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La solidarité financière croissante des Etats européens est un jeu à somme nulle, dans lequel les banques sont gagnantes et les citoyens perdants.

« Un bon banquier doit savoir mettre l’amour au service de l’argent », devait expliquer le vieil usurier lombard à son niais neveu dans Les Rois Maudits. Sept siècles plus tard, les jeunes banquiers n’ont plus besoin de telles leçons. Louant les vertus de la paix, la nécessité de la solidarité, la beauté de la générosité, ils sont les premiers à s’enthousiasmer des amours charitables de l’Allemagne pour ses voisins méditerranéens. Encore doivent-ils compter avec l’inertie de l’histoire, sans quoi auraient-ils déjà proposé de marier l’Espagne à la Chine pour enfin s’assurer de récupérer leurs billes.

Il faut les comprendre ! Depuis les années 1990 de nombreux grands groupes capitalistes ont saisi que mariage et dettes ne font pas bon ménage, et s’amusent à divorcer sans autre dessein que d’arnaquer leur banquier. Le souci est que les directions d’entreprises étant de plus en plus peuplés de gens ayant étudié la finance, il devient de plus en plus difficile de les escroquer. Reste alors, pour le banquier, à se refaire sur les dettes souveraines européennes en profitant des bons sentiments des citoyens…

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Voilà un paradoxe, pour ne pas dire un chagrin d’amour, sur lequel il convient de se pencher. Alors que les libéraux chantent leur passion des marchés à qui veut bien encore les écouter, les marchés, de leur côté « euphoriques » (Challenges), « applaudissent » (L’Expansion, Le Figaro) voire « plébiscitent » (Boursorama) le keynésianisme monétaire de M. Draghi.

De fait, le CAC40 a bondi de plus de 3% en réaction à la promesse de la Banque Centrale Européenne d’un rachat massif des dettes publiques des pays européens fragilisés. Par cette réaction positive, c’est comme si la bourse avait choisi l’amour vache, louant les recettes de ses détracteurs plutôt que de ses défenseurs. C’est mal la connaître…

L’interprétation journalistique

Pour un journaliste, la bourse monte lorsque la confiance des investisseurs s’améliore. Et il semble logique et imparable que plus le futur d’une entreprise semble prospère, plus le cours de son action s’envole.

Mais doit-on conclure que toute hausse de la bourse est synonyme d’un plus grand optimisme des investisseurs ? Pour aller aussi vite en besogne, il faudrait que l’optimisme des investisseurs soit le seul déterminant du cours d’une action. Or ceci est faux…

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