La distinction charges patronales / charges salariales existe-t-elle ?

7 September 2013 — 29 Comments

La part du débat public qui trouble le plus ma conscience d’économiste n’est pas celle contenant ces sujets sur lesquels les hommes politiques, les journalistes ou les enseignants racontent n’importe quoi. Certes, cela me rend souvent nerveux. Cependant, beaucoup plus troublant pour moi est le temps qu’occupent dans le débat politique des sujets qui n’ont strictement aucune existence concrète.

Par exemple, au collège comme au lycée, nos professeurs d’histoire nous apprennent qu’en 1936, le Front Populaire a mis en place les premiers congés payés. Evidemment, le jeune public trouve l’innovation extraordinaire : être payé à bronzer sur la plage, qui pourrait s’en plaindre ?

Mais la chose a-t-elle vraiment un sens ? Imaginons que demain, le Parlement vote une loi qui décrète que, désormais, les consommateurs ne paieront que la chaussure gauche, et que les commerçants devront leur offrir la chaussure droite pour toute chaussure gauche achetée. Y verrions-nous une grande avancée du combat pédestre, ou une loi absurde par laquelle la chaussure gauche coûterait le prix d’une paire de sorte que la droite puisse être offerte ?

Mon histoire de chaussure est totalement similaire à celle des congés payés. Les 25 jours de congés modifient l’offre et la demande de travail de sorte que les salaires sont diminués de la même manière que si la loi prévoyait 25 jours de congés obligatoires non-payés. En 1936, la nuance « obligatoires »/« payés » avait temporairement du sens car le patronat n’était pas en situation de répercuter immédiatement les jours de travail perdus dans les salaires, mais une telle nuance ne peut survivre à moyen terme.

Pourtant, le concept de « congés payés » est à ce point présent dans notre quotidien, et depuis si longtemps, qu’on y souscrit comme on souscrirait à celui des chaussures droites gratuites si un gouvernement l’avait imposé il y a des décennies. La « chaussure droite gratuite » n’a qu’un seul effet : rendre impossible l’achat de la chaussure gauche séparément. Le seul effet concret d’une telle loi est de doubler le prix payé par les unijambistes. Pour les autres, elle n’a aucun autre effet que d’entendre les hommes politiques de droite répéter qu’en France les chaussures gauches coûtent deux fois plus cher qu’ailleurs, et les hommes de gauche leur répondre que le droit de marcher ne se marchande pas, et que l’abrogation de la gratuité de la chaussure droite serait une régression pédestre. Absurde d’un côté comme de l’autre !

Mais le concept concrètement inexistant et d’actualité que je souhaite dénoncer dans ce billet est celui d’une répartition des charges sociales entre employeurs et salariés. Sur le papier, il séduit presqu’autant les électeurs que l’idée d’être payé à bronzer. Pensez-vous, on va faire payer les patrons. Dans la réalité, cette distinction n’a aucune existence. Si l’ensemble des cotisations étaient officiellement à la charge des salariés, rien au monde ne serait changé, si ce n’est les sophismes du débat politique : ce qui aurait, en fait, d’importantes conséquences.

En économie, l’inexistence de la distinction charges patronales/charges salariales fait partie d’un résultat plus large qu’on appelle « équivalence de l’incidence fiscale » et qui démontre que l’Etat est incapable de cibler les redevables « concrets » de l’impôt. Qu’une taxe sur les produits de luxe, par exemple, peut n’avoir aucun effet sur leurs consommateurs, mais être entièrement porté par les ouvriers qui les produisent. L’Etat choisit les activités taxées, le marché seul détermine les parties prenantes à cette activité  qui pâtiront de la taxe. J’y avais consacré un long article en janvier dernier (lien).

Certains lecteurs crédules de la rhétorique politique et syndicale auront espoir que cette théorie n’est qu’une lubie d’ « ultra-libéral ». Ce qui m’amène, avant de traiter du fond, à un petit argument d’autorité. Une fois n’est pas coutume.

