Les fantasmes du Conseil d’Orientation des Retraites

16 mars 2013 — 39 Commentaires

Les projections de déficits du Conseil d’Orientation des Retraites reposent sur des hypothèses dont les plus pessimistes sont au-dessus de l’historique des vingt dernières années. A l’horizon 2030, ces hypothèses fantaisistes négligent des dizaines de milliards de déficit.

Lors de la dernière campagne présidentielle américaine, un candidat à l’investiture américaine (Rick Perry) avait déclaré, comme je l’ai déjà écrit moi-même, que le système de retraite par répartition était un schéma de Ponzi, provoquant une forte réaction des défenseurs de la sécurité sociale américaine, qualifiant cette comparaison d’ânerie. Un commentateur de mes propres billets sur le sujet et ayant le sens de la formule a qualifié la référence à Ponzi/Madoff de point Godwin de l’économie.

Cependant, grâce au débat américain, on a retrouvé quelques noms s’étant dans le passé associés à cette ânerie. Milton Friedman, d’abord, avait qualifié en 1999 le système de « plus grand ponzi de la planète ». Mais il ne suivait en cela qu’une comparaison établie par Paul Samuelson en 1967. Un couple intéressant car Friedman et Samuelson sont probablement respectivement les économistes les plus influents du libéralisme et du keynésianisme de la seconde moitié du XXème siècle. Le très progressiste Paul Krugman avait lui-même qualifié le système de Ponzi, avant de se rétracter lorsque les conservateurs américains se sont mis à le citer à ce propos.

Economiquement, une chaîne de Ponzi se définit comme un système dans lequel d’anciens investisseurs ne sont pas rémunérés avec le rendement de leur placement, mais avec les dépôts de nouveaux investisseurs. Ce qui correspond à la mécanique du système des retraites, dans lequel les pensionnés ne touchent pas le fruit de leurs cotisations passées, mais récoltent les cotisations actuelles des actifs.

Aussi, le meilleur argument que j’ai pu trouver pour dire que la retraite par répartition n’est pas un Ponzi vient du droit et non de l’économie. En effet, une chaîne de Ponzi est une fraude, dans laquelle le mécanisme sous-jacent est caché et dont la comptabilité est truquée. Mais dans le cas du système par répartition, le mécanisme est de notoriété publique et les comptes de la sécurité sociale publiés. En cela, la sécurité sociale se distingue d’une fraude, et donc d’un Ponzi. C’est cet argument que je souhaite analyser.

La première remarque, est que la raison pour laquelle un escroc souhaitant initier une pyramide de Ponzi doit mentir sur sa nature et maquiller sa comptabilité est que sans quoi personne ne lui confierait d’argent. Dans le cas de la sécurité sociale, la participation étant assurée par la coercition de la loi, il n’est pas à ce point nécessaire d’en cacher le mécanisme ou d’en déguiser la comptabilité.

Mais mon objection principale porte sur la lisibilité comptable du système. D’abord, la comptabilité d’un système par répartition n’a que peu de rapport avec celle d’un fonds d’investissement ou d’une entreprise. Par principe, comme les cotisations sont immédiatement reversées aux pensionnés, la répartition, si elle est en équilibre, n’a pas d’actif, donc pas non plus de bilan.

Mais surtout, s’il existait réellement une comptabilité digne de ce nom, les cotisants devraient recevoir une feuille répertoriant, les dépôts effectués, la valeur des droits à la retraite accumulés, et la différence entre les deux (c’est-à-dire les pertes ou profits). Tenir une comptabilité requiert de publier la valeur de ses obligations financières. Dans un fonds d’investissement, vous ne savez pas quelle sera la valeur de votre capital dans dix ans, mais au moins avez-vous sa valeur de marché actuelle.

Concrètement, la meilleure perception que peut avoir le cotisant au système par répartition français de la valeur de sa participation vient de la projection de la situation financière du système à long terme. En la matière, les documents de référence relayés par la presse sont les rapports du Conseil d’Orientation des Retraites (COR). D’abord, ces projections garantissent un déficit permanent, mais surtout elles sont une escroquerie. C’est ce dernier point que je veux vous démontrer simplement.

Pour réaliser les projections alarmistes que vous lisez dans la presse, le Conseil, composé de politiciens et de syndicalistes, doit se fonder sur des hypothèses démographiques et économiques ridiculement optimistes.  Ce tableau issu du rapport du COR (p.15) résume les hypothèses des dernières projections.

Hypothèses COR

Le tiers monde paiera !

