néglige de s’interroger sur qui sont les immigrés. Ce que montre l’OCDE, c’est que l’âge de leur arrivée est un facteur important dans le calcul de ce qu’ils « coûtent » ou « rapportent » au pays qui les accueille. Mais l’âge n’est pas le seul critère, l’étude d’Algan et al. montre que le pays d’origine est extrêmement déterminant aussi. D’autres qualités particulièrement importantes mais non observables sont décisives, en particulier ce qui motive les immigrés. Il est évident qu’un immigré attiré par des opportunités de travail ou d’investissement meilleures chez nous sera probablement plus rentable que son homologue mû par les promesses de la Sécurité Sociale.

L’immigration peut être une chance, ou un fardeau

L’argument du Front National est que le surplus d’immigration vient prendre les emplois des natifs, comme si l’emploi était une donnée fixe qu’il faudrait partager. La gauche semble incapable de répondre sur le fond à cet argument, dans la mesure où elle adhère au même raisonnement fondamental : la logique des 35 heures étant semblable. Les syndicats contribuent à ce sophisme lorsqu’ils expliquent que reporter l’âge de la retraite n’a pas de sens en l’absence d’emplois, et que les personnes âgées devraient laisser la place aux jeunes. Des commentateurs sérieux allant du très libéral The Economist (lien) au très progressiste Paul Krugman (lien) démontent régulièrement ce sophisme, en vain.

Or, pour faire simple, ce qui crée de l’emploi, c’est la hausse de la productivité ou la baisse du coût du travail. Ce qui crée du chômage, c’est la baisse de la productivité ou la hausse du coût du travail.

Lorsqu’un immigré entre en France pour travailler, il vient partager avec les natifs le poids du système social et de la dette, et donc réduit les cotisations et taxes prélevées sur chacun. Cela réduit le coût du travail et encourage l’emploi.  Si on s’en tient à la logique économique (qui est réductrice), il faudrait accueillir le plus possible de ces gens.

Inversement, un immigré entrant en France et présentant un coût net pour le système social crée du chômage, car ce coût se répercute sur l’imposition de l’activité économique et en particulier le coût du travail. Il vaudrait mieux pour la collectivité des natifs que ces gens restent chez eux.

Mais suivant cette logique, il faudrait aussi expulser des centaines de milliers de français natifs : fonctionnaires oisifs, intermittents du spectacle et l’ensemble des personnes ayant une contribution sociale nette particulièrement négative et n’ayant davantage de droits que la jeune Leonarda que de la seule chance d’être nés en un endroit plutôt qu’un autre.

Dans ce système absurde, il faudrait s’inquiéter au moins autant de l’émigration des plus créatifs et productifs d’entre nous, qui ayant une contribution sociale nette excessivement positive, choisissent de s’expulser eux-mêmes.

Références

  • Yann Algan, Christian Dustmann, Albrecht Glitz & Alan Manning, 2010. “The Economic Situation of First and Second-Generation Immigrants in France, Germany and the United Kingdom,” Economic Journal, Royal Economic Society, vol. 120(542), pages F4-F30, 02. (lien)
  • Xavier Chojnicki, « Impact budgétaire de l’immigration en France », Revue Economique, 62(3), 2011 (lien)
  • Olivier Monso,  « L’immigration a-t-elle un effet sur les finances publiques ? », Revue française d’économie, vol. 23, n°2, pp. 3-56, 2008. (lien)
  • OECD, International Migration Outlook 2013 (lien)

24 responses to L’immigration est-elle une plaie économique ?

  1. 

    “En faisant l’hypothèse grossière qu’un ménage natif a un solde moyen [prestations-cotisations] égal à zéro” : est-ce vraiment le cas vu le gonflement des dettes et déficits de l’Etat Providence?

      • 

        D’accord, parce qu’en l’état, la comparaison de l’immigré moyen ‘sangsue de la collectivité à hauteur de 4 k€/an’ avec un natif moyen ‘contributeur positif ou nul’ met le premier dans une lumière particulièrement négative alors que la réalité est moins contrastée.

        • 

          Non… si vous partez du principe que le solde est négatif pour un natif, alors le coût pour la collectivité d’un immigré est encore plus grand. Le solde est de 4000€ inférieur pour l’immigré, donc si le natif a un solde de disons – 1000€, alors l’immigré a un solde de – 5000€.

  2. 

