John Maynard Keynes contre le socialisme

7 décembre 2012 — 57 Commentaires

John Maynard Keynes est souvent l’économiste de référence des socialistes contemporains. Quelques citations du maître qui leur feraient bien mal…

keynes

John Maynard Keynes est un orphelin idéologique. Il suffit de lire des passages de sa Théorie Générale, pour s’apercevoir que le grand homme, sentant que son texte renforçant les prérogatives de l’Etat s’éloignait grandement du libéralisme, prît soin de flatter autant que ce pouvait sans trahir son propos la famille qu’il quittait, sans manquer d’attaquer le marxisme.

Orphelin idéologique, et mort à l’issue de la guerre, J.M. Keynes a été adopté post-mortem par les socialistes, alors que lui-même s’en était explicitement démarqué. A chaque fois qu’on nous préconise une nouvelle forme d’intervention de l’Etat dans les affaires économiques, J.M. Keynes semble donner, du ciel, sa bénédiction tacite. Plutôt que de laisser les étatistes s’approprier le nom d’un des grands hommes du siècle, nous devrions les mettre face aux écrits de leur héros, car ceux-ci ne cautionnent absolument pas leurs politiques.

Dans la conclusion de son magnum opus, J.M. Keynes explique que ses préconisations n’ont d’autre objet que la sauvegarde du « capitalisme » comme système économique, et de l’ « individualisme » comme système politique. Dans l’Europe d’aujourd’hui, seuls des libéraux défendraient avec autant d’attachement ces principes comme fondement de la société, tant une dimension péjorative s’y est désormais associée. Voici ce qu’écrit Keynes dans la conclusion de sa Théorie Générale.

« Le contrôle central nécessaire au plein-emploi implique, bien sûr, un accroissement important des fonctions traditionnelles du gouvernement. Mais il laisse de vastes prérogatives à l’initiative et à la responsabilité privée. En leurs seins,  les avantages traditionnels de l’individualisme prévalent.

Prenons le temps de nous remémorer ces avantages. Ils sont pour partie des avantages d’efficacité – ceux de la décentralisation et du jeu des intérêts personnels. Les avantages des décisions et responsabilités individuelles sont peut-être plus grands encore que ce que le XIXème siècle supposa : et la réaction contre l’appel des intérêts égoïstes est peut-être allé trop loin. Mais par-dessus tout, l’individualisme, purgé de ses excès, est le meilleur bouclier des libertés individuelles dans la mesure où, comparé à tout autre système, il agrandit considérablement le champ d’exercice du libre arbitre.

[…]

Bien que l’élargissement des fonctions du gouvernement, induit par la tâche d’ajuster la propension à consommer et l’incitation à investir, paraîtrait à un journaliste du XIXème siècle ou à un financier américain contemporain être une entorse terrible à l’individualisme, je le défends, tout au contraire, à la fois comme le seuil moyen pratique de sauvegarder le système existant dans son intégralité et la condition du bon fonctionnement de l’initiative individuelle. »

J.M. Keynes, Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt et de la Monnaie

Si au regard de la communauté des économistes de son époque, John Maynard Keynes n’est pas vraiment un libéral, il n’est certainement pas non plus un socialiste. Parce que J.M. Keynes s’est démarqué des penseurs classiques, les socialistes en ont profité pour se l’approprier et ont abusé de son nom comme les capitalistes abusèrent du nom d’Adam Smith au siècle précédent. De même qu’Adam Smith n’est pas un libertarien, ni un défenseur de l’égoïsme comme principe de société, John Maynard Keynes n’est pas un socialiste qui croit au partage du travail. Désormais que les interventionnistes se revendiquent de l’autorité du maître, confrontons quelques-unes leurs guignoleries aux idées de l’économiste qu’ils vénèrent.

La relance par le déficit

En 1937, Keynes explique clairement que les préconisations budgétaires de sa Théorie Générale ne valent que pour les crises économiques. Pour résumer rapidement sa pensée, Keynes pense qu’il existe des moments où les anticipations des agents économiques sont si mauvaises qu’ils réduisent considérablement leurs investissements et leur consommation, de sorte que les entreprises anticipent peu de débouchés, ce qui enclenche un cercle récessif dont le marché ne peut, d’après Keynes, s’échapper tout seul. L’Etat peut, toujours d’après Keynes, prendre le relais via le déficit public, qui permet de relancer la demande sans taxer davantage le revenus des citoyens et des entreprises.

En somme, Keynes pense que le budget de l’Etat doit être contra-cyclique, déficitaire en période de crise, mais aussi équilibré ou excédentaire en période d’expansion. Il déclare ainsi en 1937.

“The boom, not the slump, is the right time for austerity at the Treasury.”

« L’expansion, non la récession, est le bon moment pour l’austérité au Trésor. »

Keynes n’est donc pas un penseur de la dette publique. C’est un penseur du déficit temporaire comme correcteur de la conjoncture économique. Sa théorie à deux versants : le déficit budgétaire en période de crise, l’austérité le reste du temps. Or depuis sa mort, la gabegie étatique a cumulé les déficits publics malgré la croissance économique. Mais dans l’esprit de Keynes, le déficit public en période de crise n’est possible que dans la mesure où les périodes d’expansion ont servi à l’assainissement des comptes publics.

Si Keynes préconiserait, aujourd’hui, probablement des déficits pour relancer la croissance, il s’affligerait qu’en son nom des politiciens ait creusé la dette publique quand tout allait bien. Car ce passif rend aujourd’hui le déficit extrêmement douloureux, voire impossible pour certains pays (cf. « Keynes : "à court terme nous sommes tous morts" »)

Les déficits accumulés par l’Etat-providence au cours des cinquantaines dernières années ne trouvent donc aucun crédit dans la théorie de J.M. Keynes, tout au contraire vu qu’ils alimentent un déficit permanent depuis 1981.

Deficit

Keynes contre le socialisme ambiant

D’autres politiques socialistes prennent toujours Keynes comme l’autorité leur accordant leur bénédiction. Prenons donc quelques exemples associés à des extraits de leur professeur d’économie préféré.

La hausse des salaires crée du chômage !

Les socialistes nous racontent que l’augmentation des salaires accroit la demande, et donc en définitif réduit le chômage. Or, si Keynes critique la capacité du marché à coordonner correctement la demande et l’offre de travail, il précise ne pas réfuter que le niveau des salaires et de l’emploi soient inversement corrélés. De quoi éclairer le débat sur le SMIC !

« Cela signifie que, pour une organisation, des techniques et des équipements donnés, les salaires réels et le niveau de la production (et donc de l’emploi) sont inversement corrélés, de sorte, qu’en général, une hausse de l’emploi ne peut seulement intervenir qu’en parallèle d’une baisse des salaires réels. Ainsi, je ne conteste pas ce fait vital que les économistes classiques ont (avec raison) qualifié d’immuable. »

J.M. Keynes, Théorie Générale de l’Emploi, de l’Intérêt et de la Monnaie

La régulation des prix détruit l’offre !

Peut-être Mme Duflot devrait aussi lire ce que Keynes penserait du blocage des loyers, et des prix régulés en général :

« La préservation d’une valeur fictive de la monnaie, par la force de la loi s’exprimant dans la régulation des prix, contient en elle-même les graines du déclin économique final, et assèche rapidement la source de l’offre »

J.M. Keynes, Les Conséquences Economiques de la Paix

L’inflation, c’est du vol !

