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La Sécurité Sociale n’a d’assurance que le nom. Son mode de fonctionnement ignorant largement le profil de risque de l’assuré dans le calcul de sa cotisation, elle constitue principalement un mécanisme de transfert de richesses entre citoyens. C’est la raison pour laquelle sa survie dépend de son caractère monopolistique et obligatoire.

Dans un article précédent, je vous avais produit le graphique ci-dessous. Il montrait que depuis 1980, des 12 000€ d’augmentation (net d’inflation) du prix d’un salarié moyen pour les entreprises, seuls 4 000€ avaient été récupérés sur les salaires nets. Mon interprétation de ce graphique était que l’essentiel des gains de productivité des trente dernières années avaient été avalés par la collectivisation. J’ai été un peu surpris de la naïveté de certaines réactions.

Il y a eu deux types d’objections à mon analyse. D’abord, que, contrairement à ce que je sous-entendais, la chose n’était pas la responsabilité du socialisme, vu qu’elle concernait aussi les gouvernements de droite. Sans doute existe-t-il des nuances dans le socialisme, mais l’essentiel de la droite française est socialiste, sa partie la plus libérale étant, à mon avis, le centre.

L’autre objection est que cet argent que nous prend l’Etat d’une main, il nous le rend d’une autre. Certes, il ne le garde pas dans ses poches, sans quoi il serait capitalisé au lieu d’être en faillite. Mais penser que l’argent que vous donnez vous revient d’une autre manière est d’une grande candeur. Économiquement, cela n’a pas beaucoup de sens de menacer les gens de prison s’ils refusent de se donner de l’argent à eux-mêmes. Mais surtout, il est évident que la raison même du système est que les gens qui payent ne soient pas ceux qui reçoivent. L’objet de ce billet est de vous en convaincre.

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Dans un système de retraite par répartition, les cotisations par actif doivent croître au même rythme que le ratio de dépendance démographique (Retraités/Actifs) et la croissance du montant moyen des pensions. Une telle évolution aboutira à un taux de cotisation représentant la moitié du salaire brut en 2040.

Mon précédent billet vous présentait les projections alarmistes sur l’avenir du système de retraites par répartition. Mais me contentant de reprendre les scénarios envisagés par le Conseil d’orientation des retraites, je n’ai pas vraiment contribué à votre compréhension des mécanismes qui expliquent le dérapage prévisible des comptes de la Sécurité Sociale. Ce billet a pour objet de me rattraper, d’être moins descriptifs et plus analytique.

Pour commencer cette analyse sur une base consensuelle, rappelons brièvement ce qu’est la retraite par répartition en citant un site internet de la République française, vie-publique.fr.

« Dans un système de retraite par répartition, les cotisations, versées par les actifs au titre de l’assurance vieillesse, sont immédiatement utilisées pour payer les pensions des retraités. »

Mais, moins consensuelle, petite parenthèse sur la manière dont l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) définit une chaîne de ponzi, dans son document « Réponses relatives à l’affaire Madoff »

« Ce type de fraude consiste à rembourser les premiers investisseurs avec l’argent des suivants, en faisant croire aux premiers qu’ils ont réalisé une bonne affaire et en cachant aux seconds que leur argent a disparu en les remboursant avec l’argent des troisièmes. »

Je laisse votre esprit faire les rapprochements nécessaires… et vous propose quelques calculs dérivant de la définition consensuelle.

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