Les hypothèses démographiques sont capitales, mais aussi relativement fiables à cette échelle de temps. L’immigration constitue la principale source d’incertitude.

L’hypothèse explicite retenue dans tous les scénarios est un solde migratoire nettement plus fort que celui des trois dernières décennies. Le graphique suivant présente l’évolution du solde migratoire français depuis 1980, et dont la moyenne annuelle s’établit plutôt à 66 000 personnes.

Solde migratoire

L’hypothèse sous-jacente est une bonne performance du système d’intégration des immigrés afin qu’ils puissent cotiser au système de retraite. Dans un article récent dont je vous avais parlé (lien), Algan et al. montraient que le taux d’emploi des enfants d’immigrés était très inférieur à la moyenne nationale. Ainsi, seul un enfant d’immigré d’Afrique noire sur quatre disposerait d’un emploi.

Enfin comme le montre clairement l’exemple espagnole, rendre le système social dépendant de l’immigration accroît considérablement son exposition aux retournements de l’économie, et donc de l’attractivité du pays. Le solde migratoire espagnol a chuté de près d’un million d’habitants par an depuis l’éclatement de la crise (lien).

Le retour des Trente Glorieuses

Une fois le principe du repeuplement par l’immigration acté, le Conseil invoque un miracle économique. Deux variables clés sont explicitement considérées. Une troisième, bien plus importante, est beaucoup plus tacite et n’apparaît pas dans le tableau récapitulatif des scénarios.

La première variable est la croissance de la productivité apparente du travail (PIB par actif occupé), car en supposant les salaires alignés sur cette productivité, la croissance de la productivité détermine celle des salaires et donc des cotisations.

Concrètement, la croissance de cette productivité est la différence entre le taux de croissance du PIB est celle de la population active (cf. p20). C’est-à-dire la croissance du PIB par actif.

Pour juger de la crédibilité des scénarios proposés, je propose de les comparer aux vingt dernières années. Le graphique suivant présente les 5 scénarios et la productivité en base 100 en 1989. On y voit qu’au regard des vingt dernières années, tous les scénarios proposés par le COR sont au-dessus de ce qui s’est réellement passé. Le scénario médian (B) correspond à une hausse de 43 pts de la productivité par actif, soit trois fois plus que ce qui a été observé entre 1989 et 2009 (+ 16 pts). Seul l’hypothèse C’ semble correspondre aux deux dernières décennies, en ignorant l’effet de la crise de la dette.

Productivité

L’autre hypothèse sur laquelle repose le rapport du COR est un recul plus ou moins marqué du taux de chômage. A nouveau, si l’on se réfère aux taux de chômage observés ces vingt dernières années, les hypothèses du COR semblent excessivement optimistes. Le chômage n’a jamais été en dessous de 7% (hypothèse pessimiste du COR) depuis 1981.

Chômage

Mais la réduction du chômage n’est qu’un leurre dans les projections fantaisistes du Conseil. Le graphique qui suit est copié-collé du rapport de décembre 2012 (p.31).

Emploi COR

Il montre l’évolution du nombre de cotisants. On y voit que le Conseil espère une création d’environ 3 millions d’emplois nouveaux d’ici 2025-2030. Pendant le même temps, la population des 20-65 ans se contractera légèrement, passant de 37,8 millions à 37,5 millions, d’après les projections de l’INED (avec le solde migratoire à +100 000). Cela implique donc un passage du taux d’emploi d’environ 67% à 76%, correspondant donc à un gain de 9 points. Ce qui signifie que même le retour attendu depuis quarante ans au plein emploi (chômage à 4,5%) ne suffit pas à soutenir l’hypothèse du Conseil, qui doit être accompagnée d’une forte participation des plus de soixante ans à l’emploi.

L’histoire que se raconte le COR est que le report de deux années de l’âge de départ à la retraite justifie la révision opérée vis-à-vis des projections qu’il avait établies en 2010. Cependant, si on regarde le graphique, on voit que la révision ajoute deux millions de cotisants en 2030. Et là, j’ai du mal à retrouver la substance absorbée par les sages, car deux classes d’âges représentent environ 1,6 millions d’individus. Donc même à supposer un taux d’emploi de 100% (le taux d’emploi des 55-64 ans est de 41,5% (source)) et l’ajustement total à la réforme, on n’arrive pas à 2 millions de cotisants en plus grâce à la réforme.

Quantifier l’entourloupe

D’après l’INSEE, la France a créé 6 millions d’emplois en 55 ans, soit environ 110 000 par an depuis 1955 (source). Cette croissance de l’emploi a été soutenue par la féminisation du travail et une hausse de 12 millions de personnes de la population des 20-64 ans (source).