Les libéraux répètent que l’inflation est un impôt caché, qui n’étant voté par aucun Parlement n’est que du vol. On les traite d’extrémistes sans pragmatisme. Voyons ce qu’en disait Keynes :

« Sa conséquence la plus marquante est l’injustice  pour ceux qui de bonne foi ont placé leur épargne sur des titres nominaux plutôt que dans des choses [réelles]. Mais l’injustice à cette échelle a de plus grandes conséquences. […] De plus, l’inflation ne se limite pas à réduire la capacité des investisseurs à épargner mais a aussi détruit l’atmosphère de confiance qui est une condition nécessaire de l’épargne volontaire. Pourtant, une population croissante souhaitant maintenir son niveau de vie a besoin d’une croissance proportionnelle de son capital. »

[...]

« Un gouvernement peut vivre longtemps […] en imprimant de la monnaie papier. C’est-à-dire, qu’il peut ainsi prélever des ressources réelles, aussi réelles que celles obtenues par les impôts. […] Le poids de [cet] impôt est largement étalé, ne peut être évité, ne coûte rien à collecter, et tombe, d’une manière rude, en proportion de la richesse de la victime. Pas de miracle à ce que ses avantages superficiels aient attiré les ministres des finances »

J.M. Keynes, Essai sur la Réforme Monétaire

Toujours plus d’Etat ?

Dans une correspondance avec l’économiste Colin Clark à la fin de la guerre, Keynes admet que :

"25 percent taxation is about the limit of what is easily borne."« un taux d’imposition de 25 pourcents est la limite de ce qui peut être facilement supporter ».

Aujourd’hui la dépense publique absorbe 56% du PIB. Que tous ceux qui se revendiquent de Keynes manifestent pour le limogeage de millions de fonctionnaires, et la réduction des dépenses de l’Etat d’un montant minimum de 600 milliards d’euros par an !

Conclusion

Les libéraux ne citent pas John Maynard Keynes. Ils ont leurs classiques, qu’on appelle d’ailleurs « Les Classiques ». Pourquoi les socialistes citent-ils Keynes ? Parce qu’en vérité, ils se trouvent, sur la question économique, dans un relatif désert idéologique qui s’étend de Karl Marx à John Maynard Keynes. Si en vérité ce désert a ses touaregs, aucun de ses habitants n’a la dimension intellectuelle d’un Karl Marx, d’un John Maynard Keynes ou d’un Adam Smith. Et comme Karl Marx ne se vend plus très bien auprès de l’électeur médian, le pauvre économiste britannique a été réquisitionné sans pouvoir donner son avis. Pourquoi donc les laisser faire ? Amusons-nous donc avec ce qu’il croit à tort être leur jouet !

57 responses to John Maynard Keynes contre le socialisme

  1. 

    Comme quoi, il n’y a pas qu’aux chiffres que l’on fait dire n’importe quoi : aux morts aussi!

    Deux commentaires sur le texte :

    "vu qu’ils alimentent un déficit permanent depuis 1981"
    D’apres le tableau, le deficit est permanent depuis 1974… J’imagine que le choix dans la date vient du fait que dans une posture keynesienne, la crise des annees 70 liee aux chocs petroliers jusitifiait un deficit (qui, je vous l’accorde etait en baisse jusqu’en 1980). Toutefois, peut-on considererer qu’en 1981, la France etait sortie de la crise? Le gouvernement Mauroy a certes fait des choix de politique economique fort discutables mais le chomage qui continuait a augmenter pouvait laisser penser que la relance keynesienne etait necessaire? Ceci dit, je ne sais pas a quelle date il aurait fallu arreter les betises…

    "la dépense publique absorbe 56% du PIB"
    Certes mais le taux d’imposition est largement inferieur (ce qui cree les deficits). Je vous accorde qu’il reste nettement au-dela de 25% qui ne doit toutefois pas rester grave dans le marbre (cela pourrait etre 20%, cela pourrait etre 30%, il faut bien definir un chiffre pour faire passer l’idee)

    J’ai commence a lire The Wealth of Nations, me voila enclin a lire Keynes egalement… Votre blog me pose un vrai probleme : quand vais-je trouver le temps de lire tout cela?

    • 

      C’est un peu monstrueux de lire l’un comme l’autre. Le problème des grands auteurs, c’est que leurs textes sont à la fois pleines d’idées géniales, et aussi pleines de ce que tout le monde s’accorde aujourd’hui à qualifier de bêtises – surtout chez Keynes. Et on ne peut pas leur en vouloir vu qu’ils pensent à la "frontière" de leur discipline. Bref, on perd beaucoup de temps à les lire, et il faut faire le tri tout seul, ce qui n’est pas facile quand on n’a pas une vue d’ensemble sur la pensée économique.

      Ce que je conseille généralement pour commencer, ce sont "Les Grands Economistes" de Robert Heilbroner (The Wordly Philosophers, si vous voulez lire en anglais). Nettement plus accessible et donne un vision large de la pensée économique de Smith à Keynes. Et ce livre est en lui-même un classique.

      Après, la pensée contemporaine est très différente de ce qu’on pensait en 1953, quand Heilbroner a écrit son texte. Mais ça reste le meilleur début à mon avis.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Heilbroner

      • 

        Et sinon, il ne faut pas comprendre crise et faible croissance. Une crise est un point bas dans un cycle.

        Le déficit public, c’est un impôt différé. Ne pas oublier l’équivalence ricardienne. Nous sommes donc bien autour de 56%, c’est juste qu’on taxe aussi les générations futures.

  2. 

    Que ce soit Adam Smith, Karl Marx ou John Maynard Keynes, ils ont tous dit, comme d’autres, des choses sensées mais ont aussi tous été partiels dans leurs analyses ce que personne ne peut leur reprocher.
    Méfions-nous des extraits à qui l’on fait souvent dire ce que l’on veut !
    Je voudrais poser deux questions à Acrithène :
    Pourquoi écrivez-vous que "Les libéraux répètent que l’inflation est impôt caché" alors que c’est la hausse des prix qui est en effet un impôt caché pour les consommateurs comme la dévaluation l’est pour les épargnants ? Confondriez vous l’inflation et la hausse des prix comme toute la classe dirigeante, en oubliant que l’inflation est l’augmentation de la masse monétaire et que la hausse des prix n’est que sa régulation automatique par suppression de la fausse monnaie ? La hausse des prix est le remède de la vraie inflation qui a perdu son nom.
    En fait l’inflation aujourd’hui s’appelle la croissance. Le PIB qui se calcule par la somme de toutes les dépenses ou par la somme de toutes les distributions ou par la somme en volume extrêmement difficile à calculer de tout ce que l’on achète et que l’on transforme in extremis en monnaie pour faire croire à une production, le PIB n’est que la monnaie en circulation et je suis triste de voir que vous utilisez des pourcentages du PIB dans vos tableaux.
    Oublions Smith Ricardo Marx, Keynes et Schumpeter nés tous les deux l’année de la mort de Marx, retrouvons le bon sens et la cohérence de notre pensée.
    Dire que "pour une organisation, des techniques et des équipements donnés, les salaires réels et le niveau de la production (et donc de l’emploi) sont inversement corrélés" est évidemment vrai mais n’a aucun intérêt puisque pour asséner cette vérité on fige organisation, techniques et équipement c’est à dire tout.
    Le bon sens est qu’il faut produire dans une perspective durable et j’attends une explication compréhensible et durable de ceux qui défendent le libre échange. Pour l’instant le libre échange n’est défendu sans arguments que par les Politiques. Seul le protectionnisme permettra de produire durablement nous-mêmes. Certes il fera grimper les prix qui ne seront plus baissés par l’esclavage dans l’espace du libre échange et par l’esclavage dans le temps du prêt à intérêt. Mais si l’intelligence ne le décide pas la guerre le fera instantanément.

  3. 

