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Si la jeunesse s’attend à un départ à la retraite à 70 ans, et en conservant les paramètres actuels du régime général, le rendement qu’elle peut attendre de son investissement est nul. En particulier, la pension que recevra un homme sera deux fois moindre que la rente qu’il aurait obtenue en prêtant ses cotisations à l’Etat.

Un sondage récent mené par l’Ifop montre que 48% des jeunes de moins de 25 ans s’attendent à partir à la retraite après 70 ans. Est-ce crédible, et quelles sont les conséquences financières ?

Commençons par un petit rappel comptable. Les recettes du système par répartition sont égales à la cotisation moyenne par salarié multipliée par le nombre de salariés. Les dépenses sont égales à la pension moyenne multipliée par le nombre de retraités. Soit, à l’équilibre :

Cotisation moyenne x Actifs Occupés = Pension moyenne x Retraités

On peut blablater longtemps sur l’équité, mais la vérité comptable est aussi basique. Seules trois variables peuvent rééquilibrer un système en déficit :

  • L’âge de la retraite, qui ajuste le nombre d’actifs et de retraités
  • Le niveau des pensions
  • Le niveau des cotisations

L’hypothèse du départ à 70 ans

Si on suppose qu’on ne touche pas aux cotisations et aux pensions, l’hypothèse d’un départ à la retraite à 70 ans pour un jeune ayant actuellement 25 ans est-elle réaliste ? Pour répondre à cette question, il suffit de se demander si une retraite à 70 ans est nécessaire pour assurer un rapport actifs/retraités de 2060 égal à celui de 2013.

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Cet article propose une preuve mathématique que le système de retraite par répartition est une chaîne de ponzi, c’est-à-dire qu’il relève du même procédé financier que l’arnarque de B. Madoff. 

A quelques occasions, je vous ai indiqué que la retraite par répartition était une chaîne de Ponzi, et que ce fait relevait des mathématiques et donc dépassait toute analyse sur la conjoncture ou la démographie. C’est-à-dire qu’un mathématicien dans sa tour d’ivoire, ne connaissant strictement rien au monde extérieur, pouvait dès le début montrer que ce système était impossible, et ce hors de toute considération concrète. Et d’ailleurs, les économistes le savaient.

J’imagine que certains de mes lecteurs sont déjà sceptiques quant à l’usage des mathématiques en économie sans considérations pour le concret. Je leur répondrais que quelque chose qui respecte les mathématiques n’est pas nécessairement réel (et donc ni digne d’intérêt). En revanche, quelque chose qui ne respecte pas les mathématiques ne peut tout simplement pas être réel.

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Dans un système de retraite par répartition, les cotisations par actif doivent croître au même rythme que le ratio de dépendance démographique (Retraités/Actifs) et la croissance du montant moyen des pensions. Une telle évolution aboutira à un taux de cotisation représentant la moitié du salaire brut en 2040.

Mon précédent billet vous présentait les projections alarmistes sur l’avenir du système de retraites par répartition. Mais me contentant de reprendre les scénarios envisagés par le Conseil d’orientation des retraites, je n’ai pas vraiment contribué à votre compréhension des mécanismes qui expliquent le dérapage prévisible des comptes de la Sécurité Sociale. Ce billet a pour objet de me rattraper, d’être moins descriptifs et plus analytique.

Pour commencer cette analyse sur une base consensuelle, rappelons brièvement ce qu’est la retraite par répartition en citant un site internet de la République française, vie-publique.fr.

« Dans un système de retraite par répartition, les cotisations, versées par les actifs au titre de l’assurance vieillesse, sont immédiatement utilisées pour payer les pensions des retraités. »

Mais, moins consensuelle, petite parenthèse sur la manière dont l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) définit une chaîne de ponzi, dans son document « Réponses relatives à l’affaire Madoff »

« Ce type de fraude consiste à rembourser les premiers investisseurs avec l’argent des suivants, en faisant croire aux premiers qu’ils ont réalisé une bonne affaire et en cachant aux seconds que leur argent a disparu en les remboursant avec l’argent des troisièmes. »

Je laisse votre esprit faire les rapprochements nécessaires… et vous propose quelques calculs dérivant de la définition consensuelle.