Mais ce que veut nous faire croire le Conseil, c’est que la France créera 3 millions d’emplois d’ici 2030, c’est-à-dire, 167 000 par an (à supposer qu’on commence cette année), dans un contexte de stagnation de la population active et sans apparition d’un troisième sexe.

La question, c’est quel est l’impact d’une diminution du nombre des cotisants prévus ? En 2011, les ressources du système des retraites représentent 13.2% du PIB pour 25,5 millions de cotisants. Cela représente environ 10,35 milliards par million d’actifs. Ensuite, en appliquant le taux de croissance des salaires selon l’hypothèse centrale du COR (Scénario B), on arrive à 13 milliards en moins, par million d’emplois manquants en 2030.

Donc une correction de un million d’emplois en 2030 – ce qui laisse à l’économie française la charge de créer deux millions d’emplois d’ici là – fait passer le déficit du scénario B en 2030 de 27.5 milliards à 40 milliards.

L’hypothèse conservatrice d’une stabilité du taux d’emploi de la population active accroît le déficit projeté d’environ 25 milliards par an, ce qui dans le Scénario C propulserait le déficit de 2030 à 65 milliards par an. On retrouverait alors plus ou moins la projection établie par le rapport du COR en 2010, qui projetait un déficit de 80 milliards par an dans le scénario C en 2030.

Comme je l’avais indiqué dans mon billet reprenant les estimations du Rapport de 2010 du COR, le seul système des retraites doublerait le ratio dette publique/PIB de la France d’ici à 2040. Ce qui est juste impossible. Les hypothèses de miracle économique décrites par le COR sont une fraude politique. Rappelons pour soutenir la crédibilité de ce billet que la Banque des Règlements Internationaux de Bâle projette la dette publique française à 300% du PIB en 2030 et suggère le report de l’âge de la retraite comme principale solution (Cecchetti, Fender & Zampolli, 2010).

Bibliographie :

  • Onzième Rapport du Conseil d’Orientation des Retraites, Décembre 2012 (lien)
  • Stephen Cecchetti & Madhusudan Mohanty & Fabrizio Zampolli, 2010. « The future of public debt: prospects and implications, » BIS Working Papers 300, Bank for International Settlements.(lien)

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39 responses to Les fantasmes du Conseil d’Orientation des Retraites

  1. 

    Merci pour ce billet. Avec vous, c’est toujours très clair et argumenté.
    Dire que le COR est censé être un organisme ‘indépendant’!
    Plus sérieusement, je ne pense pas qu’un seul de nos responsables politiques n’aura assez de courage pour remettre en cause ce système: qui voudra prendre la responsabilité d’annoncer à toute une génération de français qu’ils ont financé un système à fonds perdus? Nos politiques sont "attachés" au système par répartition!
    Le plus probable, c’est qu’on attende jusqu’à l’effondrement ‘naturel’ du système, malgré toutes les rustines qui seront posées au fur et à mesure. Comme en Union Soviétique.
    Petite remarque: la variable ‘solde migratoire’ est à prendre avec des pincettes, car elle suppose qu’un immigré produira la même richesse que l’émigré qu’il remplace. Il me semble que cette hypothèse est largement fausse: en France, on importe des pauvres et des illettrés et on exporte des riches et des diplômés.

    • 

      Oui je pense aussi que le système fera une faillite progressive, offrant des pensions toujours plus petites (on commence cette année avec la non indexation) et toujours plus tard.

      Pour le solde migratoire je suis d’accord avec vous, mais hélas on manque beaucoup de données sur le sujet et donc c’est un peu difficile d’argumenter sur le sujet avec davantage que des "opinions". Et puis je ne suis pas certain que ce soit vrai pour tous les pays. Le cas espagnol montre que les émigrés venaient bien pour travailler et non toucher des allocs, vu que la fin de l’emploi a aussi provoqué la fin de l’immigration. Cela dit la source de l’immigration espagnole n’est pas la même que celle de la France, le monde hispanique (Amérique du Sud) n’étant pas le monde francophone (Afrique).

  2. 

    Pourriez-vous faire un jour une présentation théorique du passage de la répartition à la capitalisation?
    Ce genre de transition ne doit pas être aussi simple que de dire: "lundi, c’est capitalisation."
    Comment assurer le paiement de ceux qui sont à la retraite ou proche et ne pas asfixier les jeunes capitalisants?