    A ma connaissance, la théorie des sentiments moraux est restée inachevée car il était difficile à Adam Smith de continuer sur le sentier d’altruisme.

  4. 

    @Marc Dugois:

    Bonjour, je tente aussi d’y apporter quelques éléments de réponse

    "Confondriez vous l’inflation et la hausse des prix comme toute la classe dirigeante, en oubliant que l’inflation est l’augmentation de la masse monétaire et que la hausse des prix n’est que sa régulation automatique par suppression de la fausse monnaie ?"

    —> Il existe un multitude d’explications de l’inflation, qui est la hausse générale du niveau général des prix.

    Selon les classiques, elle est d’origine monétaire face à l’insuffisance de l’offre. Selon les keynésiens, elle est due à la pleine utilisation de la capacité de production.

    Selon les libéraux (classiques) donc, l’inflation est un impôt caché car l’Etat, en émettant une quantité considérable de monnaie, fait augmenter le niveau général des prix. L’Etat reçoit davantage de recettes fiscales (car le revenu nominal des ménages d’équilibre en théorie augmente). Seulement, lorsque la quantité de biens produits dans l’économie reste identique, toute hausse de la masse monétaire ne fait que baisser sa propre valeur réelle, d’où la baisse du pouvoir d’achat de chaque pièce de monnaie. C’est la raison pour laquelle l’inflation est préjudiciable, pour les rentiers certes, mais avant tout pour les ménages (quand la hausse des prix distord le système de prix relatifs et/ou la hausse du revenu nominal est inégalitaire).

    —> Sinon, on déflate le PIB pour connaître le seul paramètre utile: la production (biens&services).

    "pour asséner cette vérité on fige organisation, techniques et équipement c’est à dire tout"

    —> Justement. Pour une production donnée avec le niveau d’emploi correspondant, une hausse du salaire sous-tend inévitablement la mise en arrêt de certains actifs dont la productivité ne justifie pas le salaire.

    "Seul le protectionnisme permettra de produire durablement nous-mêmes."

    —> Si vous acceptez de vous habiller français, rouler français, regarder français, appeler français, etc. Si vous acceptez de payer un prix plus élevé de tous vos produits quotidiens, alors oui le protectionnisme serait l’issue logique.

    • 

      «Sinon, on déflate le PIB pour connaître le seul paramètre utile: la production (biens&services).»

      Cependant, le marché n’est pas linéaire, ni mécanique. Entre la hausse de la circulation de la monnaie et la perte de son pouvoir d’achat, le phénomène n’est pas aussi direct. La croissance du PIB déflaté peut être tout simplement le fruit de cette distorsion. Enfin, je m’avance… Cependant, l’intérêt des inflationnistes n’est pas la hausse des prix, mais les distorsions que cela provoque au niveau macro et les conséquences comportementales de l’inflation qui incitent à accélérer les échanges.

      La formule de Fisher signifie tout simplement que la quantité de monnaie dépensée pour acheter un bien équivaut à son prix, ce qui est un sacré truisme.

      • 

        En effet. Seulement, l’hypothèse du maintien du pouvoir d’achat des ménages ne peut s’avérer que si le système de prix relatifs reste intact et surtout si les prix sont flexibles.

        Je rejoins ici le point de vue keynésien mais en sens inverse. C’est à dire qu’une hausse du niveau général des prix suite à une offre excédentaire de monnaie devrait augmenter proportionnellement le revenu d’équilibre des ménages. Sauf qu’il faut qu’il y ait la demande qui, en plus, puisse accéder à cette offre de monnaie.

        En réalité, on voit qu’avec la politique monétaire expansionniste, les ménages ont plus facilement accès aux crédits (screening des banques moins dur), mais le salaire nominal reste déterminé, à part, sur le marché de l’emploi. Donc. Cette hausse du revenu ne peut se faire que par crédit, et accessoirement par les dépenses publiques (inefficacité relative du multiplicateur keynésien).

        Conséquence: Quand le niveau général des prix augmente à la suite d’une offre de monnaie, il faut faciliter l’accès aux crédits des ménages, sinon, le pouvoir d’achat des ménages baisse.

        PS: la formule de Fisher montre aussi qu’à long terme l’inflation est purement d’origine monétaire.

    • 

      Deux éléments:

      Le premier est que l’inflation n’est pas "la hausse générale du niveau général des prix" comme l’usure n’est pas l’excès d’intérêt mais l’intérêt lui-même. Notre société change le sens des mots quand elle en est dérangée. cela devrait faire réfléchir. L’inflation est l’augmentation de la masse monétaire (la quantité de monnaie qui enfle et qui croît donc anormalement). L’inflation entraîne la hausse des prix.

      Le second est que le protectionnisme est la seule façon avec la guerre de nous mettre en face de nous-mêmes et de nous forcer à choisir en effet entre renoncer à certains de nos avantages ou "payer un prix plus élevé de tous (nos) produits quotidiens". On comprend pourquoi tous les Politiques sont pour le libre-échange. Plaire ou conduire il faut choisir. Les Politiques ont choisi de plaire. Qui s’intéresse à la conduite ? Faut-il laisser la guerre résoudre les problèmes ?

      • 

        1. "l’inflation n’est pas « la hausse générale du niveau général des prix » comme l’usure n’est pas l’excès d’intérêt mais l’intérêt lui-même."

        —> Malheureusement, refuser la définition d’une notion économique ne sert pas à grand chose dans un débat.

        L’inflation "est" la hausse généralisée du niveau général des prix. Pour les autrichiens, elle est la hausse de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie.

        La même inanité concerne le déni de la définition de l’usure. L’intérêt n’est pas usure dans la mesure où il rémunère le prêteur de fond pour le risque qu’il prend et le coût d’opportunité qu’il supporte. Même l’Eglise a trouvé l’utilité de rémunérer ces deux facteurs. L’usure est donc le taux qui ne justifie plus la rémunération de ces deux facteurs.

        2. Le libre-échange n’est pas promu par tous les politiques. Il suffit de s’intéresser aux causes de l’échec du Doha round. Il est prôné par les pays industrialisés car il permet aux entreprises nationales de gagner en parts de marché; aux ménages de gagner en pouvoir d’achat; à l’industrie de procéder à la montée en gamme. Quand on voit les deux premiers bienfaits à caractère éminemment électoraliste, on comprend mieux pourquoi les politiques des pays industrialisés sont tous chantres du libre échange.

        3. Sinon, l’Histoire nous montre que c’est le protectionnisme qui a impliqué la Seconde guerre mondiale, pas le libre échange.

        • 

          Il n’est pas question de refuser la définition d’une notion économique. Il est question de refuser d’en changer le sens. Vous dites vous-même que pour les Autrichiens l’inflation est la hausse de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie. C’est aussi ce que l’on m’a appris à HEC en 1967. Pourquoi en a-t-on changé le sens et pourquoi les Autrichiens sont-ils les seuls à avoir gardé le vrai sens? Et pour vous quel mot utilisez-vous pour parler de ce drame capitaliste qu’est la hausse de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie ? Ne plus avoir de mot pour en parler, est-ce une simple coïncidence?