Au chapitre 18 de son manuel d’économie publique, Joseph Stiglitz[1], prix Nobel d’Economie et caution intellectuelle de la gauche, indique, en gras :

« It makes no difference whether the social security tax (payroll tax) is paid half by the employer and half by the employee, or entirely paid by one or the other. »

 « Cela ne fait aucune différence que les cotisations sociales soient payées pour moitié par l’employeur et pour moitié par le salarié, ou entièrement par l’un ou l’autre. »

Explication rapide

Pour une explication détaillée des mécanismes économiques qui assurent l’équivalence entre charges patronales et salariales, je renvoie à mon article « L’Etat ne décide pas de qui paie les impôts » et j’en résume rapidement ici les grandes lignes avant de développer une analogie enfantine.

Si on veut résumer l’effet des cotisations sociales sur le marché du travail, il suffit de dire qu’il existe une différence entre « ce que paye l’employeur » (le « super brut ») et « ce que reçoit le salarié ». Cette différence est égale aux cotisations salariales et patronales réunies.

L’équilibre économique est définit par la situation pour laquelle cet écart entre « salaire super brut » et « salaire net » est observé et que l’offre et la demande s’égalisent.

Prétendre qu’il y a une différence logique entre charges salariales et charges patronales, c’est prétendre qu’il y a une différence entre les deux énoncés suivants :

  1. Le patron paye x€ de plus que ce que reçoit le salarié
  2. Le salarié reçoit x€ de moins que ce que paye le patron

D’après les psychologues, les gens comprennent mieux les exemples par analogie que les raisonnements abstraits. Alors imaginons deux enfants, Léa et Léo, qui négocient le partage d’un paquet de 20 bonbons. Au début de la négociation, leur père indique qu’il prélèvera 2 bonbons. Puis les enfants déterminent la part de chacun.

Y-a-t-il une quelconque raison logique que les quatre modalités de négociations suivantes soient différentes ?

  1. Le père annonce qu’il prélèvera 2 bonbons sur la part de Léa.
  2. Le père annonce qu’il prélèvera 2 bonbons sur la part de Léo.
  3. Le père annonce qu’il prélèvera 1 bonbon à chacun.
  4. Le père prélève immédiatement 2 bonbons et laisse les enfants négocier le partage des 18 bonbons restant.

Les enfants ne devraient trouver aucune différence et ne devraient raisonner que sur le nombre final de bonbons qu’ils obtiendront parmi les 18 non-prélevés. Seuls le fait qu’il n’y a plus que 18 bonbons, le rapport de force entre Léa et Léo et les autres éléments qu’ils peuvent intégrer à la négociation décident de la répartition finale. Les quatre problèmes sont identiques.

Qui paye ?

La question intéressante n’est donc pas ce qu’annonce le père des enfants quant à la manière dont il prélèvera les 2 bonbons, mais comment Léa et Léo décident d’eux-mêmes de la répartition du coût de la gourmandise de leur père.

Dans mon autre billet, je vous expliquais comme dans un manuel d’économie que cela dépendait des sensibilités relatives de l’offre et de la demande aux prix. Pour faire bref, si Léa peut trouver auprès d’autres personnes tout ce que Léo a à lui offrir, ou pire qu’elle n’en a rien à faire, alors il est prévisible que les deux bonbons seront prélevés sur la part qu’aurait eu Léo en l’absence de prélèvement. Et inversement.

Mais dans le cas de la Sécurité Sociale, le problème est encore plus simple. En effet, le père ajoute que les deux bonbons prélevés aujourd’hui, qu’ils soient prélevés à Léa ou Léo, seront rendus demain à Léo. Autrement dit, Léo ne perd pas grand-chose à l’intervention du père, car le prélèvement lui sera rendu un jour. Sur le papier, c’est aussi le cas des cotisations sociales, censées payer des prestations futures au seul salarié.

Maintenant considérez les trois lois parentales suivantes et essayez de déterminer dans quelle mesure elles sont différentes.

  1. Le père prendra 2 bonbons sur la part de Léa et les donnera à Léo
  2. Le père prendra 2 bonbons sur la part de Léo et les donnera à Léo (!)
  3. Le père prend 2 bonbons avant la négociation et les donnera à Léo

Dans les trois cas, la logique dicte que les enfants réduiront de 2 bonbons ce qu’aurait été la part de Léo sans intervention du père. Autrement dit, Léo paye l’ensemble du prélèvement, car c’est à lui qu’il est restitué.

