Archives For Théorie économique

Au cœur du paradigme dominant de la science économique, se trouve une hypothèse qui fait rire : l’homme serait rationnel. N’en déplaise aux économistes, ceux d’entre nous qui ne vivent pas la tête dans les nuages, font ici-bas l’expérience quotidienne de la bêtise et des passions irraisonnées de la plupart de leurs semblables.

Pourtant, depuis la fin du XIXème siècle, les penseurs néoclassiques raffinent notre intelligence pour faire des échanges librement consentis le principe organisationnel de l’économie. Depuis plus d’un siècle au cœur de la microéconomie, qui étudie la manière dont agissent les individus, le modèle néoclassique s’est étendu à la macroéconomie, qui étudie l’économie à l’échelle des grands agrégats. Et même l’essentiel de la pensée keynésienne en a largement adopté les méthodes.

En généralisant les modèles fondés sur l’hypothèse de rationalité des individus, l’économie académique s’est coupée du grand public, et d’un grand nombre de ses étudiants. L’individu qu’elle décrit comme l’humain type semble si mal décrire l’expérience de la vie quotidienne qu’il attire les sobriquets sarcastiques : homo œconomicus, Robinson Crusoé…

Les moqueries ont deux origines. Tout le monde a une opinion sur l’économie, mais bien moins nombreux sont les gens comprenant ce qu’est une dérivée. Si cette première origine n’est pas de la responsabilité des économistes, la seconde l’est bien davantage. Confortés par leur formalisme mathématique, les économistes ont totalement négligé leur sémantique et le choix des mots décrivant leurs hypothèses…

Continue Reading…

Adam Smith n’était pas la caricature qu’on nous en présente souvent. Une revue commentée de citations pour vous en convaincre.

Dans les grandes mythologiques politiques de nos temps, Adam Smith occupe une place centrale sur l’Olympe. Pour le meilleur ou pour le pire, il est, tant pour les rouges que les milieux d’affaires, l’avocat déterminé du laissez-faire et du capitalisme. Les uns comme les autres ont semblablement caricaturé sa pensée. Certains pour appuyer leurs intérêts marchands de la caution morale d’un penseur sacralisé, d’autres pour décrédibiliser un libéralisme loufoque auprès des modestes et de ceux d’entre nous dont la naïve générosité porte le cœur vers le socialisme.

Mais si l’on lit réellement la Richesse des Nations (1776) sans se cantonner aux quelques lignes ayant reçu des manuels une dimension canonique, la mythologie de la « main-invisible » s’écroule. Elle laisse place à un penseur nuancé et progressiste, à un mépris immense pour les rentiers, à un encouragement méfiant aux milieux d’affaires, et au souci du sort des plus modestes.

Continue Reading…