          Pour l’usure vous montrez bien combien, comme tant d’autres, vous risquez d’être formaté. Il y a usure dès que l’on demande plus qu’on a prêté disait Luther dans son "grand sermon sur l’usure". La rémunération du risque est une acceptation du risque puisqu’il est rémunéré. C’est comme si on ne récupérait que 90 € en banque des 100 € déposés pour compenser le holdup que l’on prévoit déjà en en acceptant le principe. Les sagesses dans toutes les civilisations disent deux choses quand on a compris que l’argent est de l’énergie humaine stockée et donc le substitut de l’homme :
          D’abord on ne peut pas faire de l’argent avec de l’argent pas plus qu’on ne sait faire de l’électricité avec de l’électricité.
          Ensuite les dettes doivent être payées et si elles ne sont pas payées, si on ne rembourse pas le substitut, on donne l’original, c’est à dire l’homme en esclavage. Mahomet disait que tous les péchés seront pardonnés au martyr sauf s’il laisse des dettes impayées.
          C’est l’incompréhension actuelle de l’argent qui amène à relativiser la dette impayée et à trouver l’usure normale. C’est le drame du capitalisme et du 20ème siècle. Nous devons nous en réveiller.
          Quant au libre-échange il est en effet prôné par les pays industrialisés pour qui c’est le seul moyen de ne pas mettre leurs peuples en face d’eux-mêmes. Car pour un Politique, mettre le peuple devant ses contradictions, c’est choisir de le conduire plutôt que de lui plaire. Or si "Plaire ou conduire, il faut choisir" les Politiques ont évidemment choisi de plaire.
          Quant à votre dernière phrase bateau tellement répétée sur le protectionnisme qui induit la guerre, elle est tristounette tellement c’est exactement l’inverse. Le libre-échange est une nécessité à l’intérieur de toute idéologie qu’elle soit fasciste, communiste ou capitaliste. Chaque idéologie se veut universelle et sans barrières à l’intérieur d’elle-même. Pour le capitalisme, dernier survivant des idéologies dramatiques du siècle dernier, l’universalisme s’appelle le mondialisme et le libre échange a besoin d’un désir calibré de l’humanité entière. Ce désir universalisé du même uranium, de la même viande de bœuf et du même pétrole que la Terre est incapable de fournir à toute l’humanité amènera inéluctablement à la guerre.
          Cela étant écrit, je vous remercie de m’avoir répondu car c’est de la discussion que jaillit la lumière.

          • 

            1. La définition de l’inflation est double. Il ne s’agit pas de la vraie ou fausse définition. Aujourd’hui, sur une base consensuelle, l’inflation veut plutôt dire la hausse généralisée du niveau général des prix. Bien entendu, pour ceux qui ont l’habitude du langage autrichien, ils devront distinguer le contexte dans lequel le mot est employé.

            Sinon, l’inflation peut avoir plusieurs origines: origine monétaire pour parler d’une surémission monétaire, origine productive, etc.

            2. Si l’on s’intéresse plus particulièrement à l’époque médiévale, on remarquera que l’Eglise acquiesçait aux deux notions juridiques bien connues aujourd’hui – lucruum cessans et damnum emergens. Donc, l’intérêt servant à "récompenser" le prêt du principal devait par définition être en prime.

            3. On peut faire de l’argent avec de l’argent. Il suffit que l’argent employé génère des richesses supplémentaires, via des projets d’investissements par exemple.

            4. Sauf votre respect, ce n’est pas parce que tout le monde le dit que l’esprit pointilleux doit automatiquement se mettre dans l’opposition pour se montrer "critique". L’Histoire nous l’a montré. Ce que vous pouvez décrier par contre, c’est le processus de spécialisation qui pousse les pays à abandonner des filières à forte valeur ajoutée (cf. l’effet lock in). Sous cet angle d’attaque, je serais d’accord avec vous.

            "De la discussion jaillit la lumière" :)

            • 

              Si vous voulez réfléchir vraiment en économie, commencez par faire ce qu’aucun prétendu économiste n’a jamais fait :

              Expliquez la différence qu’il y a entre une richesse, un encombrement et un déchet.

            • 

              @Eymerich
              Une meilleure définition de l’inflation est de la définir comme un "processus" et non pas une "hausse des prix". Ainsi l’inflation est "un processus de hausse généralisée du niveau des prix moyens". L’avantage de cette définition est qu’elle permet d’affirmer qu’il y a de l’inflation alors que les prix sont restés stables. En effet, il existe plusieurs causes de l’inflation et certaines contribuent à plus d’inflation. D’autre facteurs contribuent à moins d’inflation.

              • 

                Comment peut-on trouver avantageuse une définition qui ne définit rien et permet de soutenir n’importe quoi ? On ne sortira jamais de la réalité qui est que l’inflation est l’augmentation anormale de la quantité de monnaie en circulation qui ne devrait augmenter que par l’augmentation normale d’énergie humaine par la procréation et le travail utile. L’inflation est automatiquement annulée avec décalage dans le temps par la dévaluation et la hausse des prix. Alors pourquoi ne pas dire en effet que l’inflation c’est « un processus de hausse généralisée du niveau des prix moyens ». L’avantage de cette définition est qu’elle dit quelque chose de vrai sans en expliquer l’origine et surtout d’être incompréhensible ce qui est l’avantage premier de l’économie.

                • 

                  @Marc Dugois:

                  1. Pourtant, la définition de l’inflation est claire. Et, vous en conviendrez, ceux qui soutiennent n’importe quoi peuvent user de n’importe quoi, fût-il bien défini.

                  2. "l’augmentation anormale de la quantité de monnaie en circulation qui ne devrait augmenter que par l’augmentation normale d’énergie humaine par la procréation et le travail utile"

                  —> Je ne suis pas sûr de comprendre cette phrase.

                  3. Si l’on retient la définition autrichienne de l’inflation, il est plutôt erroné de penser qu’elle est annulée automatiquement dans le temps par la dévaluation et la hausse des prix. La hausse automatique des prix face à l’inflation monétaire ne se fera que dans le temps. Mais à court moyen terme, les agents sont victimes d’illusion monétaire. Ensuite, l’accès à la monnaie nouvellement créée reste inégalitaire, d’où une hausse inégale des prix des biens et la distorsion du système relatif des prix. Enfin, la rigidité du salaire nominal n’est pas facile à corriger, d’où une baisse du pouvoir d’achat des ménages.

                  4. Sinon, la définition usuelle de l’inflation, je répète, est "la hausse généralisée du niveau général des prix". Il y a le mot "général", qui inclut donc tous les prix. On s’intéresse bien à la totalité des prix. Dans une phrase, tous les mots comptent.

                • 

                  Non la définition de l’inflation n’est plus claire depuis qu’elle n’est plus seulement la quantité de monnaie qui enfle mais qu’elle est devenu son propre remède qui est la hausse des prix.

                  Vous ne comprenez pas ma phrase sur la procréation et sur le travail utile parce que vous devez avoir moins de 30 ans et que tout a été fait pour que vous perdiez le sens de la monnaie. Monument comme monnaie vient de moneo, forme causative de la racine grecque de la mémoire "men". La cause du monument comme de la monnaie est de se souvenir. Qui s’en souvient?

                  Vos analyses 3 et 4 sont frappées au coin du bon sens et il est vrai que vous jetez un coup d’œil personnel sur le désastre intellectuel qu’est l’économie actuelle. Continuez à construire votre parcours mais enrichissez-le.

              • 

                @gidmoz:

                L’inflation est par définition un "processus".

                Elle est d’abord calculée comme une hausse des prix. C’est la différence positive entre le prix t+1 et le prix à la période t (dp/p).

                Ensuite, pour qu’il y ait véritablement inflation, il faudra qu’elle soit observée dans la majorité des prix (hausse généralisée).

                • 

                  Je suis désolé mais vous confondez les causes et les conséquences. Vous appelez inflation la hausse généralisée des prix qui est la conséquence de l’inflation qui est l’augmentation non causée de la monnaie en circulation (la quantité de monnaie qui enfle).
                  Le point est tellement important qu’il faut savoir s’y arrêter car si les fondations ne sont pas stables, la maison ne tiendra pas.