Evidemment, la Sécurité Sociale ne fonctionne pas comme cela : elle sera incapable de rendre les cotisations intégralement, mais le fait que les prestations soient pour les salariés et non les employeurs impliquent qu’elles sont réellement payées par les salariés.

En effet, les cotisations patronales réduisent la demande de travail, ce qui déjà se répercute à la baisse dans les salaires. Mais en plus elles accroissent – en tous cas pour les promoteurs de l’Etat providence – l’intérêt de travailler, par le biais d’une amélioration des droits sociaux. Elles accroissent donc aussi l’offre de travail de la part des ménages, ce qui doit aussi provoquer la baisse des salaires. C’est donc un double mécanisme qui permet aux charges patronales de se répercuter sur les salaires nets, et d’être en définitif portés par les salariés.

______

[1] J E Stiglitz, Economics of the Public Sector, Second Edition, W W Norton and Company, New York and London, 1988, chapter 18 (“Tax incidence”) (lien)

29 responses to La distinction charges patronales / charges salariales existe-t-elle ?

  1. 

    Votre scepticisme en rapport avec l’avancée sociale qu’a constitué l’institution des congés payés (en 1936) ne résiste pas à l’analyse..
    1 vous ne posez pas la question historique de savoir qui prenaient des congés avant
    (à savoir les nantis et leur famille, les rentiers, donc vraiment très peu de monde)
    2. vous ne parlez pas de l’énoooorme flux économique généré par la masse de travailleurs qui se ruent vers les lieux touristiques en juillet, en aout., en février etc..

    Donc vos conclusions harpagonesque (toujours le fameux Qui paye ? libéral)
    sont nulles et sans intèrêt.
    Car qui dépense ? est le bon motif.

    • 

      1. C’est hors sujet, la question n’est pas de savoir si les congés existent ou non pour tous, mais s’ils sont payés ou pas. Je ne conteste pas que les congés obligatoires existent, je conteste qu’ils soient payés.
      2. Sophisme de la vitre brisée, les flux seraient aller quelque part de toute manière.

      • 

        Les flux ne seraient allés nulle part ailleurs puisque lorsque les congés payés n’existaient pas le commerce touristique “de masse” n’existait pas.
        Ceux qui vivent de ce commerce touristique de masse grace à l’argent des congés payés doivent bien rire de vos élucubrations.

        • 

          Vos propos sont absurdes. S’il n’y avait pas de tourisme de masse, l’argent de cette activité irait ailleurs. Dans un autre secteur y créant les emplois que vous voyait aujourd’hui dans le tourisme.

          • 

            Evidemment vous avez raison. Le propre des socialistes façon harisbiurg est de ne voir que ce qui se voit et d’ignorer ce qui ne se voit pas. Propension dénoncée par Bastiat, que l’on pourrait qualifier de “vrai” socialiste, dans son ouvrage ‘ce qui se voit et ce qui ne se voit pas’

  2. 

    La comparaison avec la paire de chaussure,n’est bon dans la mesure où elle est de fait “indivisible” (jamais vendue à l’unité); toutefois je reconnais ne pas avoir d’idée alternative à proposer ;

    • 

      Les congés payés sont aussi indivisibles de l’emploi, si vous avez un emploi, alors vous avez des congés payés de par la loi. C’est effectivement l’idée de “package” qui est clé.

  3. 

    Cette démonstration a un vice qu’on voit souvent : elle est statique. Elle est vraie “à long terme”, quand nous serons tous mort comme disait l’autre (dont Stiglitz est un héritier, ceci expliquant cela). Mais d’ici là… les cotisations changent, tout le temps, et ce n’est pas neutre. En cas de hausse (par exemple … mais le contraire est plus rare) :
    – Les cotisations “salariales” s’ajustent immédiatement (le salaire net est réduit, point final).
    – Les cotisations “patronales”, non : le salaire super-brut est augmenté, sans baisse du net. Le patron devra s’ajuster (réduire son personnel, augmenter ses prix au risque d’une perte de volume, etc.) mais ça prendra du temps et en attendant il encaisse le coup(t), c’est à dire qu’il décaisse de l’argent en plus.

