Archives For February 2013

La blogosphère économique n’est pas particulièrement meilleure que la presse. Il me suffit de voir le top 3 des blogs d’économie compilé par ebuzzing pour m’en affliger. Alors plutôt que d’aller lire Paul Jorion et Jean-Marc Sylvestre, j’encourage mon audience à quelques lectures un peu plus sérieuses et profondes.

Une série d’économistes (universitaires) français de premiers plans viennent de lancer un blog. On sent à la présentation peu attrayante que la chose est encore en chantier, mais vu les noms des contributeurs je ne doute pas que quelques semaines leur suffiront à se faire connaître. On y trouve Augustin Landier (TSE), David Sraer (Princeton), Bernard Salanié (Columbia), Emmanuel Farhi (Harvard), David Thesmar (HEC) et d’autres… Plus tôt m’auront-ils dépassé en audience, mieux ce sera.

La jeunesse des pays fragilisés migre vers les pays sains. Ce faisant elle aggrave durablement les déséquilibres générationnels de la pyramide des âges des pays endettés au profit des pays sains. L’équilibre budgétaire de la Sécurité Sociale des pays en crise s’en trouve d’autant plus dégradé à long terme.

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Les causes de la bulle immobilière américaine et de sa titrisation sont à trouver dans des sociétés semi-publiques créées par le gouvernement des Etats-Unis, Fannie Mae et Freddie Mac, et non simplement dans l’activité spéculatrice des marchés.

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Une analyse des cooptations de polytechniciens au sein des conseils d’administration et de surveillance des grandes entreprises montre qu’une distinction entre ceux passés par les services de l’Etat et les autres explique grandement leur propension à recruter au sein de leur propre réseau.

Les Grandes Ecoles et leur réseau de cooptation, tout le monde connait. Mais cette pratique est-elle plus forte dans les sociétés capitalistes dédiées à de mesquins profits d’actionnaires, ou dans ces entreprises dans lesquelles l’influence de la culture d’Etat garantit une sorte de prise en compte bienveillante de l’intérêt général ?

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La responsabilité de l’euro dans le déficit commercial de la France ne résiste pas à l’analyse des échanges français avec ses partenaires de l’Union Monétaire.

La politique et les faits, cela fait deux. Pour montrer le rôle de l’euro dans la piètre performance commerciale de la France, une bonne chose est de regarder les échanges commerciaux à l’intérieur même de l’Union Monétaire. A priori, ces échanges sont immaculés de tout effet négatif attribuable aux taux de change.

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La garantie de la libre circulation des capitaux et l’indépendance d’une banque centrale dédiée à la stabilité des prix rendent impossible la manipulation du taux de change de l’euro.

La « guerre des monnaies » est un des sujets qui attirent actuellement l’intérêt de la presse grâce à sa rhétorique martiale. Le principe même de ce conflit est un jeu un peu tordu, pour ne pas dire masochiste, et qui ne sonne que bien peu capitaliste. Il consiste à se battre pour que sa monnaie perde de la valeur, c’est-à-dire pour que ce que l’on vende nous rapporte moins, et pour que ce que l’on achète nous coûte davantage. Curieux quand on y pense.

Au-delà de ses petites considérations d’illogisme, laissez-moi vous présenter ce principe important que tout commentateur sur le sujet devrait connaître avant d’ouvrir la bouche, et que bien peu de gens rappellent : l’impossible trinité de Marcus Fleming et Robert Mundell (Nobel, 1999). Malgré le caractère hérétique de sa dénomination, ce principe est en économie internationale tout ce qu’il y a de plus orthodoxe et important. Il énonce qu’il est impossible qu’un pays ait à la fois une politique de change, une politique monétaire indépendante et laisse les capitaux circuler librement.

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Parmi les sources de l’évolution des inégalités américaines ces trente dernières années, se trouve l’incapacité de l’Université à répondre au besoin de main d’œuvre qualifiée induit par les changements technologiques.

La hausse des inégalités est un des sujets brûlants aux Etats-Unis ainsi qu’en Europe. Aux Etats-Unis d’abord car elles sont criantes et croissantes. En Europe ensuite, car l’Etat-providence a choisi de cacher le symptôme avec un remède de cheval appelé dépense publique et dont les effets secondaires aggravent la maladie. Introductif au problème, le premier graphique illustre la hausse de la part des plus hauts revenus dans leur total aux Etats-Unis.

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Trop de commentateurs concentrent leurs attaques sur le modèle de la banque universelle. Ce faisant, il néglige la complexité et les vrais problèmes du système bancaire.

La perversité de l’organisation du secteur bancaire et la nécessité de le réformer font l’objet d’un consensus grandissant. La nature de cette réforme est en revanche nettement moins consensuelle. Mais une des propositions profite du charme de la mythologie interventionniste du New Deal, une solution toute prête qui nous nous épargne l’effort de penser neuf et a pour elle l’autorité de la sagesse économique des années 1930 : rétablir le Glass-Steagall Act qui séparait les banques commerciales et les banques d’affaires. Le fantôme de Franklin Roosevelt étant devenu le guide de l’opinion publique, il est heureux que la guerre déclarée aux banques par le candidat Hollande se limite aux apparences, et que la réforme proposée par le gouvernement soit essentiellement inexistante.

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