Frogonomics : un nouveau blog à suivre

28 février 2013 — 6 Commentaires

La blogosphère économique n’est pas particulièrement meilleure que la presse. Il me suffit de voir le top 3 des blogs d’économie compilé par ebuzzing pour m’en affliger. Alors plutôt que d’aller lire Paul Jorion et Jean-Marc Sylvestre, j’encourage mon audience à quelques lectures un peu plus sérieuses et profondes.

Une série d’économistes (universitaires) français de premiers plans viennent de lancer un blog. On sent à la présentation peu attrayante que la chose est encore en chantier, mais vu les noms des contributeurs je ne doute pas que quelques semaines leur suffiront à se faire connaître. On y trouve Augustin Landier (TSE), David Sraer (Princeton), Bernard Salanié (Columbia), Emmanuel Farhi (Harvard), David Thesmar (HEC) et d’autres… Plus tôt m’auront-ils dépassé en audience, mieux ce sera.

6 réponses à Frogonomics : un nouveau blog à suivre

  1. 

    Bonjour,
    Merci pour cette référence.
    Votre article m’inspire une question: que reprochez-vous à Paul Jorion ?
    Je ne le connaissais pas avant de lire votre article, je m’y suis donc intéressé (de manière très superficielle).
    On dirait que le gus avait prévu la crise des subprimes: est-ce un prophète de malheur ?
    Pourriez-vous nous livrer votre sentiment sur la question et/ou nous diriger vers des critiques du personnage ?
    Merci.

  2. 

    Re-bonjour,
    Bon entre temps j’ai cherché par moi-même: le web regorge de critiques du Jorionisme.
    Nombreux sont les blogs qui dénoncent l’imposture.

    Ces deux articles-ci sont particulièrement denses:
    http://criseusa.blog.lemonde.fr/2012/08/27/lagonie-du-capitalisme-de-paul-jorion-une-refutation-statistique/
    http://criseusa.blog.lemonde.fr/2012/06/24/jorion-ou-de-limposture/

    Cependant je reste toujours intéressé par votre opinion.

  3. 

    Jorion est une baudruche. Il suffit de lire sa biographie dans Libération pour s’amuser de la manière dont il voit sa vie : la puissance de la pensée incomprise, le complexe galiléesque. D’abord anthropologue, il est chassé de la discipline (une recherche dans les bases d’articles scientifiques le rend bien modeste) par une coalition de marxistes alliés à Margaret Thatcher. La censure d’un génie libre penseur.

    « A 27 ans, cette première rupture digérée, il semble prendre une route classique : thèse d’anthropologie à partir de son expérience bretonne, mariage avec une sociologue avec qui il mène un travail sur les métiers de la petite pêche, puis admission comme professeur vacataire à l’université de Cambridge où il travaille avec Edmund Leach, une sommité de la discipline. Mais alors qu’il s’apprête à devenir professeur certifié, l’arrivée au pouvoir de Thatcher bouleverse ce début de carrière. Les conservateurs détestent l’anthropologie, assimilé au communisme, et coupent les budgets. Il est viré. Il tente de se recaser en France, mais les grands noms de l’anthropologie le détestent pour ses positions anti-marxiste et lui barrent la route académique. »

    C’est juste à mourir de rire, comment un pauvre vacataire qui ne renouvelle pas sa période d’essai se transforme en victime d’une cabale des grands noms d’une science des décennies plus tard dans les colonnes de Libération.

    Alors de métier en métier, Paul Jorion a fini par travailler dans une banque en tant qu’expert des prix (c’est ce qu’il dit sur son blog). Evidemment on se demande ce qu’emploient les banques à part des gens qui déterminent des prix. C’est pour le moins carrément généraliste pour un financier.

    Alors Jorion travaillait dans une société américaine spécialiste des crédits hypothécaires et a prévu que ces crédits étaient pourris. A la bonne heure. Il y a tous les jours des gens qui prévoient l’écroulement du métier qu’ils font. C’est comme si je cherchais un syndicaliste de Peugeot qui a dit il y a trois ans que la boîte était mal gérée. C’est tout à son honneur, mais ça n’en fait pas une référence. Et c’est assez symptomatique en vérité du gus qui avait déjà dû subir la cabale des grands de l’anthropologie.

    Quand on lit du Jorion en connaissant le sujet, on voit tout de suite que c’est n’importe quoi. Pourquoi ça marche ? Parce que la masse se plait à avoir des convictions économiques mais que la science économique est assez difficile d’accès et contredit très souvent le soit disant bon sens populaire. Aussi, il y a un marché énorme pour quiconque met sous une forme pseudo intellectuelle une conviction populaire, ce qu’on pourrait appeler faire du Jorion.

    Quand on n’a pas la reconnaissance de ses pairs, on cherche la popularité du public. C’est la démagogie appliquée au domaine académique. Mais au fond tout le monde s’en fout.

    • 

      Merci pour votre réponse. Je comprends bien mieux maintenant le comment de sa prédiction de la crise.
      Je me demande d’ailleurs s’il est devenu riche en disposant de cette information.

  4. 
    pierre chappaz (@pierrechappaz) 7 mars 2013 à 11 h 20 min

    Bonjour,

    Merci de me faire découvrir cet excellent blog, que nous allons de ce pas indexer chez Ebuzzing. Si sa qualité lui attire de nombreuses citations, liens, tweets, et likes, il remontera certainement en bonne place dans le classement.

  5. 

    Merci pour cette référence. En effet, ce blog devrait être de grande qualité compte tenu des auteurs qui y contribuent.

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