    • 

      On m’a déjà posé cette question et elle n’a pas de réponse politique qui ne tienne pas de la science fiction.

      Il faudrait commencer par créer une société en faillite, un peu à la Réseau Ferré de France, dans laquelle on enregistrerait le solde de la dette des engagements financiers du système de retraite. La BCE l’avait évalué à 330% du PIB en 2007, donc disons avec une très gentille hypothèse qu’on ferait apparaître une dette de 6000 milliards d’euros.

      Ensuite, les cotisations sociales (26% du salaire brut) seraient retirées, ou bien dédiées à un fonds capitalisés d’Etat – si on prend l’hypothèse d’une capitalisation gérée publiquement.

      Pour gérer la dette des retraites, il faudrait créer un impôt nouveau. En imaginant qu’on se contente de rouler la dette à l’infini, on aurait environ 180 milliards à ponctionner sur l’économie chaque année jusqu’à la nuit des temps. Soit environ 9% du PIB au début, et probablement 0.001% en 2500.

      Personnellement je ne crois pas à ce scénario. D’abord il est politiquement impossible. Ensuite, économiquement, plus le monde sera mondialisé, plus la concurrence fiscale entre pays jouera. Pourquoi une activité économique – qu’il s’agisse d’une entreprise ou d’un travailleur – accepterait de payer un surcroît de 9% d’impôts en France si elle peut juste s’installer ailleurs ?

      Le scénario le plus probable est une faillite (pas stricto sensu) progressive. Une non revalorisation des pensions et un report de l’âge de départ à genre 70 ans. Ensuite la répartition survivrait sous la forme d’une capitalisation à fonds négatifs. En parallèle, les travailleurs qui voudront vivre correctement et s’arrêter plus tôt créeront spontanément des systèmes par capitalisation (ce qui est de facto déjà le cas).

      Plus cette évolution est retardée, plus elle sera douloureuse.

      • 

        Une analyse objective aurait conduit à une analyse des systémes par capitalisation ( au USA, en GB et dans les pays européens du Nord) et à une comparaison des deux systémes avant de semer la panique parmi les retraités dont 75% environ vote à droite et les futurs retraités)En l’état, cet article est une compilation de thémes bien connus
        Pour éviter les insultes habituelles à laquelle je suis habitué car j’exprime souvent des opinions "hérétiques"., je précise que je suis défavorable à l’immigration pour solution de tous nos problémes et que le systéme français actuel est effectivement à bout de soufle.
        Je suis d’accord sur l’analyse suivante:les pensions ne seront plus revalorisées à hauteur d’une inflation sous-estimée et la retraite à taux plein sera repoussée à 70 ans que le pouvoir soit de droite ou de gauche

        Cela ne veut pas dire que l’on ne pourra pas partir avant soixante dix ans à la retraite.Mais partir avant de mourir au travail, impliquera une vie d’épargne , d’investissements pour ceux qui le peuvent et donc une vie frugale.

        Cela suppose que des dévaluations ou des politiques favorables aux plus favorisés ne ruinent pas une vie d’efforts d’épargne et d’investissements

        Connaissant depuis des dizaines d’années les élites françaises qui se sont succédées au pouvoir et les innombrables dévaluations,on peut raisonablement se demander si le meilleur investissement pour la retraite des générations futures ne serait pas de changer le mode de sélection des élites françaises( pour tout le spectre politique , pour les grandes entreprises, pour les économistes et les journalistes) dans les meilleurs délais

    • 

      La solution qui a été adoptée par la majorité des pays ayant effectué la transition consiste à créer pour chaque épargnant une obligation dont le principal est égal au montant théorique accumulé jusque là dans le système par répartition. Pour le dire autrement, une personne ayant cotisé 30 des 40 années requises reçoit un titre équivalent à 75% de la totalité des allocations retraites qu’elle aurait perçu dans le système par répartition. Naturellement, ce montant est largement hypothétique…

  3. 

    Intéressant ! Dans le fond tout le monde est d’accord sur le fait que notre système de retraite soit à terme intenable. Néanmoins pas sûr que le système de retraite soit avant tout une pyramide de Ponzi. Certes il est basé sur la solidarité intergénérationnelle mais aussi (et surtout) sur le travail. Or aujourd’hui nos politiques économiques favorisent le capital au dépend du travail (faible inflation, forte taxation du travail et non du capital …). Tout cela pour dire qu’en changeant de perspective, on en arrive à des conclusions économiques et politiques différentes : politique de relance de l’économie en faveur de l’emploi, et pas de système de retraite par capitalisation (qui ne fait que renforcer le poids du capital).