                • 

                  "Vous appelez inflation la hausse généralisée des prix qui est la conséquence de l’inflation qui est l’augmentation non causée de la monnaie en circulation (la quantité de monnaie qui enfle)."

                  —> Vous retenez la définition autrichienne de l’inflation, alors que je parle, depuis le début, de la définition usuelle de l’inflation (méthode de calcul dans les grandes institutions). J’ai insisté à plusieurs reprises sur cette différence sémantique, Donc vous êtes en désaccord pour rien.

                  La hausse de la quantité de la monnaie en circulation (ce que vous appelez l’inflation) peut causer à long terme la hausse du niveau général des prix. Cette dernière a une multitude de causes, comme ce que j’ai expliqué plus haut.

                • 

                  Vous appelez méthode autrichienne ce qui était la méthode française il y a 40 ans. C’est ce qu’on m’a appris à HEC en 1967.

                • 

                  Sauf que la définition générale qu’on retient aujourd’hui est bien la hausse du niveau général des prix.

                  Honnêtement, je ne vois pas l’intérêt intellectuel à ce que vous insistiez sur la définition autrichienne de l"inflation". Il ne s’agit pas d’être puriste en matière sémantique, mais bien de parler du même objet. Force est de constater que votre définition est plus surannée et moins répandue, Donc, il faut bien vous mettre à jour de temps en temps ;)

                  Je parle de l’inflation en tant que conséquence, vous parlez de l’inflation en tant que cause monétaire de la hausse générale des prix.

                  Donc tout est clair.

                  http://www.insee.fr/fr/methodes/default.asp?page=definitions/inflation.htm

                  L’inflation est la perte du pouvoir d’achat de la monnaie qui se traduit par une augmentation générale et durable des prix…Pour évaluer le taux d’inflation on utilise l’indice des prix à la consommation (IPC).

                • 

                  Je suis désolé mais rien n’est clair car si "on" a changé le sens de l’inflation, et sur ce point vous avez raison, cela vient d’une méconnaissance profonde de la définition de la monnaie où l’on se bat encore entre les partisans de la monnaie-signe et ceux de la monnaie marchandise. Chacun répète à l’envi comme un mantra, l’imbécilité enseignée partout comme quoi "au début était le troc et un jour c’est devenu trop compliqué et on a inventé la monnaie". Si l’on ne comprend pas la fausseté de cette phrase, on ne peut comprendre la crise.

                • 

                  1. Sauf votre respect, ce que vous ne comprenez visiblement pas, c’est que la hausse générale des prix n’a pas pour seule origine monétaire.

                  2. La monnaie remplit certaines conditions. Mais le cour légal parfois suffit. C’est-à-dire qu’il suffit que l’Etat déclare recevable comme moyen de paiement un objet quelconque, alors il le sera (souvent en matière de recette fiscale). C’est notamment le cas de la monnaie fiduciaire.

                  3. Et puis-je vous demander de nous éclairer sur l’imbécilité suivante?! "au début était le troc et un jour c’est devenu trop compliqué et on a inventé la monnaie"

                • 

                  1. Sauf votre respect, ce que vous ne comprenez visiblement pas, c’est que la hausse générale des prix a pour origine première l’origine monétaire. Je vous invite à retrouver la conférence faite au ministère des finances en 2002 par un professeur d’économie de Bordeaux qui expliquait clairement la dévaluation de 99,95 % du franc Poincaré de 1910 dans la pièce de 20 centimes de franc, son équivalent, au moment du passage à l’euro.

                  2. La monnaie n’est qu’accessoirement un moyen de paiement. C’est un stockage d’énergie humaine mais on ne peut l’expliquer en quelques lignes d’un blog. Il faut d’ailleurs avoir envie de se laisser déranger pour l’entendre.

                  3. Et puis-je vous demander de nous éclairer sur l’imbécilité suivante?! « au début était le troc et un jour c’est devenu trop compliqué et on a inventé la monnaie »
                  Bien volontiers. Si au début était le troc, l’échange des avoirs, dans une famille maman ne ferait l’amour que contre le chèque des courses et papa n’emmènerait les enfants à l’école que s’ils avaient mis la table et rangé leurs chambres. C’est évidemment faux. Au début est une raison d’être ensemble, se multiplier, se défendre, manger ou voyager et à l’intérieur de ce lien social, ce n’est pas l’échange des avoirs mais l’échange des êtres, le don de soi et l’accueil des autres. C’est ce qui se passe encore quand une association se crée.
                  Mais cela fait deux siècles que l’on enseigne des choses fausses. Le résultat s’appelle la crise et va devenir bientôt insupportable.
                  Si vous voulez aller plus loin je vous invite à aller lire mes articles sur mon blog ou lire mes livres.

                • 

                  1. Navré. Mais l’avènement d’autres théories économiques plus récentes auxquelles s’ajoutent les preuves empiriques montre que l’origine monétaire ne permet pas d’expliquer toujours et tout le temps la hausse générale des prix, donc contrairement aux dires de Friedman.

                  Je cite quelques exemples pour vous en convaincre, comme la saturation de l’appareil productif (demande supérieure à l’offre), comme augmentation salariale (ce qu’on observe en Chine), comme le renchérissement de l’importation (du pétrole et des denrées alimentaires par exemple).

                  Il est assez évident donc que la monnaie n’est pas la seule variable explicative de la hausse durable du niveau général des prix.

                  2. La monnaie comme stockage d’énergie humaine. Je suis assez curieux de l’explication.

                  3. Le troc est un bien contre un bien, un service contre un service. Votre exemple sur la famille est inapproprié à mon sens, car les obligations familiales existent tacitement et elles sont telles qu’on ne saurait facturer ni quantifier. Pour la simple raison qu’elles s’inscrivent dans la durée et dans un lien personnel et dynastique (perpétuation de la lignée, etc). Ce qui n’est pas nécessairement le cas d’un échange de biens entre deux individus lambda. Donc, la monnaie sert à faciliter les échanges "impersonnels".

                  Volontiers je ferai un tour sur votre blog.

                • 

                  @Marc Dugois
                  Si, demain, l’Etat autorise le paiement en sacs de blé, le blé sera devenu une nouvelle monnaie. Les masses de blé de toute la planète deviendra alors une immense masse monétaire. Et pourtant, cette immense augmentation de la masse monétaire n’aura eu aucune incidence sur les prix.

                  Le lien entre masse monétaire et inflation des prix ne peut exister que pour une monnaie de Banque Centrale. La manière dont cette monnaie de Banque Centrale est reliée à des biens existant et vendables explique l’inflation en système de Banque Centrale.

                  Lorsque l’émission d’une monnaie est garantie par un bien existant et vendable immédiatement, cette émission de monnaie n’a aucune conséquence sur les prix. L’exemple du blé comme monnaie le démontre amplement.

                  La "doctrine des effets réels" date du 18e siècle. Elle nous dit que tout bien peut servir de monnaie. Elle nous dit aussi que l’émission d’une monnaie garantie par un bien réel n’induit aucune augmentation des prix.

                • 

                  Difficile de répondre sans savoir à qui l’on parle.
                  Un Etat ne peut transformer les sacs de blé en monnaie car une monnaie est par définition pérenne, recherchée, rare, divisible et transportable ce que n’est pas le sac de blé.
                  Mais beaucoup plus préoccupante est l’erreur matérialiste de croire qu’au début était l’échange des avoirs alors qu’au début est l’échange des êtres à l’intérieur d’un lien social qui est la raison d’être du groupe.

                • 

                  @Marc Dugois
                  Le bol de blé fut souvent la seule monnaie des villages pauvres du moyen age. Le blé a certaines qualités monétaires.

