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Un court billet pour revenir sur ce qui s’est passé en douce hier, jour d’élections aux Etats-Unis mais aussi des mesures économiques attendues en France suivant la publication du rapport Gallois.

Le rapport de l’ancien patron de la SNCF est un résumé d’idées banales, entendues sur les plateaux télé, et qu’on qualifiera de centre-droit uniquement parce qu’elles ne marchent pas sur la tête. Et si ces idées sont moins délirantes que le programme présidentiel sur lequel M. Hollande a été élu, elles relèvent au fond d’une même logique, le dirigisme. Pas étonnant pour le rapport d’un énarque qui a passé sa vie à la tête d’entreprises (ajoutons EADS) arrosées de subventions et de commandes publiques.

Après avoir provoqué la concentration des entreprises, et au regard des effets pervers de cette stratégie, la mode politique est aux petites et moyennes entreprises. Donc l’Etat va désormais s’occuper de leur développement. Pourtant, avant de se demander si l’Etat devrait favoriser plutôt les grandes ou plutôt les petites entreprises, on devrait se questionner sur la pertinence même de l’existence d’une stratégie de l’Etat à ce propos. Pourquoi ne pas juste démanteler tout l’appareil étatique qui provoque artificiellement la concentration des entreprises, et laisser ensuite chaque secteur d’activité évoluer dans la direction que lui guide le sens des affaires ?

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François Hollande avait promis durant la campagne une réduction du prix de l’essence, ce à quoi notre ancien président avait répondu que l’essence était un prix mondial et qu’une telle promesse était démagogique. Qui avait raison ?

Un fait est certain, le prix de l’essence n’est pas un prix mondial. Entre le Venezuela et la Norvège, deux pays producteurs, il varie d’un peu moins de 10 cents à plus de 10 dollars, soit du simple au centuple. La France se situe clairement dans les prix les plus hauts avec d’autres pays européens, et au double des prix pratiqués aux Etats-Unis, zone la plus directement comparable. De ce point de vue, M. Sarkozy semblait avoir tort.

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Il y a un millénaire déjà, les chinois, soucieux de recruter les mandarins parmi les candidats les plus instruits de leur empire, recopiaient leurs copies afin d’en garantir l’anonymat. Et le principe selon lequel l’argent public devait être dépensé de la plus efficace manière, c’est-à-dire en recrutant les meilleurs, inspirait également, jusqu’à maintenant, tant le mode d’attribution des marchés publics que de recrutement des serviteurs de la République française.

Si la manière de sélectionner les meilleurs fait régulièrement débat, le principe semblait consensuel. Mais avec les emplois d’avenir, le gouvernement regarde résolument vers l’innovation. En réservant des emplois rémunérés aux trois quarts par l’argent des contribuables aux candidats détenteurs d’un certificat de médiocrité scolaire, le socialisme dépoussière la vieille méritocratie bourgeoise. A en croire le communiqué du conseil des ministres, vous ne pourrez prétendre à ces 150 000 emplois si vous êtes bachelier ou mieux, à moins de vivre dans une région particulièrement frappée par le chômage.

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D’un côté de l’Atlantique, l’évocation du socialisme est une outrance au drapeau ; de l’autre le marché est personnifié en espèce de glouton dévorant les peuples. Quand la république bicentenaire américaine regarde vers l’autre rive de l’océan, elle s’étonne du bestiaire trotskyste qui s’étripe à chaque élection française, tandis que la France laïque observe les yeux écarquillées ces pieux politiciens brandissant la Bible à la droite du Parti Républicain.

Chaque pays à sa culture politique incluant tout un champ d’interdits qui structurent le débat public. Ces interdits dérivent d’idées reçues qu’on considère comme acquises, qu’on ne justifie plus par la raison mais par une répulsion pavlovienne, et qui, lorsqu’elles sont parties du débat politique d’autres nations, suscite le dédain et un soupçon de barbarisme. Or, l’étonnement réciproque devrait être une source de curiosité et de recul vis-à-vis de nos propres préjugés.

D’une génération à l’autre, ces préjugés évoluent et leur construction est un des enjeux de long terme du débat politique. Ces trente dernières années, la droite française a laissé la gauche gagner cette bataille en laissant s’imposer l’idée que son extrême serait d’une nature fondamentalement différente de celle de l’extrême droite.

Alors qu’au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Espagne, la gauche pris acte de l’écroulement du bloc socialiste et des révolutions conservatrices pour se déplacer vers le centre, la droite chiraquienne accepta tout à la fois l’opprobre jetée sur l’extrême droite par le Parti Socialiste, et l’onction accordée à la si sympathique extrême gauche. Ce faisant, elle s’est tiré une balle dans le pied.

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