    • 

      Bonsoir,

      En France la taxation du capital tend à rejoindre celle du travail ce qui pose problème. En effet, la justification d’une plus faible taxation du capital vient risque inerrant à tout investissement. Quand un investisseur place son capital, il prend le risque de le perdre par la faillite de l’entreprise bénéficiaire. Quand on travaille, on n’a pas ce risque de perte de richesse. La perte du travail n’est pas un appauvrissement, celle du capital, oui.
      C’est pour cela que la taxation du capital doit être impérativement inférieur à celle du travail. Sinon, c’est la fin de l’investissement.

      • 

        Attention certes, dès qu’on emploie des grands ou gros mots, bref des concepts comme capital ou travail on est souvent réducteur. Le capital c’est vaste (entre les fonds spéculatifs, les investissements du patron de PME, les parents qui transmettent …). Mais bon reste que d’après "les experts" (au niveau macro): M. Timbeau a travaillé sur la question avec Mathieu Plane, pour un article à paraître dans la revue de l’OFCE. "Selon nos calculs, le taux moyen de taxation du capital est au final de 10%, tandis que celui du travail est plutôt à 20%" http://decodeurs.blog.lemonde.fr/2012/03/09/taxation-du-capital-la-vision-optimiste-de-valerie-pecresse/
        Mon argument était surtout de faire valoir les différents aspects du système de retraite (taxation sur le travail et pas seulement l’aspect intergénérationnel), et non de rentrer dans un débat sur la fiscalité !

        • 

          L’origine du financement est en effet importante. Dans la capitalisation, il s’agit de la distribution d’une création de valeur permise par l’épargne. Dans la répartition, il s’agit d’une taxe qui crée du chômage et décourage l’activité.

          La distinction imposition du capital/du travail n’est pas très pertinente à long terme, elle est scandaleuse dans le cas présent car elle est ex post, fondamentalement rétroactive. A long terme il y a équivalence fiscale entre l’imposition du travail et celle du capital.

          http://theoreme-du-bien-etre.net/2013/01/02/letat-ne-decide-pas-de-qui-paie-les-impots/

  4. 

    Une petite remarque à éliminer ensuite: espagnol et non espagnole dans le dernier paragraphe "Le tiers monde paiera". Sinon c’est excellemment rédigé, car à plusieurs reprises on se prend à anticiper votre pensée.

  5. 

    "dans un contexte de stagnation de la population active et sans apparition d’un troisième sexe"

    Vous etes pessimiste : il "suffit" de ne plus torturer les chiffres du chomage (chomeurs radies, 80% au baccalaureat, etc…) pour augmenter considerablement la population active…

  6. 

    Une tres bonne analyse des hypotheses du COR, merci. J’avais un billet en preparation sur le meme theme (gains de productivité, hypothese de chomage, etc), je n’ai plus qu’a le reecrire haha! En tt cas rien de tel que les donnees.

    Par contre je ne suis pas sur de suivre pourquoi les retraites par repartition est un schema de Ponzi. En l’etat actuel, il court a droit a la faillite, soit, mais il me semble que ca n’est pas un critere suffisant…

  7. 

    Monsieur Acrithene,

    Vous parlez à propos de notre système de retraite par répartition d’une chaine de Ponzi, (d’autre fois vous parlez de système à la Madoff Pffffff !) utilisant une définition qui n’a aucun sens dans ce cas de figure.Et qui d’ailleurs n’a jamais été utilisé par personne sauf par les libéraux qui veulent changer le système mais n’a aucune légitimité de vouloir le faire car la majorité veut conserver ce mode de fonctionnement.
    .

    • 

      Au moins trois prix Nobel d’économie de manière écrite, cela n’est pas "personne".

      • 

        Trois Prix Nobel ? qui donc ?
        Un système de Ponzi est par définition une escroquerie financière, un acte de malveillance.
        Le système de retraite français n’a jamais été conçu avec cette intention.
        Donc votre comparaison est nulle.
        J’aimerai aussi vous demander si vous mettez sur le même plan (et donc condamnez) le principe de la retraite par répartition et les méthodes bancaires couramment admises du monde capitaliste, mais qui déboucheraient sur leur faillite, si tous les déposants désiraient récupérer l’intégralité de leurs dépots au même instant. ?

        • 

          Milton Friedman, Paul Krugman, Paul Samuelson… C’est écrit dans l’article.

          Si la retraite par répartition n’est pas une escroquerie, pourquoi nous force-t-on à y contribuer et pourquoi fait-on des projections mensongères à son propos ?

