L’analyse des taux d’emprunt grecs, portugais et irlandais au plus fort de la crise montre que les dégradations de notes suivent le marché, et non que ces dégradations accroissent le coût de financement des Etats.
Une des principales nouvelles économiques de la semaine dernière était la dégradation de la note financière de la France par Moody’s, seconde des trois grandes agences à retirer à la France sa note parfaite de AAA.
Immédiatement, journalistes, hommes politiques et groupes de pression (par exemple le MEDEF) y sont allé de leur commentaire sur la gravité de cette nouvelle. La vérité est que le peu d’importance dont disposent les agences de notation se trouve essentiellement dans la réglementation bancaire, et par exemple dans leur utilisation par la Banque Centrale Européenne. Quant aux marchés financiers, ils s’en moquent totalement. Autrement dit, les notes accordées par Moody’s, Fitch and Standard & Poor’s ne changent pas le coût auquel se financent les Etats.
Il y a une explication théorique au désintérêt total des investisseurs pour ces notes : l’efficience des marchés financiers. Cette théorie stipule que les prix des actifs financiers reflètent correctement leur valeur au regard des informations publiques disponibles. Contrairement à ce que beaucoup de commentateurs laissent entendre sur cette théorie, afin de l’utiliser comme homme de paille, elle ne prévoit absolument pas que les prix reflètent parfaitement la valeur des actifs financiers (ce qui empêcherait les krachs), tout simplement car de nombreuses informations pertinentes sont indisponibles. A l’impossible, nul n’est tenu.
Voici une autre proposition du programme de François Hollande. L’idée des Eurobonds est de faire emprunter les Etats auprès d’une instance européenne qui lèverait sur les marchés des obligations dont l’ensemble de l’Eurozone serait solidaire. Toutes les nations emprunteraient à un taux unique, plus élevé qu’actuellement pour les meilleurs élèves, principalement l’Allemagne, et très nettement inférieur aux exigences du marché pour les pays dont les budgets ont totalement dérapé.






_uselang-fr.jpg)