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Si l’Etat ne payait pas d’intérêts sur sa dette, comme le fait tout un chacun, la dette publique serait beaucoup plus faible. Si l’Etat ne payait pas ses employés, comme le fait tout un chacun, la dette publique serait aussi beaucoup plus faible ! Loi de 1973 : retour sur une légende urbaine…

Plusieurs de mes amis m’ont déjà interrogé sur l’interdiction que s’est imposée en 1973 l’Etat de se financer gratuitement auprès de sa Banque Centrale. Une interdiction réaffirmée en 1992 par le Traité de Maastricht. La toile regorge en effet de vidéos très convaincantes expliquant toute la crise de la dette publique par cette interdiction, tandis que l’apparente absurdité de cette loi est rappelée par certains politiciens populistes.

Face à cette aberration soit disant évidente, deux choses devraient pourtant nous mettre la puce à l’oreille. La démagogie notoire des politiciens promettant l’abrogation de cette loi, et l’implication que tant de grandes démocraties du monde seraient profondément masochistes.

L’essence de l’argument tient au fait que si l’Etat avait pu emprunter gratuitement, sa dette eut été moindre. Il n’est un grand mystère pour personne qu’il est propice à une bonne santé financière de profiter gratuitement d’un service que tout un chacun doit payer. Et cet argument pourrait être répliqué en de multiples formes absurdes : la dette publique serait aussi moindre si nous avions pu ne pas payer nos fonctionnaires ces quarante dernières années. Si cet aspect sophistique échappe à beaucoup d’entre nous, c’est qu’il porte sur des concepts plus abstraits : le temps et la monnaie.

Dans cet article, j’essaierai de vous montrer en quoi l’emprunt à la banque centrale est un mode machiavélique de financement du déficit public. Economiquement inefficace, socialement problématique et profondément antidémocratique, il ne présente que l’intérêt de taxer le peuple sans qu’il ne le réalise.

« Un gouvernement peut vivre longtemps […] en imprimant de la monnaie papier. C’est-à-dire, qu’il peut ainsi prélever des ressources réelles, aussi réelles que celles obtenues par les impôts. […] Le poids de [cet] impôt est largement étalé, ne peut être évité, ne coûte rien à collecter, et tombe, d’une manière rude, en proportion de la richesse de la victime. Pas de miracle à ce que ses avantages superficiels aient attiré les ministres des finances »

J.M. Keynes, Essai sur la Réforme Monétaire

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