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Selon les hypothèses très optimistes du Conseil d’orientation des retraites, le déséquilibre des retraites aboutira, à lui seul, à une hausse du ratio Dette publique/PIB de plus de 100 points. La correction de ce déséquilibre par le seul report de l’âge de la retraite la repousserait à plus de 70 ans.

Dans mon dernier billet, je vous présentais des projections délirantes sur les déséquilibres futurs de l’Assurance Maladie. Aujourd’hui, deux graphiques sur la partie retraite de la Sécurité Sociale. A nouveau, je me base sur les projections réalisées par les administrations publiques en charge de la question, ici le Conseil d’orientation des retraites (COR).

Le COR propose des projections de déficit du système de retraite par années, pour 2015, 2020, 2030, 2040 et 2050. Il envisage trois scénarios différents :

  • Dans le Scénario A, la France retrouve le plein-emploi (chômage à 4,5%) aux alentours de 2020, et la productivité du travail par tête s’accroit de 1,8% par an. C’est le rêve.
  • Le Scénario B prévoit lui aussi le retour au plein-emploi aux alentours de 2020, mais la croissance de la productivité du travail par tête se limite à 1,5%.
  • Enfin, dans le Scénario C, le chômage converge vers les 7% mais la croissance de la productivité du travail reste égale à 1,5%. C’est le pire scénario envisagé.

Personnellement, je trouve l’hypothèse d’un chômage à 7% en 2020, le scénario pessimiste du COR, assez optimiste. Le chômage n’a jamais été en-dessous des 7% depuis 1982 (source). Mais je vous laisse vous faire votre idée.

Dans le graphique suivant, pour chaque scénario, je n’ai fait que reprendre les prévisions de déficit pour 2015, 2020, 2030, 2040 et 2050 et j’ai tiré des droites pour extrapoler les déficits annuels intermédiaires. D’après les estimations du Conseil, en 2020, le système de retraite aura un besoin de financement (déficit) d’entre 40 et 50 milliards d’euros (de 2008, donc hors inflation). Rien que ça !

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Dans mon dernier article sur la dette publique, je vous expliquais qu’au regard des précédents historiques, lorsqu’une économie avancée voit sa dette s’élever au-dessus de 90% de son PIB, elle met en moyenne un quart de siècle à redescendre sous ce seuil. Mais c’est sans compter sur l’énorme dette implicite qui pèse aujourd’hui sur l’Europe des vieux et qui viendra s’ajouter à la dette comptable au cours des 25 prochaines années avec l’explosion du papy boom.

D’après la BCE, avant le début de la crise financière (2007), la somme des dettes explicites et des obligations implicites de la sécurité sociale de la zone euro avoisinait les 400% du PIB, contre 170% aux Etats-Unis. Voyons de quoi il s’agit…

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(Initialement publié en septembre 2010)

La problématique des retraites n’est pas une question comptable comme on aime à le dire. Il s’agit bien davantage d’un souci financier et politique.

Financier, car le système lie une cotisation présente à une pension future, dont le montant et le moment sont incertains à long terme, sujets aux variations du climat économique, politique et démographique. Politique, car son fonctionnement repose sur un marchandage démocratique dans lequel les grands parents empruntent aux parents en échange d’une créance sur leurs petits-enfants, plus ou moins engagés sans avoir voté.

Dans ce jeu, une génération peut se retrouver flouée. Pour l’éviter, chacune se doit calculer son "rendement" (son retour sur investissement). L’objet de cet article est d’expliquer conceptuellement comment, et de mettre en évidence pourquoi l’essentiel des manifestants réclame aveuglement le droit de se faire rouler.

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