          Quand Hollande ment pendant une campagne électorale en affirmant que le système peut fonctionner avec un départ à 60 ans, il s’agit évidemment d’un acte de malveillance intéressé.

          Le système par lequel les banques prennent un risque de liquidité pour favoriser les investissements de long terme est très bien. Le seul moyen d’éviter ce problème est d’avoir un taux d’intérêt de 0% (c’est-à-dire de ne pas reprêter l’argent des déposants). A nouveau, vous être libre de faire ce choix, il suffit de garder votre argent sous votre lit. A partir du moment où vous voulez que votre argent fasse des petits, il faut bien qu’il quitte les coffres de la banque où vous l’y avez déposé. Et dès lors qu’il a quitté les coffres, il n’est plus possible pour la banque de rembourser tous les déposants dans l’hypothèse que vous évoquez.

          Ce billet parle longuement de la question illiquidité/rentabilité du système bancaire : http://theoreme-du-bien-etre.net/2013/02/04/la-confusion-entre-banque-universelle-et-too-big-to-fail/

          • 

            Le COR ne fait jamais de projections d’avenir mensongères.
            Tout au plus pouvez vous lui reprocher de ne pas être assez pessimiste sur la situation économique ou la croissance du pays dans 10 ou 15 ans. Mais les prévisions sur la croissance n’engagent que ceux qui y croient et ne concernent pas le système de retraite.

            En comparant le système de retraite par répartition et les modes de fonctionnement bancaire vous êtes incohérent.
            Car d’une part vous admettez qu’il est normal que les banques soient à court de liquidités si tous les deposant voulaient brutalement recuperer leurs avoirs.
            Mais d’un autre coté, concernant le système de reatraite vous reprochez quoi au juste ?
            De ne plus pouvoir toucher vos revenus de retraite, le jour venu, car il n’y aura plus d’argent ?

            • 

              Vous confondez la richesse et l’argent.

              Une banque ne peut pas immédiatement vous rendre votre argent, mais une banque est normalement solvable, c’est-à-dire qu’elle a des actifs dont la valeur est comparable à celle des dépôts. Autrement dit, l’incapacité à rendre l’argent n’est qu’un problème de liquidité. Il s’agit d’un problème temporaire, mais la richesse que vous avez déposée existe toujours, elle est juste piégée momentanément dans des machines, des maisons etcetera qui ont été financées avec votre épargne.

              Dans le systéme de retraite, votre cotisation a disparu. La raison pour laquelle on ne peut pas vous la rendre n’est pas qu’elle a été transformée en une forme de richesse illiquide comme une machine ou un bâtiment, mais parce qu’elle a été détruire, mangée par un pensionné.

              Le système bancaire est illiquide, le système de retraite est insolvable, il s’agit de deux problèmes fondamentalement différents.

  8. 

    "je ne suis pas concerné par ce système. "

    Vous vous y intéressez alors..simplement par constructivisme, parce que vous voulez le bien des futurs retraités français ?
    Je croyais que les "libéraux" étaient contre se mêler de chercher à faire le bien des autres, quand cela ne les regarde pas.

  9. 

    le systhéme banquaire est illiquide ,le systhéme des retraites est insolvable………..
    Là , je pense que vous avez tout dit ! il n’y a que les Gogos qui croient que les
    caisses regorgent d’OR , et que l’on peut distribuer à tout vents………..par exemple
    payer des retraites à tous les retraités du FLN Algériens , quand ils arrivent
    en FRANCE . Les camarades syndiqués qui sont à la manoeuvre dans l’adminis-
    tration des caisses , ont été trés généreux …………..de notre épargne retraite !!!
    tout comme ils sont généreux à la CAF ……………les pensions et retraites doivent
    étre réservées aux cotisants !!Ce n’est pas le cas aujourd’hui !!!

  10. 

    Indépendamment de toute idéologie politique, être ouvert à des analyses et à des solutions désagréables est toujours difficile.
    Les enfants font souvent le raccourci "la situation ne m’arrange pas donc elle est injuste". Les adultes font la même chose, et les groupes de personnes font également la même chose.
    Il faut (faudrait?) une sacrée dose d’abnégation à nos politique pour aller contre ces différents corporatismes!

  11. 