    C’est un peu comme si vous disiez que l’inflation n’a pas d’importance parce que la réalité économique finit toujours par revenir (avec une vengeance). Hélas…
    Pour prendre votre exemple : le père prenait 2 bonbons “sur la part de léa” et 2 “sur la part de léo”, pour les donner à léo, et puis il décide que maintenant ce sera 3 bonbons chacun. léa ne peut pas immédiatement renégocier avec léo leur part respective, et si sa part devient trop faible elle peut sortir du jeu, de sorte que tous les bonbons disparaissent

    • 

      Cette théorie fumeuse de dire que ce sont les salariés qui payent les cotisations patronales est une absurdité à laquelle seuls des idiots peuvent adhérer.
      Politiquement elle a l’avantage de faire croire au gens qu’ils ONT DROIT à un salaire SUPER-BRUT qui serait la somme de leur salaire net + cotisations salariales + cotisations patronales.
      Et de faire miroiter l’espoir d’un gros salaire à celui dont le salaire net (versé sur son compte bancaire) est minable.
      Mais c’est une arnaque totale, une pathétique tentative d’endoctrinement pour gogos.
      .
      Si l’Etat augmente le taux des charges salariales, le salarié qui les paye (par deduction sur son salaire brut) touchera un moindre salaire net.
      Si l’Etat augmente le taux des charges patronales, le salarié qui ne les paye pas (car elle ne sont pas déduites de son salaire brut) touchera le même salaire net et ne sera pas impacté du tout.
      Le patron qui subira une augmentation des charges patronales
      aura diverses possibilités
      -augmenter le prix de vente de ses services au client (c’est ce qui se fait dans 90% des cas)
      – éventuellement ralentir l’embauche

      En aucun cas il ne pourra répercuter financièrement sur le salarié déjà dans l’entreprise toute hausse des charges patronales en diminuant soit le salaires brut, soit le SMIC
      Il ne pourra non plus modifier à la baisse les grilles salariales interprofessionnelles

      Toute autre analyse, c’est de la littérature pour endoctriner les salariés.

      • 

        Et bien, rémi, si les enseignants sont tous comme vous, les résultats PISA (et autres) s’expliquent !
        Donc selon vous Stiglitz est un “idiot” qui développe une “théorie fumeuse” ; comme quasiment tous les autres économistes disent la même chose, vous avez manifestement une voie royale vers le “nobel” d’économie.
        Et les syndicats (qui tiennent mordicus à la théorie du “salaire différé”, c’est à dire que les cotisations sont une partie du salaire, auquel les gens “ont droit”) pratiquent “une arnaque totale, une pathétique tentative d’endoctrinement pour gogos.”. Plutôt comique.
        D’où il suit logiquement que d’après vous les “cotisations” ne sont que des impôts ; qui sont levés par des organismes privé (URSSAF etc.). Mon petit doigt me suggère que la logique n’est pas votre fort, et que vous récuserez cette interprétation ; mais mon petit doigt est mauvaise langue.

      • 

        “Il ne pourra non plus modifier à la baisse les grilles salariales interprofessionnelles”
        Grilles salariales !!
        Dans le privé, au dessus du SMIC, on en est à la personnalisation des rémunération depuis quelques années (le SMIC reste une anomalie de fonctionnement, mais le transfert [SMIC -> chômage] et [emploi à coût minimum -> Pays Etranger] n’est pas très surprenant)
        Les fonctionnaires ont toujours du mal à parler du business privé avec leurs notions de grilles, d’ancienneté, d’échelons, etc…

      • 

        Bonjour,

        Et bien Mr l’enseignant, je vous invite à vous mettre à votre compte et nous reparlerons de vos théories quand vous connaitrez la réalité de la pratique des caisses RSI/URSSAF, du taux réel des prélèvements qui avoisinent les 57% et de leur soit disant répartition ….

        C’est quand même effarent de recevoir des leçons par des personnes qui ne connaissent manifestement rien à l’entreprenariat et dont l’employeur est le plus mauvais payeur.
        L’Etat ne se préoccupe pas de son CA il le module à loisir en ponctionnant ce dont il a besoin quitte à prendre de l’argent dans les caisses de retraite ou de santé et de les assigner à d’autres fins en déplorant un déficit des-dit caisses….