                  Considérerons que chacun a désormais le droit de payer ses fournisseurs avec des sacs de blé. L’Etat l’a autorisé. L’État a aussi autorisé que toute société commerciale puisse émettre des promesses commerciales de livraison d’un sac de blé. Chaque promesse est une écriture informatique sur le compte de cette société commerciale. Cette promesse est aussi mise sous la forme d’un billet donnant droit à un sac de blé. Ce billet sert ainsi de monnaie.

                  Vous critiquiez la "qualité monétaire" du sac de blé pour servir de monnaie. Je vous propose le billet d’un sac de blé comme monnaie. Cette monnaie-blé a beaucoup des qualités monétaires d’une bonne monnaie. Je ré-itère donc mon argument en disant que la masse monétaire a beaucoup augmenté par la possibilité d’utiliser la monnaie-blé. Soit en sac, soit en billet, soit en écriture informatique sur un compte.

                  La monnaie-blé existe alors en quantité importante. Et elle n’a induite aucune inflation. Il existe bien une augmentation de la masse monétaire sans inflation. Cet exemple contredit la thèse que toute augmentation de la masse monétaire induirait une augmentation des prix.

  5. 

    Tout comme Jésus n’était pas Chrétien, tout comme Marx n’était pas marxiste, Keynes n’était pas keynésien.

    Et si à long terme il revenait d’entre les morts, il serait crucifié en tant qu’ultralibéral par ses propres prêtres.

  6. 

    Juste une chose quand même, on sait aujourd’hui qu’à un niveau raisonnable (et ce n’est certainement pas le cas de la France), le SMIC est une bonne chose.

    En effet, imposer un coût minimal du travail force les employeurs à investir dans l’optimisation de la productivité des employés et donc à les former. En fait il y a plusieurs situations d’équilibre stable différentes; dont l’une est celle où les employés sont très peu compétents et efficaces, mais très mal payés, ce qui fait que ça n’a aucune conséquence négative immédiate pour l’employeur, et l’autre où l’employeur prend le risque d’investir pour former les employés et pour augmenter la productivité, et cette situation à terme est plus avantageuse pour la croissance que la première. Et le SMIC force les employeurs à se mettre dans le second cas.

    Il n’empêche qu’à un certain niveau la capacité de l’employeur à augmenter la valeur de l’employé atteint ses limites, et le SMIC devient un facteur de chômage par l’exclusion du marché du travail de tous ceux incapable d’atteindre une telle productivité (même dans le premier cas, cet effet existe légèrement mais est compensé par l’influence positive sur la productivité). Au vu des chiffres c’est très, très clairement la situation en France aujourd’hui. Une solution peut-être optimale est de faire comme l’Allemagne et avoir des SMIC différents par branche.

  7. 

    @jmdesp vous exprimez "Une solution peut-être optimale est de faire comme l’Allemagne et avoir des SMIC différents par branche."

    Bonjour,

    Vous allez constater dans 3 ans à peu près que cette solution allemande n’est pas du tout optimale sur le long terme. Les conséquences de cette solution(qui cache en fait une diminution des salaires allemands) vont engendrer une limite au système allemand.

    Afin de borner le salaire en France et d’éviter de creuser davantage les inégalités, il reste fondamental de conserver un Salaire minimum interprofessionnel de croissance unique.
    Quelques branches peinent déjà à recruter, si vous diminuez le salaire minimum interprofessionnel de croissance de ces branches alors ces branches vont mourir.

    Cordialement.

    • 

      Votre réponse manque d’argumentation. C’est vrai qu’il y a une diminution des salaires allemands faiblement qualifiés. Est-elles trop forte ? Il faut voir car le résultat immédiat est un taux d’emploi plus élevé qu’en France, même en pleine crise. En même temps, un bon nombre de ces emplois sont simultanément à temps partiel et mal payé. Ils ne permettent pas à ceux qui les détiennent de sortir de la pauvreté, ce qui fait que dire que c’est bien juste parce qu’ils ne sont pas chômeurs est abusif.
      Oui, mais voilà en France on a *simultanément* un grand nombre de chômeurs *et* d’employés à temps partiel payés le SMIC, et l’impact de l’augmentation du SMIC en augmentation cette catégorie est absolument flagrant.

      Vous dites que certaines branches peinent à recruter. C’est donc que le salaire dans cette branche est trop faible. Un salaire par branche permet justement d’augmenter le salaire minimum dans la branche qui a du mal à recruter, sans impacter toutes les branches de façon éventuellement négative.

  8. 

    @jmdesp:

    Bonjour,

    "l’employeur prend le risque d’investir pour former les employés et pour augmenter la productivité,…Et le SMIC force les employeurs à se mettre dans le second cas."

    —> Je pense que vous confondez le sens du lien de causalité. Le rehaussement du salaire minimum a deux inconvénients: 1) il rend le rapport "qualité/prix" du travail des salariés plus strict. Donc, ceux dont la productivité ne justifie pas le salaire est les premières victimes si jamais l’entreprise décide de jeter du lest. Le fait de former des employés peu efficaces n’est possible que si le chômage est faible. Or, en réalité, l’entreprise sait qu’elle a le choix entre les candidats et elle prend le moins cher. Ou, formulé autrement, elle doit payer un smic de toute façon, autant prendre quelqu’un de plus compétent venu d’ailleurs. Donc, le salarié peu compétent sera victime du rehaussement du salaire minimum; 2) ça dissuade les entreprises d’embaucher.

    La politique publique en France a toujours été celle de la demande, c’est-à-dire en faveur de la demande (salaire, pouvoir d’achat, etc). Or, le problème de la France aujourd’hui est l’offre (on voit bien niveau balance courante + chômage).

    • 

      Ce que j’ai écris au dessus est en fait juste un résumé (que j’espère ne pas avoir déformé) des résultats des études économiques sur le sujet qui établissent rigoureusement, sur la base d’étude empiriques, de constatations sur le terrain, que *aux* *US* l’effet existe et même dans certaines circonstances, la fixation d’un salaire minimum peut diminuer le chômage.

      Ca a été constaté aux Etats-Unis. Mais l’*inverse* est constaté en France. Ca n’est *pas* *contradictoire*. Tout simplement parce que le niveau du SMIC n’est pas du tout le même dans les 2 pays, aux US il est très en-dessous du niveau de productivité des employés, en France il est au-dessus pour une bonne partie d’entre eux.

      Lire le rapport de Cahuc / Cette / Zylberberg au CAE : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/084000688/0000.pdf
      Particulièrement le chapitre 2.2 dont 2.2.1.2 et 2.2.1.3 qui expliquent cela de manière très claire et très accessibles et même destiné à être compris même d’un néophyte en théorie économique. Ne pas se laisser abuser par ce choix de vulgarisation adopté, les auteurs sont de très bons économistes, et au final ce qu’ils présentent est l’état de l’art récent sur le sujet, qui contredit la vision basique, exclusivement "concurrence pure et parfaite", qu’on avait à l’époque de Keynes.

      Donc le chapitre démontre comment la viscosité pratique du marché du travail crée un effet de monopsone pour les employeurs, qui les met en situation de rente, partiellement annulée par la fixation intelligente (et tout la difficulté est dans ce intelligent) d’un SMIC, Là où ces conditions sont réunis, le SMIC n’a plus d’effet négatif sur le niveau de chômage, et incite même plus de personnes à rechercher de l’emploi. Cf le résultat aux US des études évoquées ici sur plusieurs états ayant augmenté le salaire minimum : http://www.americanprogress.org/events/2011/06/07/17113/raising-the-minimum-wage-rebuilding-the-economy/

      Par contre ça n’est pas le cas en France où un point de SMIC détruit environ 20 000 emplois d’après les études, cf http://www.lemonde.fr/economie/article/2012/06/22/augmenter-le-smic-detruit-des-emplois_1723377_3234.html

      • 

        "Tout simplement parce que le niveau du SMIC n’est pas du tout le même dans les 2 pays, aux US il est très en-dessous du niveau de productivité des employés, en France il est au-dessus pour une bonne partie d’entre eux."