    De souvenir , il me semble que L’Allemagne ( pourtant moins genereuse en prestation sociale) et qui n accorde pas facilement la nationalite allemande soit dans le meme cas – j avais vu un lien synthetique qui reprend vos propos il y a quelque temps. La question est de savoir quelle immigration doit on accepter et en quel nombre ( L Afrique notamment explose demographiquement – L Algerie qui comptait 10 millions en 1960 – compte 37 millions maintenant ? Quelle immigration est contributive ( F.List preconisait l immigration dans le cas ou celle ci apporte des competences recherchees dans le pays d acceuil), Vous aviez publie un autre billet sur les chances d avoir un travail pour la seconde generation d immigres ( cf : fils/fille d immigre ) et on ne peut pas dire que la France soit championne dans ce domaine. En clair il semble que nous sommes en train de fabriquer en France une seconde generation encore moins suceptible d etre contributive nette ou integree economiquement que la premiere (qui pouvait travailler au moins en nombre dans les manufactures) , cette generation se revoltera un jour -Villiers le Bel 2005 etait un avant gout . Mais que fait le gouvernement pour les jeunes (quels sont les signaux envoyes ?) .Il semble d ailleurs que les jeunes ( surtout les plus diplomes ) prennent le large , – 30% des ingenieurs formes en France choissisent de partir. Pour de bonnes raisons: systeme de retraite largement en leur defaveur – On peut pas dire que la reformette de Septembre inverse la tendance. Depenses publiques / PIB inegalees avec 500 millions par jour emprunte , ( le Danemark fait pareil mais ils peuvent au moins se targuer d une dette moindre ,d un chomage des jeunes et senior moindre et meme d un systeme de prestation chomage moins genereux – et plus realiste ) – c est de limpot differe , Marche immobilier surevalue ( seul HK et L Australie/Canada font mieux) ,et en plus les jeunes devraient racheter aux vieux des biens surestimes ? P.ARTUS donnait deux conseils aux jeunes : sanctionner par les urnes par un vote demagogique ( c est ce qui va se produire avec le FN ) ou partir ( c est ce que j ai fait il y a quelques mois) – Ce qui explique les absences d accents sur ma reponse. J apprecie votre blog loin de la demagogie. Il est utile et responsable de pouvoir mettre sur la table, les sujets les plus taboos. Bravo.

    • 

      @ sithric

      Lorsque vous comparez la France au Danemark en matière de dépenses publiques et sociales, on ne peut que faire le rapprochement entre les français de plus en plus nombreux qui se complaisent dans l’oisiveté et ce Danois pitoyable, qui pour faire la une des médias se donne scandaleusement en spectacle et fait l’éloge de la vie d’assisté
      On ne peut que déplorer la haine de ces individus contre le monde du travail et de l’entreprise.
      Ce type fait vraiment honte.
      A ce sujet, je ne partage pas le point de vue de certains libéraux qui sont contre le travail obligatoire dans nos sociétés afin d’eviter le parasitisme. .

      http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2013/10/22/20002-20131022ARTFIG00210-robert-le-paresseux-ou-l-assistanat-erige-en-art-de-vivre.php

      • 

        Bonsoir,
        Il me semble que les libéraux sont contre le travail obligatoire puisqu’ils sont contre l’assistanat.
        Supprimez le second, le premier est inutile.

        • 

          La seule connaissance que j’ai d’une situation où le chômage a été illégal était le sud ségrégationniste des Etats-Unis. Cela avait pour but d’empêcher les noirs de s’émanciper des employeurs blancs.

          • 

            @ Acrithene : et en ex-URSS ? ( question anodine ) car il me semble que on a encore les stigmates d emplois ‘ inutile/bidon’ dans l appareil etatique de ces pays.
            @ louvin . Pour rebondir sur la reflexion du Danemark , il ne faut pas confondre cas particulier et generalite. Une etude montrait que l indice de confiance entre individus ( inverse de la defiance ) et respect des lois est particulierement eleve en Europe du Nord – A priori il ne vient pas a l idee aux scandinaves de frauder/’utiliser’ le systeme. Une etude de Natixis revelait que cette defiance entre les individus (qui debouche sur de la fraude sociale ) coutait quelques pourcents de PIB aux pays du “Sud” dont la France. L exception fait la regle – Ce danois n est absolument pas representatif mais suscite une reflexion interessante dans ce pays. Par ailleurs le systeme d indemnisation chomage est plafonnee au DK. Ce qui evite en partie une trappe a oisivete. (1500 e de memoire ).

        • 

          Et les libéraux ne sont pas contre l’assistanat, mais contre l’assistanat forcé.

          Assister quelqu’un c’est très bien. Forcer quelqu’un à assister quelqu’un, c’est mal.

