La solidarité financière croissante des Etats européens est un jeu à somme nulle, dans lequel les banques sont gagnantes et les citoyens perdants.
« Un bon banquier doit savoir mettre l’amour au service de l’argent », devait expliquer le vieil usurier lombard à son niais neveu dans Les Rois Maudits. Sept siècles plus tard, les jeunes banquiers n’ont plus besoin de telles leçons. Louant les vertus de la paix, la nécessité de la solidarité, la beauté de la générosité, ils sont les premiers à s’enthousiasmer des amours charitables de l’Allemagne pour ses voisins méditerranéens. Encore doivent-ils compter avec l’inertie de l’histoire, sans quoi auraient-ils déjà proposé de marier l’Espagne à la Chine pour enfin s’assurer de récupérer leurs billes.
Il faut les comprendre ! Depuis les années 1990 de nombreux grands groupes capitalistes ont saisi que mariage et dettes ne font pas bon ménage, et s’amusent à divorcer sans autre dessein que d’arnaquer leur banquier. Le souci est que les directions d’entreprises étant de plus en plus peuplés de gens ayant étudié la finance, il devient de plus en plus difficile de les escroquer. Reste alors, pour le banquier, à se refaire sur les dettes souveraines européennes en profitant des bons sentiments des citoyens…








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