        Et pour information les budgets prévisionnels de la République sont calculés sur le PIB x l’inflation de l’année N+1 et non de l’année N-1 c’est pourquoi les dépenses augmentent chaque années.

        Maintenant il est à noter 3 catégories :

        1/ Les entreprises du CAC40 et les assimilables de plus de 100 000€ de bénéfices
        Profiteuses en masse du système et pour qui la majorité des avantages fiscaux sont créés.
        2/ Les entreprises de moins de 100 000€ de bénéfices.
        3/ L’artisanat, les professions libérales, les petits commerces (TNS)

        Votre commentaire est juste à propos de ce que cela change, mais votre raisonnement est faux sur le fond :

        Toutes les charges des entreprises sont payées par le CA qu’elles développent, les bénéfices sont ce qui permettrait les augmentations de salaires, mais le PS a plafonné les salaires en créant le SMIC pour soit disant protéger les travailleurs, du coup ce sont bien les salariés qui supportent le cout des charges par un pouvoir d’achat qui s’amenuise au fur et à mesure que ces charges augmentes, à cela s’ajoute l’inflation.

        Et c’est ce que veut démontrer l’analyse.

        La dédoublement des calculs de charges Salariales et patronales n’est que le fruit de pouvoir prendre 2 bonbons à chacune des parties soit 4 bonbons et non pas 2, voir de moduler le prélèvement de l’une ou de l’autre indépendamment en faisant croire que cela n’a aucune incidence, mais le résultat est le même pour le salarié au SMIC car c’est bel et bien lui la première victime et la seconde victime est le client qui se voit devoir payer un produit plus cher sans aucune raison technique ou qualitative valable.

        Le résultat en est la “pauvrétisation” des revenus les plus bas, cela devrait être condamnable pour mise en danger d’autrui.

    • 

      P, pour que votre objection soit valide, il faut des hypothèses fortes :

      – absence d’anticipations de la part des agents, alors que les hausses de cotisations sont annoncées à l’avance.
      – rigidité forte des salaires, alors que les hausses de cotisations se trouvent toujours dans la marge d’inflation (et donc dans la marge d’érosion naturelle des salaires).

      Le père annonce toujours plusieurs mois à l’avance, et dans la marge du changement naturelle du nombre de bonbons disponibles (en termes nominaux).

      • 

        non, pas besoin d’hypothèse forte. Pas besoin d’hypothèse du tout, même : l’observation de la réalité suffit. C’est vous qui avez besoin d’hypothèses pour réfuter la distinction :
        * anticipation (en réalité c’est seulement un outil pour éviter de se faire prendre ultérieurement dans une rigidité salariale ; paradoxalement, donc, avancer cet argument revient à reconnaitre l’existence de la rigidité salariale et donc affaiblir l’argument suivant)
        * flexibilité “suffisante” des salaires
        L’inflation, il est vrai, accroit la flexibilité salariale. Elle peut suffire à absorber des petites augmentation de la part patronale (alors qu’il n’est pas nécessaire de faire appel à elle pour la part salariale), mais elle ne peut pas servir deux fois, alors qu’une entreprise peut fréquemment avoir besoin de flexibilité pour d’autres raisons.

  4. 

    A propos des congés payés:
    1/ Le seul intérêt du système pour le salarié est de maintenir la possibilité de les prendre, sans pression de l’employeur.
    2/ Les désavantages :
    argent perdu si congés non pris
    contraintes sur la durée et les dates
    Pas possible de prendre l’argent et de travailler plus pour gagner plus
    A noter que l’on paye souvent les emplois familiaux majorés de 10%, ce qui intègre ainsi les CP.
    3/ L’intérêt du système est surtout syndical. Surtout avec les caisses de gestion des congés payés, comme la caisse CNPBTP à qui l’employeur verse les congés (100%), et qui reverse les congés aux employés s’ils prennent ces congés (< 100%). Où va la différence, devinez !