          Petite nuance… ;)

  3. 

    Visiblement, la France n’attire pas trop pour le travail, contrairement à d’autres pays d’accueil (voir p12):

    http://www.immigration.interieur.gouv.fr/fr/Info-ressources/Documentation/Rapports-publics/Document-preparatoire-au-debat-sans-vote-sur-l-immigration-professionnelle-et-etudiante

    La balance financière doit certainement s’en ressentir.

  4. 

    Je ne partage pas votre point de vue sur les ménages français oisifs ou sous-productifs. Ils sont chez eux et c’est leur pays qui souffrira de leurs défauts. Pour un étranger, c’est totalement différent, il nuit à son pays d’accueil.

    • 

      Globalement les français sont des travailleurs très productifs et de ce fait très recherchés à l’étranger. Un allemand ne dépasse JAMAIS son horaire de travail. Et il travaille cool. Ce qui n’est pas fait aujourd’hui le sera demain.
      Les cadres français ne comptent pas leurs heures, ce qui est une folie pour les étrangers, et surprend par exemple les investisseurs américains (dont un ami). Globalement encore, vote remarque porte en elle un défaut majeur : vous rendez la France peu accueillante. Ors les immigrés créant plus d’entreprises que les français, sont en moyenne plus créateurs de richesses que les gens de souche.
      De plus une France peu accueillante attire aussi moins d’immigration riche venue amener de l’activité de haute technologie parce que justement la productivité dans ces domaines dépend du cadre de vie et de l’attitude positive de la population autour.
      La France veut elle tellement chassé ses arabes qu’elle se transforme en pays où seul l’apitoiement et le malheur se répandent (snif les pauvres petits français), au point que tout le monde voudra la quitter, ne laissant que les aigris et une poignée de minables pour régner sur eux, suivez mon regard vers une certaine extrême.
      Je m’emporte mais il est vrai que j’ai du mal lorsque des émotions idiotes prennent le pas sur la raison et les faits bruts.
      Dernier mot l’Allemagne accueille 800 000 immigrés par an, la France 8 fois moins, et si l’on compte ceux qui quittent la France et dont il faudrait bien plus s’inquiéter, il n’en reste que quelques dizaines de milliers.
      Si l’on s’inquiétait de l’avenir de son pays on dirait, comme en Allemagne où l’extrême droite est à moins de 5%, que ce n’est pas assez et qu’il faut rendre notre pays plus ouvert pour que plus de gens est envie de venir s’ y installer.
      Désolé mais les allemands sont plus réalistes et concrets que les français qui pleurnichent sur un ou deux milliers de Roms…
      Ultime remarque : les prestations sociales retournent intégralement dans le circuit économique.

  5. 
    Jean-Marie GLÄNTZLEN 26 October 2013 at 17 h 15 min

    Est-il exact historiquement que pour garder le droit de faire des expériences atomiques à Reggane (en « détruisant » des soldats apparemment sans état d’âme ) tant que Mururoa n’était pas opérationnel, d’une part, et, d’autre part, pour avoir à bon marché du gaz d’Hassi Messaoud, De Gaulle a laissé venir en France « trop » de couples d’immigrés (en un ou deux temps) dont pas mal de petits-enfants et arrière-petits-enfants sont sans travail ? Nos problèmes en 2013 viennent-ils de cette incohérence coupable ? Merci

    • 

      C’est inexact. A l’époque de De Gaule l’immigré était un travailleur seul, sa famille restant au bled ; il ne touchait aucune prestation sociale et se contentait du pire (foyer “sonacotra”). C’était un marché gagnant-gagnant avec l’Algérie : la France avait les travailleurs (dont elle manquait) pendant que l’Algérie récupérait une partie (une partie seulement) de leur paie alors que chez elle ils auraient été de remuant et couteux chômeurs.
      Le système a explosé après, avec le regroupement familial juste au moment des premières difficultés

  6. 

    Vous écrivez “ce qui crée de l’emploi, c’est la hausse de la productivité “. C’est dommage, le début de l’article paraissait sensé.

    En effet, si j’arrive à mieux exploiter un capital de 1.000.000 € en produisant deux fois plus avec un nombre d’employés deux fois moindre, et que je vends le même prix, je crée l’emploi ?

    Non, car ma marge supplémentaire peut être placée dans un un autre pays.

    La fluidité de circulation des capitaux spéculatifs fait tomber votre affirmation.

    Désolé.