        —> Vous venez de répondre à votre propre remarque.

        Le smic en France réduit l’accès au travail car il n’est pas justifié par la productivité de certains bénéficiaires. Donc, rehausser le smic en France ne fera qu’aggraver la situation. Cette conclusion est même tirée du rapport que vous avez collé dans votre message.

        Le seul argument qui corrobore votre point de vue est aux USA. Et aux USA, le smic est justement en dessous de la productivité des bénéficiaires.

        Donc tout est clair.

  9. 

    Tsss, tsss : opus magnuM.

    Excellent papier sur l’éminent membre de la British Eugenics Society (encore une chose que ne vous dira pas votre prof à l’Éducation Nationale…).

  10. 

    Bonjour,

    Je crains de ne pas du tout pouvoir être d’accord avec vous. En fait, je pense que votre billet souffre d’un défaut méthodologique. Comme Keynes était un être éminemment hypocrite et que ses œuvres sont remplies de contradiction (ne serait-ce qu’au sujet des relations entre l’épargne et l’investissement…), il me semble impossible d’adopter un raisonnement du type « Il est faux que Keynes prône de faire X, car en page 257 de la TG, il écrit Y ».

    1° Le keynésianisme est très proche du marxisme, le folklore en moins. Il est en effet fondé sur les théories de la valeur-travail et de la sous-consommation. Ce n’est pas parce que Keynes juge que le marxisme de base est un peu vulgaire et populaire pour lui qu’il ne partage pas des pans importants de la théorie marxiste.

    2° Concernant son hommage au capitalisme et à l’individualisme : c’est clownesque. La section 3 du chapitre 24 de la TG, d’où vous avez extrait les propos cités, est un chef-d’œuvre d’incohérence et d’hypocrisie. Dans cette même section, Keynes prône en effet « une assez large socialisation de l’investissement » ( !). Tout ce que ces lignes démontrent, c’est que Keynes voulait avancer masqué.

    3° Pour ce qui est du caractère « conjoncturel » des politiques keynésiennes : vous citez des propos tenus en 1937. De fait, vous trouverez difficilement une indication dans ce sens dans la TG. Au contraire, Keynes y écrit expressément que sa médecine devra être mise en œuvre tant que l’on n’aura pas atteint un niveau proche du plein emploi. Comme, par ailleurs, Keynes se refuse à toute mise en cause du syndicalisme, je vois difficilement comment le keynésianisme pourrait être autre chose qu’une politique structurelle.

    4° Concernant le « SMIC » : Vous citez des lignes de la TG où Keynes dit reconnaître (d’une manière un peu tortueuse, du reste) que des salaires minima trop hauts peuvent être cause de chômage. Il dit la même chose des revendications syndicales. Le problème est que, aussitôt ce théorème admis, Keynes s’empresse de le nier, ou, plus exactement, de le contourner. Sa conclusion, dans le chapitre 2, est ainsi qu’il ne faut incriminer l’action des syndicats (« Les économistes classiques ont supposé tacite¬ment que ce fait ne changeait pas grand chose à leur théorie, Mais ce n’est pas exact. Car, si les salaires réels ne sont pas la seule variable dont l’offre de travail dépend, leur raisonnement s’écroule tout entier et on peut se demander si l’emploi effectif n’est pas complètement indéterminé ». // « Tout syndicat opposera une certaine résistance à une amputation des salaires nominaux, si faible soit-elle. Mais, puisqu’aucun syndicat ne songe à déclencher une grève chaque fois que le coût de la vie augmente, on ne peut, comme le fait l’école classique, voir dans l’action de ces organismes l’obstacle qui s’oppose dans tous les cas aux progrès de l’emploi global. ») ; pis, il écrit noir sur blanc, dans la section 2 de ce même chapitre (p41 dans Payot 2005), qu’une baisse de salaire ne peut pas réduire le chômage. Voilà tout Keynes : il n’attaque presque jamais de front les théories classiques (ce serait peine perdue), mais commence par leur rendre un hommage hypocrite, avant de soutenir que dans certaines circonstances (qui se trouvent être la situation habituelle de l’économie de son temps), ces théories classiques cessent d’être applicables.

    5° Concernant l’inflation. Vous citez des extraits de ses premiers écrits où Keynes plaiderait contre l’inflation. Je ne les ai pas lus. En revanche, j’ai bien lu la TG. Or, d’un bout à l’autre de cet ouvrage, Keynes ne fait que prôner l’inflation. Il ira même jusqu’à trouver l’argument magnifique que voici : de toute façon, « la monnaie nouvelle n’est imposée à personne » !!

    6° Concernant les taux d’imposition, je n’ai pas d’information particulière.

    • 

      Ce qu’on pourrait conclure de la synthèse de mon billet et de votre commentaire, est qu’au fond on pourrait faire dire tout et n’importe quoi à Keynes, et que dès lors il ne rime à rien d’essayer de se l’approprier, ce qui au fond est la position de mon billet.

      Pour l’inflation, ce ne sont pas des citations extraites au détour d’un paragraphe. Keynes consacre littéralement des dizaines de pages à attaquer l’inflation. J’ai choisi les extraits qui synthétisent de longues démonstrations sur le sujet. Après on pourrait discuter d’un éventuel changement de doctrine de sa part.

      Il me semble que sur le caractère contra cyclique de la relance, le fait que Keynes explique la chose en 1937, soit un an après la publication de la TG montre que c’est une précision quant à la "bonne" compréhension de sa TG. D’ailleurs, l’efficacité de la relance budgétaire repose sur la situation sur le marché monétaire – la fameuse trappe à liquidité – ce qui sous-entend clairement un caractère circonstancié.

      Sans ça je suis d’accord avec vous que Keynes tourne autour du pot pour ne pas outrer les classiques, c’est l’impression que cela m’a aussi donné, et c’est ce que j’essayais d’indiquer au début de ce billet.

      • 

        J’ai bien compris que vous vouliez avoir une approche "neutre" de Keynes, mais je ne peux pas non plus y souscrire. Certes, j’ai commencé par critiquer le fait de bâtir un raisonnement sur de simples citations de Keynes, avant de me mettre moi aussi à produire des citations. Mais mon but n’est pas de dire qu’on peut interpréter Keynes comme on le veut. A mon sens, les lignes de fond de la TG sont très objectivement discernables : inflation, syndicalisme, pouvoir des hauts fonctionnaires, autoritarisme. En revanche, pour se couvrir ou se préparer des retraites stratégiques, Keynes sème dans ses écrits un certain nombre de propos contraires à ses idées de fond. Ma conclusion n’est donc pas : "on peut interpréter Keynes comme on veut" mais, "pour savoir ce qui dit Keynes, il faut l’étudier dans le texte et ne pas se laisser impressionner par les citations contraires". L’ennui est que, dans le cadre d’une discussion de blogue, on peut difficilement aller au-delà de citations.

        Notez que mon interprétation personnelle n’est pas que Keynes voulait éviter d’ "outrer" les classiques. Au contraire, entre deux hommages obséquieux, il adore leur donner des coups de tatane. S’il évite en général de les attaquer de front, c’est qu’il n’en a pas les moyens.