    Je découvre votre blog et vous fait part de quelques remarques à la lecture de votre billet. S’agissant des hypothèses du COR concernant l’évolution de la productivité du travail que vous trouvez trop optimistes par comparaison avec le passé, vous vous référez à l’évolution historique du PIB publiée par l’INSEE. Or il y a deux types de séries qui donnent en fait des résultats très différents. L’évolution du PIB au prix de l’année de base 2005 donne effectivement une évolution du PIB/actifs de +16% sur la période. Par contre, la série du PIB valorisé au prix de l’année précédente qui est sensée mieux refléter l’évolution respective des prix d’une année sur l’autre des différentes composantes de l’indice fait ressortir si je ne me trompe une croissance de près de 68%, soit 2,6%/an en moyenne sur la période, ce qui est tout à fait correct. Et encore, l’année 2009 était un point bas plutôt atypique compte-tenu de la crise financière. Je m’interroge donc sur cet écart et la raison de votre choix de la 1ère série.
    Par ailleurs, n’est-il pas normal que le taux de chômage diminue à terme et que l’on rejoigne le niveau frictionnel si le nombre d’actifs diminuant, le rapport entre l’offre et la demande de travail devrait aller en augmentant ?
    Merci pour votre éclairage et bravo pour votre blog très intéressant.

    • 

      Bonjour. Vous ne pouvez pas faire cela, vous comptez de l’inflation. En utilisant la série "au prix de l’année précédente", vous comparez le PIB de 2009 au prix 2008 avec le PIB 1989 au prix de 1988.

      L’indice des prix a monté de 48% entre 1988 et 2008 : (1+16%)*(1+48%) – 1 = 71% on retrouve votre ordre de grandeur à partir du miens.

      La raison du choix de la série déflatée vient de ce que les pensions sont revalorisées de l’inflation, et que donc le système est globalement neutre à l’inflation.

      Il n’y a aucune raison que le chômage revienne à son niveau frictionnel si ses causes structurelles ne sont pas traitées : protection de l’emploi, charges sociales…

      • 

        Je ne suis pas sûr de bien vous comprendre. Comme le PIB est un indice composite, il est fonction de l’évolution respective des prix et des volumes de chacun de ses composants. En prenant l’évolution des prix de l’année précédente pour déflater, on prend simplement une mesure plus exacte de l’effet volume que si on déflate des prix d’une année de base. Mais c’est bien une évolution en volume hors effet d’ inflation que l’on mesure dans les deux cas. Simplement le prix qui sert à déflater n’est pas le même : un prix d’origine de l’année de base qui devient de moins en moins exact si la série est longue et que les prix relatifs évoluent (prix des nouvelles technologies par rapport aux prix des service par exemple), et un prix de l’année précédente qui reflète mieux ces évolutions relatives de prix des différents composant au fil du temps.

        Pour le chômage, il y a naturellement une composante d’offre et un aspect qualitatif (adaptation des qualifications aux emplois = frictionnel), mais aussi une composante démographique et quantitative non ? Si comme on le dit les économies développées auront besoin à l’avenir de recourir à un solde migratoires entrants positif pour assurer leur croissance, c’est bien que la quantité de travail offerte sera supérieure aux ressources en main d’œuvre existantes du fait du vieillissement démographique ?

        • 

          Non, la série dont vous parlez n’est pas "hors inflation".

          Disons qu’il y a trois séries :

          * La série nominale : PIB à prix courant
          * La série réelle : PIB à prix constant (ici base 2005)
          * La série dont vous parlez, qui est essentiellement semblable à la série nominale, mais plutôt que d’exprimer le PIB de l’année N au prix de l’année N, on l’exprime au prix de l’année N-1. C’est un PIB à prix courant[N-1]

          Si vous allez télécharger les taux de croissance calculés par la série dont vous parlez (http://www.insee.fr/fr/indicateurs/cnat_annu/base_2005/donnees/xls/t_1104.xls) et que vous chaînez les taux de croissance du "Produit intérieur brut" (ligne 19) en mettant 1989 en base 100, vous trouverez 137 en 2009.

          En corrigeant de la hausse de la population active, vous retrouverez ensuite +16 ou 17% en partant de votre série.

          Il n’y a pas d’aspect démographique au chômage : googlez "lump of labor fallacy". Le seul aspect démographique du chômage est lié à la sécurité sociale : moins il y a de travailleurs, plus il y a des charges sociales par travailleur, plus il y a de chômage.