    A propos des charges patronales / salariales:
    Pour un marché libre, c'est à dire les salaires au dessus du SMIC, la règle de l'offre et de la demande rend la séparation illusoire. Ce que verse le patron s'ajuste automatiquement.
    Pour les salaires entrant dans une grille, on peut concevoir que le patron est un peu coincé, qu'il n'est pas possible d'ajuster le superbrut avec la loi de l'offre et de la demande. Mais au final, au niveau macro économique, l'impact sur tut les superbruts cumulés réapparait, et la ponction fiscale finit par ralentir le coup de pouce sur le SMIC. Le résultat est donc le même, à plus longue échéance.

    • 

      @ leoleleor
      “3/ L’intérêt du système est surtout syndical. Surtout avec les caisses de gestion des congés payés, comme la caisse CNPBTP à qui l’employeur verse les congés (100%), et qui reverse les congés aux employés s’ils prennent ces congés (< 100%). Où va la différence, devinez !"

      Vos sources concernant la caisse de congés du BTP leoleleor ?

      Car, je peux vous apporter une totale contradiction à vos affirmations ayant mon épouse qui travaille dans la branche BTP.
      Comme vous le dites, il est exact qu'un salarié du BTP qui prend 5 jours de congés (payés) voit sa feuille de salaire brut amputée de 5 jours d'absence
      Mais d'un autre coté, et après déclaration de prise de congés à la caisse du BTP celle-ci lui fera un virement de salaire (avec prélèvements sociaux) correspondant à la retenue de salaire brut des 5 jours + une majoration de 30% sur ce montant.
      Donc il y a gain pour le salarié à prendre ses congés payés. plutôt que de travailler sans les prendre
      Vos propos sont mensongers de laisser croire que la caisse (les gestionnaires ou des syndicats) rafle un pourcentage au détriment du salarié. C'est archi-faux ! ! !

      • 

        @Riton
        J’ai personnellement travaillé dans le BTP.
        La caisse gère les congés à la place de l’entreprise. Cela nécessite du personnel, non bénévole, pour gérer cet argent (et le placer en attendant de le virer aux salariés).
        Le coût de ce personnel est financé par les salariés.
        Si des congés ne sont pas pris, ce qui arrive de temps en temps avec des cadres, l’argent reste à la caisse et n’est pas rendu au salariés.
        Bien sûr, avec le système de délégation, il est possible de s’en prémunir en partie, mais le salaire des gestionnaires reste…

  5. 

    L’argument infaillible qui supprime la séparation entre les charges est le cas des “prestataires”.
    Dans les entreprises type SSII, il est fréquent que des salariés se mettent à leur compte. L’employeur compare le coût du salaire complet (superbrut) et le coût journalier que demande l’ex-salarié. Côté salarié, l’intérêt réside dans la liberté et la possibilité de frais professionnel étendus et déductible.
    Pour conclure, ceux qui maintiennent l’existence de la séparation ente les 2 types de charges n’ont aucune connaissance du marché du travail, en France et à l’étranger…

  6. 

    @Acrithène

    Pour autant si papa ne prenait rien ni a Leo ni à Lea… ce n’est pas pour autant que Léa donnerait plus de bonbons à Léo. Léa est comme tout le monde : même sans nécessité elle veut toujours plus de bonbons.

    Léo est cheminot à BAC+3 . Léo, rappelons le, n’a pas eu des chances identiques à celles de Léa : le système des Grandes Écoles en France étant jusqu’à peu un outil de reproduction sociale .En plus la mère de Léa a payé des cours particuliers à Léa, mais pas la mère de Léo.
    Oui : Léa et Léo sont demi-frères.

    Alors imaginons que papa ne mettre plus son gain de sel….même si dans les faits cela ne change rien pour Leo, l’énervement de Leo irait grandissant… et ça papa l’a bien compris.
    Et papa, il l’aime son poste de Papa.

  7. 

    Et maintenant, cher Acrithène … que se passerait il si c’était Léa qui décidait légalement de la part de bonbons de Léo… et Léo la part de bonbons de Léa ?

    Papa prenant la part pour laquelle ils ne se seraient pas mis d’accord ?

  8. 