        • 

          Décidément vous ne l’aimez pas… Vous ne partagez apparement pas mon voeu de le sauver malgré tout des griffes des Duflot et Montebourg.

          • 

            Effectivement, je ne l’aime pas, mais vous pouvez essayer de me faire changer d’avis en me montrant que, malgré toutes ses tares, il a au moins eu quelques idées originales et vraies.

            Pour l’instant, parmi ses "contributions", je ne vois que des choses erronées :

            – le taux d’intérêt n’est pas le "prix de l’argent" ;
            – l’emploi ne dépend pas fondamentalement de la "demande globale" (il n’en dépend que si les salaires sont rendus rigides contre la volonté des demandeurs d’emploi) ;
            – le chômage involontaire en marché libre est un non-sens ;
            – le "multiplicateur" est un non-sens ;
            – la loi de Say n’énonce pas que "l’offre crée sa propre demande"
            – l’investissement ne peut se faire sans épargne ;
            – son "unité de travail" est un non-sens ;
            – sa présentation de la notion de "désutilité du travail" est totalement erronée ;
            – sa distinction entre "taux d’intérêt" et "efficacité marginale du capital" est un non-sens.
            – sa théorie du cycle commercial est vide.

            Tout au plus est-il possible qu’il ait fait une contribution à la science économique en soulignant l’importance de l’incertitude dans son chapitre 12. Je ne connais pas assez l’histoire de la pensée économique pour pouvoir en juger.

    • 

      J’ai lu avec intérêt votre commentaire et la question que je me pose est pourquoi Acrithène, vous et moi n’arrivons pas à additionner nos énergies en laissant les Politiques faire n’importe quoi pour être élus.
      Ma réponse, qui n’est pas forcément la bonne, est que nous parlons d’économie qui n’est que de la philosophie où la définition des mots est essentielle, alors que tout cela est déguisé en pseudo science qui fait croire en une vérité révélée qui n’est qu’un tissu d’erreurs. L’enseignement de l’économie est à revoir de fond en comble en y faisant revenir le bon sens et sortir la vanité des phrases compréhensibles uniquement par les initiés scientifiquement déformés. L’économie c’est l’action et le bon sens y est totalement nécessaire.
      Laissons nos égos de côté et trouvons un langage commun pour additionner nos énergies ou nous confronter sur du concret.

    • 

      J’ai peur que vous trouviez un paquet d’économistes récents qui eux aussi après avoir rendu hommage aux théories classiques, expliquent comment les imperfections du marché, l’absence dans la réalité de concurrence pure et parfaite, de fluidité absolue, d’agents totalement rationnels et omniscients même pris comme un groupe, font qu’en certaines circonstances, qui se trouvent être la situation habituelle de l’économie, ces théories classiques cessent d’être parfaitement applicables.

      La différence avec Keynes, c’est les études d’économétrie qui démontrent que ce qu’ils décrivent est bien la réalité, au lieu de fonctionner juste par intuition.

      • 

        Qu’un "paquet d’économistes récents" puissent le soutenir, je n’en doute une seconde, mais, à moins de démontrer la recevabilité de l’argument d’autorité, cela n’établit en rien que les théories classiques puissent cesser en certaines circonstances "d’être parfaitement applicables".

        De surcroît, il serait difficile de réfuter les théories classiques en arguant de "l’absence dans la réalité de concurrence pure et parfaite, de fluidité absolue et d’agents totalement rationnels et omniscients" puisque lesdites théories, qui étaient relativement bien ancrées dans la réalité, ne reposaient absolument pas sur de telles hypothèses.

        En réalité cette histoire de CPP et tout ça illustre bien la méthode de "réfutation" des économistes classiques que je décrivais plus haut à propos de Keynes : il s’agit, après un hommage de façade, d’insinuer que ces théories reposaient sur certaines conditions, conditions qui sont ensuite reconnues irréalistes, afin de conclure que les théories classiques sont "devenues" inapplicables.

        Quant aux "études économétriques", si elles peuvent présenter quelque intérêt en finance ou en dans le commerce, elles ne présentent pas la moindre valeur en science économique (complexité des phénomènes économiques + différence choix/réponse à un stimulus + absence d’unité de mesure = l’empirisme n’est pas scientifique en économie).

        • 

          Je suis intéressé de voir en quoi les théories classiques ne repose pas là -dessus.
          Tout dépend peut-être où on arrête le classique. Vous considérez ce qui repose sur l’utilisation des optimum de second rang comme classiques ?

        • 

          J’arrête le classicisme à la révolution marginaliste. Tout prétention à la détermination d’un "optimum", qu’il soit de premier ou de second rang, me semble relever du post-classicisme. La recherche d’un optimum revient toujours plus ou moins à juger le laissez-faire au nom de situations jugées idéales (du moins par les auteurs de ces théories : en réalité, l’instauration de la "CPP" serait une catastrophe) mais qui ne pourront (et heureusement) jamais êtres réalisées.

          Plus précisément, par "classiques", j’entends des gens comme Turgot, Condillac, Smith, Bastiat, Ricardo ou Say. Je suis loin de connaître ces auteurs sur le bout des doigts (en particulier Ricardo) mais je ne me souviens pas avoir jamais rencontré chez eux des idées approchant même de loin les notions de CPP ou de rationalité absolue (même si l’idée d’entrepreneur est effectivement peu présente chez Smith et Ricardo).

  11. 

    Pour ce qui est de la passion de Keynes pour l’individualisme et "les libertés", j’ai oublié de citer sa préface à la seconde édition allemande, mais je pense que, de toute façon, tout le monde la connaît déjà.

  12. 

    Une citation de Keynes qui peut t’être utile, Acrithène:

    "The class war will find me on the side of the educated bourgeoisie."
    Essays in Persuasion, 1931

    "La guerre de classes me trouvera du côté de la bourgeoisie éduquée."

    Pas socialiste, mais, tragiquement, un élitiste étatiste incohérent qui revendiquait ouvertement son immoralité…

  13. 

    Ce n’est pas très sérieux, mais on comprend les visées politiques de cet article! Comment peut-on écrire que Duflot aurait bloqué les loyers???

  14. 

    En tant que libéral, je m’insurge, je ne pense pas que l’inflation soit du vol, du moins pas plus que la déflation. Un changement de la valeur de la monnaie, quel qu’il soit, peut effectivement effectuer un transfert de pouvoir d’achat d’un groupe vers un autre (des créditeurs vers les débiteurs ou vice-versa), mais je ne vois pas de justification sérieuse à une requalification d’un tel phénomène en "vol". Ce qui compte, c’est l’évolution du pouvoir d’achat réel, la stabilisation des prix n’apparait pas nécessairement comme souhaitable. Steve R. Waldman explicite bien ce point ici: http://www.interfluidity.com/v2/3359.html

    • 

      "Le vol est un accaparement d’un bien sans l’accord de son propriétaire". C’est une définition cohérente et qui ne dépend pas du pays. La question n’est pas de savoir si le voleur fera ensuite des choses utiles, ou non, avec son butin. La question n’est pas non plus de savoir si la victime du vol sera bénéficiaire des largesses de son voleur. La question n’est pas non plus de savoir si la victime serait heureuse, ou non, de savoir que son argent aurait servi à enrichir un plus pauvre que lui. La qualification de vol est uniquement une qualification juridique fondée sur une morale commune et universelle.
      En ce sens, l’impôt est du vol. Il serait spécieux d’affirmer que la victime aurait été consentante. Il serait contestable de soutenir que le contribuable aurait donné son agrément à l’impôt sous le prétexte qu’il n’a pas encore quitté le pays, ou qu’il aurait voté, ou encore qu’il aurait refusé de voter.

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