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Les médias ne donnent que trop rarement la parole aux économistes réellement réputés. Paul Krugman et Joseph Stiglitz, deux keynésiens, sont les seuls à y échapper.

Les lecteurs de mon blog constituent très probablement une audience « éclairée » qui lit aussi les journaux de référence et regardent des émissions télévisées un peu plus sophistiquées que le journal du soir. Et peut-être lisent-ils aussi d’autres très bons blogs d’économie qu’on trouve sur internet.

Peut-être ont-ils remarqué qu’un blog comme le mien défend des idées ou présentent des données qui sont rarement évoquées dans la presse traditionnelle. On pourrait s’entendre sur le fait que les blogs constituent un complément aux médias dominants. Qu’ils ont une vocation alternative.

Ce serait vrai dans un monde idéal où les journaux proposeraient une synthèse correcte des problématiques économiques, marginalement complétée par des médias alternatifs. Mais c’est totalement faux. Parfois, mes interlocuteurs me parlent des déclarations de tel ou tel économiste dont je n’ai jamais entendu parler. Pour tout vous dire, je lis rarement les journaux, et regarde encore plus rarement la télévision. Mais il me suffit de regarder sur Wikipédia pour découvrir que François Lenglet, éminent économiste des médias, est diplômé en lettres modernes, ou de constater que tel ou tel prétendu économiste travaille chez Natixis pour m’en amuser.

La France ne manque certainement pas d’économistes renommés, mais ils ne passent jamais à la télévision. Sans doute certains préfèrent-ils rester dans leur tour d’ivoire. D’autres enseignent aux Etats-Unis. Mais ce ne sont pas des explications suffisantes. Maurice Allais, dont je ne partage pas les opinions mais qui n’était rien de moins que prix Nobel d’économie, en avait apporté un témoignage révoltant peu avant sa disparition.

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Adam Smith n’était pas la caricature qu’on nous en présente souvent. Une revue commentée de citations pour vous en convaincre.

Dans les grandes mythologiques politiques de nos temps, Adam Smith occupe une place centrale sur l’Olympe. Pour le meilleur ou pour le pire, il est, tant pour les rouges que les milieux d’affaires, l’avocat déterminé du laissez-faire et du capitalisme. Les uns comme les autres ont semblablement caricaturé sa pensée. Certains pour appuyer leurs intérêts marchands de la caution morale d’un penseur sacralisé, d’autres pour décrédibiliser un libéralisme loufoque auprès des modestes et de ceux d’entre nous dont la naïve générosité porte le cœur vers le socialisme.

Mais si l’on lit réellement la Richesse des Nations (1776) sans se cantonner aux quelques lignes ayant reçu des manuels une dimension canonique, la mythologie de la « main-invisible » s’écroule. Elle laisse place à un penseur nuancé et progressiste, à un mépris immense pour les rentiers, à un encouragement méfiant aux milieux d’affaires, et au souci du sort des plus modestes.

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