    L’employeur raisonne en coût total puis à partir de cette masse et en fonction de la contribution attribue un salaire total. A partir de ce salarie total sont retranchée les cotisations patronales et salariales donnant le salaire net. C’est pourquoi il existe souvent des disparité en ce que pensent pouvoir toucher un salarié et ce que va verser l’employeur. les deux sont dans la majorité des cas de bonne foi mais ne calcule pas de la même manière. Ceci étant dit, les cotisations permettant d’avoir accès à des prestations sociales sont à intégrer au salaire et font partie au final de la rémunération.

  9. 
    Casse Noisettes de nul part 16 January 2014 at 15 h 25 min

    Savez vous comment font les éléphants pour se cacher ?
    Ils mettent des lunettes noires.
    Avez-vous déjà vu des éléphants avec des lunettes noires ?
    Non !
    C’est la preuve qu’ils sont bien cachés.

    Un enfant s’émerveille devant le soleil qui se lève et se couche à l’horizon et ne peut accepter l’idée que ce qu’il voit n’est pas vérité.
    La terre tourne et le soleil, ni ne se lève, ni ne se couche.
    Votre article, c’est le le mythe de la caverne de Platon.
    Les ombres projetées sont vérités.

    Alors que des têtes pensantes, philosophes, économistes, …, s’interrogent aujourd’hui sur la notion de travail dans une société moderne de plus en plus automatisée, vos questionnements me semblent dérisoires et sans intérêts.

    Il faut changer de paradigme.
    Voir au delà des ombres projetées.
    Je vous conseille cette émission sur France Culture :

    http://www.franceculture.fr/emission-la-grande-table-2eme-partie-la-societe-marchande-et-le-narcissisme-2014-01-09

    Où cet article dans le figaro, car même à droite, certains commencent à imaginer derrière les ombres, la réalité d’un monde en mutation :

    http://www.lefigaro.fr/emploi/2014/01/15/09005-20140115ARTFIG00399-pourquoi-le-travail-et-l-emploi-vont-disparaitre.php

    Avec le respect que je porte à celles et ceux qui débattent.
    Parce que nous souhaitons tous, je l’espère, un monde plus moral et plus juste.

    Cordialement,
    Casse Noisettes

  10. 

    Acrithene 8 septembre 2013 à 20 h 26 min
    1. C’est hors sujet, la question n’est pas de savoir si les congés existent ou non pour tous, mais s’ils sont payés ou pas. Je ne conteste pas que les congés obligatoires existent, je conteste qu’ils soient payés.
    2. Sophisme de la vitre brisée, les flux seraient aller quelque part de toute manière.
    ———
    Nous vivons parmi des gens qui croient que l’école est réellement gratuite …
    C’est tout dire …

  11. 

    Bonjour,

    Votre commentaire est une analyse économique réel mais de base, la proportion des prélèvements est en fait en 3 réalités:

    1/ Le père prélèvera 2 bonbons à la base = reste 18
    2/ Le père prélèvera 1 bonbon sur la part de chacun = reste 18
    2/ Le père prélèvera 2 bonbons à chacun = reste 16

    et c’est sur cette dernière que les prélèvements société son calculés

    Par contre la réalité c’est bien que tout prélèvement est une charge pour l’entreprise et que au final c’est bien le salarié qui pâtit de toute augmentation, autant sur son net que sur son pouvoir d’achat, car toute augmentation de charge d’une entreprise est répercutée sur le cout du produit final !!!

    On arrive à un SMIC net de 1100€ environs pour un seuil de pauvreté de 957€ !!!!!

  12. 
    remi-enseignant 4 April 2014 at 10 h 26 min

    Avec le remaniement ministériel d’après élections municipales, dans son allocution François Hollande a promis qu’il y aurait prochainement une baisse des cotisations salariales.
    Donc une amélioration automatique du salaire net .
    Vous voyez bien que l’augmentation du salaire réel ne peut se faire qu’en agissant sur le niveau des charges salariales; et en aucun cas en agissant sur le niveau des charges patronales.
    Dire que c’est le salarié qui supporte les charges patronales est un mensonge idéologique

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  1. Charges patronales ou salariales, c'est toujours vous qui payez | Contrepoints - September 9, 2013

    […] Sur le web […]

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