    • 

      oh.
      Sylvain vient juste de doubler la vitesse du cheval (français) sur lequel il avait misé 1M€, il a donc à sa disposition le bourrin le plus rapide du monde qui vient de le faire gagner, et c’est donc le moment idéal pour … pour … changer de cheval, et placer sa prochaine mise sur un bourrin étranger … o_O
      Manifestement pour Sylvain la création d’emploi consiste à surtout ne pas acheter de tracteur, ni même de cheval, et plutôt tout faire à la main. Je suppose que c’est ce qu’on enseigne de nos jours chez le Mammouth (de mon temps il ne parlait pas d’économie, à part pour glorifier l’URSS en histoire et géographie ; ce qui nous faisait déjà bien rire, et nous évitait moult calembredaines contemporaines)

      • 

        @ “P”

        Le chômage est le fruit du rapport entre la production et la productivité par individu.

        En URSS, la productivité est minorée par la destruction du bénéfice personnel que devrait moralement procurer par un travail efficace. Cette amoralité a pour effets la pénurie et l’absence de chômage.

        En économie de marché, le chômage est généré par l’augmentation de la productivité par individu, lorsque la consommation des produits évolue moins vite pour des raisons de :

        – souhait d’épargne de précaution
        – fuite des bénéfices pour des raisons d’excès de pression fiscale
        – investissement des capitaux dans une zone jugée plus profitable
        – absence de motivation à consommer plus

        Et si vous décidez d’éviter les vains apologues, c’est mieux.

  7. 

    Bien que l’auteur ait pris délibérément le parti de ne considérer que le strict point de vue économique, il me semble que tous les aspects anthropologiques devraient être pris en compte. En particulier, si l’on se cantonne à l’économie il est difficile de dire : “et n’ayant davantage de droits que la jeune Leonarda que de la seule chance d’être nés en un endroit plutôt qu’un autre.” En d’autres termes une nation se constitue sur d’autres critères que le seul fait économique, que vient faire la chance ici ? C’est le même argument que celui de Bourdieu et des héritiers : la chance d’être né dans une famille riche. l’article est très intéressant mais montre, je trouve, les limites de l’évaluation de l’homme à l’aune du seul critère comptable. Ce critère est bien entendu nécessaire mais il n’est pas suffisant : ce n’est par exemple pas ce seul critère qui détermine le vote FN, la formidable bureaucratie européenne qui semble n’avoir à répondre de rien devant personne en est un autre qui n’a que de lointains rapports avec l’économie.

  8. 

    Je recherchais un tel article pour compléter ça :

    http://retromigration.wordpress.com/2013/05/30/besoin-de-chiffres/

    Il me semble que votre auto-censure atteint le dernier paragraphe, qui me semble bien plus imprécis que les précédents …

    Une suggestion : où parle-t-on de l’espace dans tout ça ?

    Une critique, qui ne s’adresse évidemment pas à vous, mais bien au point de vue “économique” pur, cette logique coupée de tout le reste de notre être.

    ‘Mais suivant cette logique, il faudrait aussi expulser des centaines de milliers de français natifs : fonctionnaires oisifs, intermittents du spectacle et l’ensemble des personnes ayant une contribution sociale nette particulièrement négative et n’ayant davantage de droits que la jeune Leonarda …’

    Ces gens là, je pourrais bien avoir envie de les remettre au travail, et ça ne serait pas difficile ; tandis que les autres, il se pourrait que je m’en fiche profondément, si c’était possible. La vérité est que j’accepterais bien que la France soit, pour un temps, le plus pauvre Etat d’Europe plutôt que, pour toujours, le plus riche Etat d’Afrique. Et je suis pas le seul …

  9. 

    Un raisonnement simple en matière d’immigration :

    –> lorsqu’elle est organisée par l’état et ces petits bureaucrates autoritaires : boulet

    –> lorsqu’elle est libre : bénéfique

    Ce n’est qu’un avis perso basé sur ce que j’ais vu de la France et du reste du Monde..

  10. 

    Est’il pris en compte que beaucoup d’immigré arrive a l’age de la retraite repartent dans leur pays en touchant tous les mois la retraite française, et donc payent 0 tva a l’État français. (et pendant leur vie de travail en France dépense le minimum, afin d’acheter un bien dans leur pays pour leur retraite). (étant donne que la tva est la 1ere recette de l’état, et que les immigres ont les salaires les plus bas, ne paye pas ou presque pas d’impôts).

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  1. Du coût de l’immigration | No One Is Innocent… - November 20, 2013

    […] Enfin un article intéressant, détaillé et objectif sur le "coût" de l’immigratio…. […]

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