          • 

            Bien, mais dans ce cas je ne comprends pas trop les ordres de grandeur. Car une croissance de +16% sur 20 ans (1989-2009) donne une croissance annuelle très faible de +0,7%/an. Or la croissance de la productivité horaire du travail a été de +3,4% sur la période 1973-1980) et de +2,2% sur la période 1980-2006 (assez proche des +2,6% que je mentionnais) d’après cette étude assez détaillée sur le sujet
            http://www.insee.fr/fr/insee-statistique-publique/colloques/acn/pdf14/acn14-session1-3-texte.pdf

            • 

              Ce qui nous intéresse n’est pas la productivité horaire du travail. Depuis 1980, le temps de travail a diminué (constante séculaire depuis la révolution industrielle), le chômage a augmenté, les temps partiels se sont développés. Bref, la hausse de la productivité par heure a libéré du temps à ne pas travailler.

              Dans ce doc vous trouverez la productivité par tête à la page 18. (http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/EMPLOIR08c.PDF)

              Progresse à environ 1,2% depuis le début des années 1990, hors crise financière. Cela donnera toujours un meilleur résultat que celui que je donne, car ici ce sera l’évolution du ratio PIB/(Population au travail), tandis que dans le billet, il s’agit du ratio PIB/(Pop. active), qui comprend des valeur zéro pour les chômeurs et donc donne un résultat moins bon.

              Il y a aussi cette page avec un graphique qui ressemble un peu au miens (commence en 1990 fini en 2007). Regardez la courbe verte "France métropolitaine", vous verrez des ordres de grandeur semblables aux miens : sur la page de l’INSEE passage de 100 en 1990 à 117 en 2007.

              (http://www.insee.fr/fr/regions/nord-pas-de-calais/default.asp?page=themes/ouvrages/dev_durable/DVA0_04.htm)

              • 

                J’avais bien noté la différence entre la productivité par tête et par heure de travail. Mais précisément, le COR fait une hypothèse sur le taux de chômage, et il faut donc au minimum prendre la population active au travail, et non le total de la population active comme vous le faites, sinon on compte le chômage deux fois. Comme le COR ne fait en revanche pas d’hypothèse sur l’évolution de la durée du travail, on ne peut effectivement pas retenir la productivité horaire. Au final, si on a +1,2% par tête, c’est tout de même +30% sur la période qui correspond au scénario C du COR (avec un taux de chômage à 7%°). Ce scénario peut sembler optimiste, mais pas complètement fantasmatique.

                • 

                  Vous avez raison sur le raisonnement. Mais ça ne résout pas le problème. Il y avait 8% de chômage en 1989, 10% en 2012. Ce ne sont pas 2 points de hausse du chômage qui font une différence du simple au double entre la hausse de la productivité par actif et celle par actif occupé.

                  La seule conclusion que j’ai est que les "calculs de l’auteur" dans le document que je vous ai donné sont faux. Mea culpa. Peut-être qu’il a un peu légèrement additionné les pourcentages au lieu de les composer, ça fonctionne bien sur une année, mais ça dérape sur plusieurs. Je ne sais pas…

                  Ce document de l’INSEE donne des chiffres proches de mes calculs (p.113)

                  1990-1995 : +1.01% annuel
                  1995-2001 : +0.65%

                  Avec ces taux vous obtenez une courbe inférieure à la mienne pour la période 1990-2001. Vous avez la courbe base 100 en 1990 à la page 114. Elle se trouve à 109 en 2001. Ce qui est encore plus mauvais que mon propre calcul.

                • 

                  En fait, à la relecture, le COR fait bien une hypothèse sur la durée du travail. Je lis dans le rapport : "Le nombre d’heures travaillées par salarié étant supposé stable dans tous les scénarios, les productivités horaire et par tête évoluent au même rythme." L’hypothèse de la stabilité peut être bien sûr contestable, mais de fait c’est bien de la productivité horaire du travail (certes égale en l’occurrence à la productivité par tête) dont il s’agit.

                • 

                  Yes. On est d’accord.

                  Mais tout ce qui compte pour les cotisations, c’est la productivité par actif occupé : c’est ça qui est "imposé’.

                  L’hypothèse d’une stabilité d’une variable qui décroit constamment depuis deux siècles (et c’est tant mieux) est très contestable…

                  Et si c’est un objectif politique, c’est triste. Il y a mieux à faire que de bosser dans la vie.

  12. 

    Oui, il y a mieux à faire, mais le recul de l’âge de la retraite est bien un allongement de la durée du travail. Quand aux 35h, il faudra un peu attendre pour renouveler l’expérience.
    Vous n’avez pas mis les références pour le doc INSEE que vous citez dans votre avant-dernier post ? En effet, le graphique INSEE que vous avez produit précédemment (à propos du Nord Pas de Calais) concerne la productivité par habitant, et non par actif occupé si je lis bien. C’est normal qu’elle soit plus faible.

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